‹ Cours de philosophie scolastiqueChapitre 218 sur 291 · Farj-es. ibid., p · texte numérisé non relu

Farj-es. ibid., p

au contraire, est fini, contingent et sujet au changement. Le monde n'est donc pas la sul)stance divine à un degré quelconque d'évolution : sinon. Dieu serait à la fois fini et infini, nécessaire et contingent, ce qui impliquerait contradiction (Théod., n. 102).

3° C'est donc à la dernière hypothèse que l'on doit s'arrêter, en reconnaissant que le monde a été tiré du néant par voie de création. Aucune supposition n'est possible, en effet, en dehors des trois hypothèses qui viennent d'être proposées. Rejeter .la notion de création ex ?iihilo, c'est se contraindre, quoique spiritualiste, à pactiser avec un panthéisme au moins mitigé, tel que celui des émanatistes.

23. Objections contre la création. — Ob.J. — /. Rien ne se fait de rien ; or la création suppose la fécondité du néant ; donc la création est impossible. Ainsi raisonnent les rationalistes, après Lucrèce.

Rép. — Je disting. la maj. : Rien ne se fait de rien ; cela est vrai, en ce sens que le néant ne peut rien produire. Mais si par là on entend que la production de toute réalité nouvelle est impossible sans sujet préexistant, une seconde distinction s'impose : que cette impossibilité soit véritable, en l'absence d'une cause infinie, soit ; mais certainement elle ne demeure plus, si la puissance infinie intervient. — Ce qui doit distinguer la cause première, c'est précisément une causalité sans exemple chez les créatures. C'est donc l'acte créateur comme nous le concevons, par opposition à la simple formation ou à la génération physique, qui doit être l'apanage de la divinité.

Obj. If. Personne ne donne ce qu'il n'a pas ; or, avant la création. Dieu ne renferme point le monde en lui-même ; donc, il ne peut par création le produire en dehors de lui.

Rép. Je disting. la min. : sans doute. Dieu avant la création ne renferme pas formellement le monde en lui-même ; ce serait du panthéisme ; mais il est faux que Dieu ne le possède pas d'une manière virtuelle et ('•minente (Ont., n. 160, ô»). De même que l'esprit humain, avant d'entrer en acte, ne possède ses idées qu'en puissance, ainsi Dieu avant la création, ne porte en lui-même le monde que d'une façon virtuelle et éminente ; avec cette différence toutefois que l'idée demeure dans l'intellect qu'elle modifie, tandis que le monde n'est pas une modification de la divinité et ne fait point partie de sa substance.

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