Nombre, origine et définition des prédicables
A. — \\\\ utilrc. les uni\ci's;iii\ /v'f/.v, eonniic la siihslance, la (juantité, la qualité, peuvent convenir à un être, à Pierre, par ex., de difîérentes manières. L'intellect comparant ces notions jj;(''nérales avec les sujets auxquels elles conviennent trouve cinq manières dont elles peuvent leur convenir. Voilà pour([uoi on compte cln(| universaux logiques : le genre, l'espèce, la différence, le propre et F accident. On les appelle nussi prédicables, |)arce que ce sont les cinq modes logiques universels suivant les([uels on peut aflirmer que les prédicanients ou genres suprêmes conviejinent aux objets.
H. — Voici comment l'intellect arrive à justifier cette division. Une notion universelle est celle qui convient à plusieurs individus : or, elle peut leur convenir de deux manières : exprimer leur essence, ou nnc propriété étrangère à leur essence. 3Iais — 1° Ce qui est essentiel, désigne ou bien l'essence totale, ainsi pour Pierre, « être animal raisonnable » : c'est V espèce; — ou simplement cette partie de l'essence qui est coniniune à deux on plusieurs espèces comme pour l'boinme et le clieval, être animal : c'est le genre ; — ou bien la partie de l'essence par laquelle les espèces sont différentes les unes des autres: ainsi, pour l'homme, être raisonnable: c'est la différence. — 2'^ Ce qui en dehors de l'essence y est ajouté ou bien nécessairement, j)ar ex., chez l'homme, la faculté de rire, la capacité de savoir : c'est le propre ; — ou ne s'y trouve que d'une manière contingente, comme la maladie, ou la santé chez l'homme : c'est l'accident.
C. — D'après ce qui précède, ou peut ainsi définir ces universaux: Le genre est la partie coin /nu ne de l'essence gui convient à plusieurs individus d'espèces différentes ; — la différence l'st la partie de tessence par laquelle les indibidus d'un même genre sont divisés eu. espèces ; — l'espèce est l'essence totale en tant qu'elle convient à plusieurs individus différenciés simple'ment par le nombre et les accidents. — La propriété qui est nécessairement ajoutée à l'essence est le propre de cette essence ; Philosophie. — Tome I %
celle sans laquelle l'essence d'une chose peui exister et être conçue est l'accident. — Enfin la chose individuelle ou V individu qui possède ces propriétés est « V être un, indivis en lui-même, mais distinct de tout autre ».
31. Subordination des genres et des espèces. —Les genres,les espèces et les différences peuvent être comparés et ordonnés entre eux. On obtient ainsi le genre suprême, infime ou subalterne. Le genre suprême n'a pas de genre au-dessus de lui ; le genre infime n'en a pas au-dessous ; le genre subalterne en a à la fois au-dessus et au-dessous. Pareillement, l'espèce est suprême, infime ou subalterne ; de même la différence, et pour les mêmes raisons.
Au-dessus du genre suprême il n'y a que les transcendentaux (Ont., n. 46) ; au-dessous de l'espèce infime, il n'y a que les individus. Remarquons en outre que les genres, les espèces et les différences sont disposés entre eux de telle façon que le genre suprême qui est la substance, se divise par la différence en deux espèces suprêmes, et ainsi des autres genres jusqu'à l'animalité qui se divise en deux espèces infimes : rationabilité et irrationabilité.
("est cette coordination qu'exprime la célèbre table, appelée arbre de Porphyre.
Table de Porphyre.
Substance
incorporelle, corporelle.
Corps Vivant Animal Homme
inorganique, organifiue.
insensible, sensible.
irraisonnable, raisonnable.
individus, ex.j Gicéron.
Table des modernes.
Individus Propriété;
Socrate, Platon, etc.
des Individus Nécessaires
Communes
Génériques
accidentelles, nécessaires.
spéciflijues, communes.
analogiques, génériques.
prochaines, éloignées.
PREMIKHE PAPaiE, DIALECTIQUE Ai