Les moyens sont pour la fln, et choisis pour elle
2. Qui veut la fin, veut les moyens : ceux-ci ne sont donc jamais hors de l'intention.
3. Les moyens doivent être proportionnés à la fin ; sans quoi ils ne seraient point des moyens.
4. La fln est conçue d'abord ; réalisée ensuite. Il faut, en effet, distinguer deux ordres : celui de l'intention où la fin vient la première ; celui de l'exécution où elle est la dernière.
172. Espèces de fin. — 1" Autre chose est la fin de l'acftow, c'est-à-dire son résultat naturel ; autre chose la fin de Y agent voulue et conçue par la cause efficiente. La fin naturelle de l'aumùne est le soulagement de la pauvreté ; mais, dans l'intention de sou auteur, c'est peut-être l'estime du public.
2° La fin e^i principale, lorsqu'elle est voulue de prime abord et pour elle-même. Elle est accessoire, si elle est secondaire et subordonnée. Ainsi on peut étudier principalement par esprit de devoir, et accessoirement pour mériter une l'écompense.
3° On distingue encore la fin prochaine, intermédiaire et dernière. La fin est prochaine, quand elle est rapportée à une autre fin, sans avoir elle-même aucune fin c|ui lui soit subordonnée ; on l'appelle intermédiaire, si elle est à la fois subordonnée et subordonnante ; la fin dernière n'est Aoulue que pour elle-même. Ainsi un chrétien peut en prenant ses repas avoir pour but prochain la santé et comme fin intermédiaire la science ; mais sa fin dernière, c'est la gloire de Dieu.
173. Causalité véritable de la fin : son excellence. Tukse La fin est véritablement une cause ; elle est la cause des causes et, par là, les domine toutes.
1" La fin est une véritable cause. On appelle cause tout ce
QUATRIÈME PARTLE, LES CAUSER DE l'AtRE 379
qui a sur l'existence des effets une influence véritable. Or ce caractère appartient à la fin ; celle-ci détermine, en effet, l'idée-et le désir de l'agent et le provoque ainsi à produire une action. La un est donc réellement une cause.
2" La fin est la cause des causes. — La cause des causes est celle qui, dans la production d'un effet, meut toutes les autres causes ; or la iin meut d'abord la cause efficiente en lui Taisant concevoir et désirer un but à atteindre, puis celle-ci met en œuvre les causes matérielles et formelles capables d'atteindre ce but. La fin, dans l'intention, joue donc le rôle de première cause, c'est-à-dire de cause des causes, selon cet aphorisme du Docteur Angélique : « Tout dérive de la fin. »
3° La fin domine ton/es les causes. — Elle les domine puisqu'elle les meut et les dirige, et qu'elle leur est supérieure en dignité, car « c'est toujours le bien et meilleur qui attire». C'est pourquoi elledonneà nosactlons morales leur valeur spécifique.