‹ Cours de philosophie scolastiqueChapitre 222 sur 291 · PREMIÈRE PARTIR, LE MONDE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIR, LE MONDE

bord SOUS forme végétale, puis sous la l'orme auiuiale, et elle atteignit sa perfection avec l'homme.

27. Appréciation de l'hypothèse contemporaine sur la formation du monde. — <->n ne doit a priori ni r(»joter les hypothèses modernes sur la formation du monde, ni les mépriser : mais il serait téméraire de leur attribuer une absolue ce;-titude.

Thèse fjd cosniogonic moderne, loin d'être fjraluite, paraît assez probable, pourvu quoii l'entende en son véritable sens.

I. — Elle n'oiîre rien d'incompatible avec l'existence et les attributs de Dieu, puisque, au contraire, elle suppose que Dieu, après avoir créé la matière, lui a imprimé le mouvement et lui a assigné dans l'espace uiu^ ordonnance convenable. C'est pourquoi N(;\vton a pu écrire : « L'admirable harmonie du soleil, des planètes et des comètes ne trouve sa raison d'être que dans l'intelligence et la puissance d'un Etre supérieur ; et s'il est vrai que les étoiles fixes soient, elles aussi, les centres de systèmes semblables, l'ensemble de tous ces systèmes tient également son existence d'un Maître unique qui en a réglé l'ordonnance *. »

II. — Elle est probable. Elle possède, en effet, l'avantage de la conformité avec les données modernes des sciences, et, en particulier, elle s'accorde avec l'astronomie, la physique, la géologie et la paléontologie. — De cette façon se trouvent expliqués beaucoup de faits dont on n'avait pu jusqu'ici découvrir la raison suffisante, tels que l'orientation des planètes, la loi de la gravitation universelle -... etc. — Ajoutons qu'elle n'a rien qui ne puisse s'harmoniser avec la cosmogonie mosaïque et l'enseignement catholique ^.

28. Remarque. — // est nécessaire, avons-nous dit, d'entendre en son vrai sens la cosmogonie moderne. Par conséquent :

a) Il serait difficile de supposer que la matière primitive ou chaotique fût strictement homogène, car alors elle n'aurait pu donner lieu à l'immense variété de formes spécifiques,

1. Newton, Philosoph. naluralis, principia mathemat., scholion générale. — 2. Faye, Origine dumonde ; Wolf, Hypothèses'^cosmogoniques. — 3. Vigouroiix, Manuel bibl., 1884, l"^" parlie, ch. 2, a. 3, p. 374."— Monsabré, XIK'conl., 3 partie. — Gniberl, Les Origines.

dont l'univers entier donne maintenant le spectacle : la variété des corps simples date du premier instant de la création, et de leurs combinaisons sont résultés tous les corps composés.

b) L'évolution des choses n'a pas été purement mécanique et sans finalité ; elle s'est faite conformément au plan divin, qui a réglé la disposition primitive des éléments, l'impulsion du premier moteur et l'union avec la matière des formes ou forces d'où procède l'ordre du monde.

c) Relativement à l'origine de la vie, il faut affirmer que les êtres organisés n'ont pu être engendrés par des éléments inorganiques. — Sans avoir besoin de recourir à un nouvel acte créateur. Dieu intervint pour façonner les premiers organismes ; ou bien il se contenta de faire évoluer les germes dont il avait peut-être, à l'origine, ensemencé la matière cosmique. — Enfin, il couronna son œuvre en tirant « du limon de la terre », par un procédé qui nous échappe, le corps du premier homme et l'informa d'une âme spirituelle.

Sur tous ces points, il n'existe aucune donnée vraiment scientifique qui vienne contredire l'enseignement de la philosophie.

ARTICLE m.

La Fin du monde.

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