Existence de la fin intentionnelle et dernière
TuÈSE I
Tout être agit en vue cTune fin intentionnelle . I. — L'agent, considéré en général, agit raisonnablement ou sans raison. Or, dans chaque hypothèse, il agit en vue d'une fin intentionnelle : dans le premier cas, c'est le propre de la raison de se proposer une fin, de concevoir un idéal et de mettre en œuvre des moyens capables de le conduire à son but. C'est ce que dit l'axiome : « Il appartient à la raison de faire toutes choses avec ordre. » — Dans le second cas, on se
\. Janct, Traité des causes finales, L. I : ch. III, L'industrie de l'homme et de la nature ; — ch. II, Les faits ; — cli. III, L'organe et la fonction ; — ch. IV, Mécanisme et finalité. — Farges, L'idée de Dieu d'après la raison et la science, ch. 3. — Alibert, Onlol., p. 245. — Sum. Theol., I« '2*, q. 1, a. 2. — p. I, q. 116, a. 4.
QLATKiLme PAHTIE, LES CAUSES DE l'ÈïRE ÀSi
troiivt' ou présence d'un être sans raison, mais sorti des mains d'un ouvrier raisonnal)le : Dieu ou l'homme. Or l'œuvre de Dieu, c'est-à-dire la nature, tend vers la lin voulue par le Créateur ; et de même les ouvrages humains, les œuvi-es d'art, par ex., ont un but spécial et prémédité, comme l'horloge, dont la raison d'être consiste à marquer les heures. Tout agent, quel qu'il soit, agit donc en vue d'une fin.
II. — Cette démonstration est confirmée par l'expérience. En effet — 1° Si l'on consulte l'homme, il répond, sur le témoignage de sa conscience, que son action réfléchie est toujours précédée de la détermination de la fin et du choix des moyens ; et c'est la volonté d'atteindre un but c[ui décide l'accomplissement de l'acte raisonnable. — 2° Si l'on étudie les animaux, on voit qu ils ont connaissance d'un bien sensible ; et c'est parce que leur appétit les entraine vers ce bien qu'ils entrent en activité : or, agir après avoir eu connaissance du bien, c'est agir en vue d'une fin. — 3" Chez les plantes elles-mêmes, on reconnaît que les organes et les fonctions ont été liarmonisés pour concourir à la réalisation d'une même fin, par ex. , à la conservation de la vie, etc. ; et l'on constate aussi, dans les subslances inorganiques, des affinités et des tendances natifc'elles invariables suivant les espèces. Or la régularité, l'uniformité et la constance avec lesquelles plantes et minéraux tendent infailliblement vers un terme qui demeure toujours le même, ne trouvent aucune explication suffisante, si l'on ne reconnaît de la part du Créateur la prédétermination d'une fin, vers laquelle il a orienté les agents naturels. Rejeter cette conclusion, c'est admettre des effets sans cause.
Thèse n