PREMIÈRE PARTIE, LE MONDE 3l
qu'il puiiriiiiL n'être point. Or tel est le caractère du monde. Tl n'y aurait nulle contradiction à ce que les corps dont se compose notre planète n'existassent point ; rien n'est plus aisé à. concevoir que l'alisence du soleil, de la terre, de l'eau ou de l'air ; donc, loin d'être nécessaire, l'ensemble de ces éléments est contingent. — D'un autre coté, les êtres vivants naissent et périssent ; l'énergie mécanique diminue tous les jours, sinon en quantité, du moins en qualité, comme l'établit la thermodynamique (loi de la dégradation de l'énergie'). Les êtres vivants et l'énergie mécanique ne sont donc pas nécessaires ; ils sont contingents (Théod., n. 18).
Celte arg'umfntation vaut surtout contre le matérialisme, qui enseigne l'éternité et l'aséité des atomes ou de la matière.
11. Le monde est fini. — Il est impossible qu'une masse soit infinie ; on ne saurait davantage concevoir un nombre actuellement infini ; enfin l'addition du fini à lui-même ne saurait jamais produire l'infini (Ontol., n. 00). Il suit de là que le monde ne peut posséder l'infinité.
La canséquence s'impose : dans l'hypothèse contraire, il faudrait admettre que, si de l'agrégat infini qui s'appelle le monde, on retranche un seul élément, ce monde devient fini ; tandis qu'il redevient infini, si on lui rend cet élément. — Sans doute, l'immensité du monde confond l'imagination. Les globes célestes sont innombrables ; leur distance à la terre ne p.eut parfois se compter; leur lumière a besoin d'un temps très prolongé pour nous parvenir ^. Mais il n'en demeure pas moins vrai que le monde ne peut avoir une étendue infinie.
Par conséquent, Uescarles ;î et Leibnitz confondent l'espace possible ou idéal avec l'espace réel, lorsque, à la suite de Démociite et des Stoïciens, ces philosophes attribuent a l'univers une étendue indéfinie. L'indéfini est toujours idéal, caractère incompatible avec l'existence réelle, et dont l'être de raison peut seul ètreafTeclé.
ARTICLE IL
La Perfertion relative de l' uni vers.