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Définition de l'axiome et du principe de fait

A. — Les prinfipes cominnns de d<''monstration s'appellent axiomes on principes premi(n's « dignitates », parce qu'ils tiennent la première place dans la connaissance. Tels sont les principes suivants : une même chose ne saurait à la fois être • >t n'être pas, le tout est plus grand que sa partie, etc. — On peut les définir : Des principes très universels, évidents par eux-mêmes, qni se font connaître au premier coup d'oeil, et, pour ainsi dire, spontanément.

C'est un fait qu'il y a des axiomes qui n'ont pas besoin de démonstration, parce qu'ils sont plus évidents que toute démonstration. Il est du reste impossible de tout démontrer, car, à moins d'admettre un recul à l'infini dans la série des preuves, il faut bien que l'argumentation s'arrête à des principes premiers indémon trahies (n, 135).

B. — Il y a en outre d'autres principes, appelés principes de /«iV ou jugements sijnthétiqiies nu hypothétiques (n. 36). Ils sont de deux sortes : les uns portent sur des objets immédiatement perçus par les sens externes ou par la conscience, ex. : le monde existe, je pense ; les autres n'apparaissent pas immédiatement, mais à la suite souvent d'un long détour, ex. : les corps sont pesants. On les appelle. joro/îosiVtows- ou thèses : c'est leur démonstration qu'il faut entreprendre.

Les axiomes diffèrent donc totalement de ces deux genres de principes : ce sont des jugements proprement dits analytiques, a priori, nécessaires et fondamentaux (n. 35).

40. Définition et nombre des maximes. — A. — Les maximes {effata) sont des jufjemeiits universels, brièvement énoncés et qui contiennent la substance de la philosophie.

Ce sont : 1° des jugements universels. Ils ne sont pourtant pas évidents par eux-mêmes ; ils s'appuient sur les premiers principes, mais en diffèrent, puisqu'une explication est nécessaire, pour mettre en lumière leur sens et leur force.

2° Ils constituent un court résumé de la philosophie. Dans toute science, la discussion du sujet permet d'aboutir comme conclusion à certaines formules. Celles qui en peu de mots résument les théories dans leurs grandes lignes, sont justement appelées maximes « efl'ata » : et on les doit compter parmi les principes propres de cette science.

ii. — Comme il peut y avoir autant de maximes que de théories en philosophie, leur nombre est donc indéfini. Impossible d'eu énumérer ici les principales : chacune sera donnée en son lieu.

Pour rendre plus sensible cette théorie donnons deux exemples :

l» A propos de la connaissance, voici la principale maxime : La connaissance n'a lieu que si l'objet connu est dans le sujet connaissant . Cela veut dire que pour qu'il y ait connaissance, il doit y avoir union du connaissant et du connu. Or, pour produire cette union, il est impossible que la faculté cognitive sorte du sujet connaissant : il faut donc ([lie lobjet connu vienne dans le sujet connaissant. Ceci se réalise par l'action de l'objet dans les organes sensibles {l'action de l'agent est, en effet, dans le patient), ou par les vestiges de cette action, c'est-à-dire par une représentation idéale.

2» Sur le jugement, S. Thomas émet la maxime suivante ; Nous comprenons le sujet et l'attribut au moyen d'une forme unique. Cela veut (lire que, malgré la complexité matérielle de la proposition, Tacte de l'esprit qui unit l'attribut au sujet ou l'en sépare, est une affirmation ou une négation simple, c.-à-d., un acte unique.

41. Importance de la connaissance approfondie des principes. — Cette importance ressort de ce que nous avons dit, soit que l'on considère les principes en général ou le premier principe.

Dans le premier cas, les principes ^ont comme les germes de la démonstration. C'est pour cela qu'Aristote les appelle « substituts de démonstration ». Pouvoir ramener une conclusion quelconque à ses principes premiers, à ses causes derniè-

l'aK.MIKIlE PARTIE, ni.VLECnQlB 3.'5

res, c'est avoir de cette conclusion une connaissance plus profonde que si l'on se bornait à la ramener à ses causes procliaines. Aussi les grands savants raniènont-ils, à l'exemple d(» Dieu, toutes leurs connaissances à un petit nombre de principes, voire à un principe unique, dans lequel ils connaissent tout.

Dans le second cas, 11 y aura autant de forcer dans ce principe premier que dans le l'oiul même de la pensée. Reste à savoir s'il existe un principe premier, une règle commune à tous les jugements, une règle sans laquelle le jugement luimême serait détruit. La question suivante va rép(jndre à ce grave problème.

42. Quel est le premier principe ? — A. — Opinions. Les philosuphes ne sont pas d'accord sur sa nature. Pour les uns, le premier principe de la raison humaine, c'est \i\\ premier jugement; pour les autres, un premier fait. Ceux-ci le placent dans la première raison dêtre des choses ; ceux-là dans la première réalité. Ainsi : — 1" pour la plupart des scolastiques, le premier de tous les principes, celui qui est renfermé au moins implicitement dans tous les autres, c'est le principe de contradiction : Une même chose ne peut à la fois èti-e et n'être pas. — 2° Descartes, qui a tout révoqué en doute, au moins en un doute méthodique, a pris pour principe de sa philosophie ce simple fait: je pense, donc je suis. — 2° Leibnltz prétend que tous les raisonnements reposent sur deux principes -.une chose ne peut à la fois être et n'être pas ; et rien n'e.viste sans raison suffisante. — 4° Pour les Ontologlstes enfin. Dieu est le premier être connu par l'homme, et c'est en lui qu'il peut tout connaître.

B. — Explication. Il faut remarquer que nous ne recherchons pas un principe d'où découlent tous les autres comme d'une source unique ; 11 est certain que le principe de contradiction n'est pas la source des auti'es principes. Ce qu'on recherche, c'est la règle ou la pierre de touche avec laquelle on puisse vérifier tous les autres principes ; le fondement sans lequel aucun principe ne saurait subsister, Ceci compris, posons la thèse suivante :

Thèse

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