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Principaux partisans et formes du Monadisme

Nombre de philosophes ont exposé ou soutenu le dynamisme ; tels sont : chez les anciens, Zenon d'Elée et Pythagore ; chez les modernes Lcibnitz, WoU, Boscowich ^ Dugald Stewart®, Kant^, Uhaghs^, Oalluppi, etc.

1" D'après Leibnitz, les premiers principes des corps sont des substances simples ou monades ; aussi bien les corps ne sont-ils autre chose que des groupements de substances simples. « Les composés ou les corps, dit-il, sont des multiples ; et les substances simples, les vies, les ;\mes, les esprits sont des unités 9. »

Les monades, étant simples, n'occupent point d'espace, elles n'ont ni étendue, ni figure ; mais elles sont en nombre infini dans chaque particule de matière. — Toute substance simple doit être douée de perception, quoiqu'à des degrés divers ; ainsi, la monade absolue ou Dieu connaît toutes choses ; l'esprit humain n'atteint que quelques vérités ; dans les monades inférieures il n'y a qu'une perception obscure, confuse, sans conscience. — Les monades sont douées d'une activité interne ; pourtant elles ne peuvent agir l'une sur l'autre, de telle sorte que la forma tion d'un corps requiert toujours l'action immédiate de Dieu.

2° Boscoiric/i, coi'rigeant cette même doctrine, en nia trois points, à savoir, le nombre infini des monades, leurs percep-

■1. Philosophie spiritualiite de la nature. — 2. Hist. gén. de la philosophie, 9' leçon.— 3. Extrait de l'Académie des sciences, 27 nov. 1882. — 4. Conséquences métaphysiques de la Thermodynamique . — 5. Philos, naltir. théor. — 6. Essais philosophiques. — 7. Etemenla melaphi/sica Physicse. c. 2. — S. Du dynamisme. — 9. Leibnilz, Principes de la nature et de la grâce fondés en raison, i. — Du même, Monadologie, 4, 5, 6, 44, 19.

tions internes et leur incapacité d'agir à l'extérieur. D'après lui, les monades sont douées « d'une force d'attraction et d'une force de répulsion ». La force d'attraction les unit ; mais en vertu de la force de répulsion, elles ne peuvent se compénétrer, et sont toujours séparées par un petit intervalle. De là résultent les phénomènes de l'étendue et de toutes les qualités c[ui se rapportent à l'étendue.

41. Le Dualisme physique ; sa thèse et ses partisans. — A. — D'après les scolastiques, 1. le corps considéré en luimême se compose essentiellement d'un double principe : l'un est le fondement de la quantité, de l'étendue, de l'inertie : c'est la matière première ; l'autre, actif et simple, est le fondement de la qualité et se nomme forme substantielle.

2. La matière première se définit le sujet fondamental et j)ermanent, que Ton retrouve dans tous les objets corporels. (Juant à la forme substantielle, elle est V acte premier ou spécilicateur de la matière, connue nous l'expliquerons avec soin (n. r)4-o7).

3. Ces deux éléments se trouvent réunis dans tous les corps ; et ceux-ci prennent alors le nom de matière seconde. Ceci est à remarquer, car chez les auteurs qui n'admettent point la théorie de la matière et de la forme, les mots « matière et corps » sont svnonymes : il en est tout autrement chez les scolastiques.

B. — L'existence, dans les corps, d'un double principe a été soutenue, chez les anciens, par Aristote et Platon ; — parmi les Saints Pères, elle a rencontré pour principal défenseur S. Augustin *. — Au moyen âge, Albert le Grand, S. Thomas s, S. Bonaventure, Henri de Gand, Duns Scot s'en sont faits les apôtres ; — du XVfe siècle à nos jours, sa cause a eu pour défenseurs Suarez (Metaphys.), Bannez, Goudin et plusieurs autres, auxquels s'est à la fin rallié Leibnitz ; — de notre temps, elle a été reprise avec honneur par Sanseverino, Zigliara, Cornoldi, Liberatore, Gonzalez, Kleutgen, Pesch, Lahousse, Barthélémy Saint-Hilfiire, Bavaisson. enfin par tous les néoscolasfiques.

§ III. — Principes de solution.

42. Nature de ces principes. — Avant de discuter ces théories, il faut d'abord établir plusieurs principes de solu-

1. Noiirisson. Philosoph. de S, Augustin. — t. Jourdain. Philosoph. de S. Thomas.

SECONDE PARTIE, LES CORPS 42r)

tluii, dont les uns sont fournis par la raison et le sens commun, et les autres résultent de l'étude des faits.

Principe I Iai !(ohition de ta quesUon présente doit s'appuifev en dernière analyse sur le principe de causalité.

La raison en est que la substance est la racine et la cause des phénomènes dans un corps, et que la méthode d'induction peut seule nous faire remonter de la nature des phénomènes à la nature des substances. Une théorie des corps sera donc d'autant plus conforme à la vérité qu'elle rendra mieux raison de tous les phénomènes et de toutes les propriétés générales des corps.

Principe II

43. La solution de cette question ne doit pas contredire les sciences expérimentales, mais n'est j)as de leur domaine. Elle ne doit pas les contredire : la vérité ne saurait, en efTet,

contredire la vérité. Il suit de là que si des expériences i)ien faites établissent des faits, si des arguments inattaquables démontrent des lois ou des principes, une bonne théorie des corps doit admettre et concilier toutes ces vérités. Il faut se garder cependant de confondre les lois certaines avec les hypothèses, et de donner ces dernières comme bases à la démonstration de la thèse.

Mais elle n'est pas de leur domaine ; la méthode expérimentale, en effet, n'est capable d'atteindre que les phénomènes et les propriétés des corps : quant à déterminer l'essence des corps au moyen du raisonnement, c'est le rôle de la pensée spéculative et de la philosophie ; du reste, les vrais savants, tels que Cl. Bernard, n'hésitent pas à en faire l'aveu '.

Principe III

44. Il existe dans le monde des substances d'espèces différentes. Cette différence des éléments physiques est reconnue de

tous ; elle apparaît avec une entière évidence, surtout dans la comparaison des différents règnes, minéral, végétal ou animal : ainsi l'arbre et l'animal, la pierre et l'homnie sont dis-

4. Cl. Bernard, La science expérimentale du progrès dans les sciences physiologiques, p. Si el suiv. — Voir Liberalo.e, Cnmposé hum., n, 389-392.

tincts par l'essence et la nature. Mais même dans un seul règne, tel que le minéral, on trouve des êtres, comme la terre et Teau, Toretlefer, etc., assez différents entre eux à première vue, pour que le sens commun les place aussitôt dans des espèces différentes. — C'est d'ailleurs ce que démontrent sans peine non seulement l'aspect extérieur, mais surtout les qualités physiques et chimiques de ces corps (n. 79-81). En effet, ces objets se présentent à nous avec des propriétés tout à fait et évidemment différentes : ur là où les opérations et les propriétés sont entièrement différentes, là aussi les essences doivent être différentes.

Principe IV 45. Les corps simples sont spécifiquement différents. Los corps que les chimistes n'ont pu résoudre en de nouveaux éléments de nature diverse, sont appelés coips simples. Ces corps, au nombre de plus de 70, manifestent des opérations et par suite des propriétés spécifiquement diverses, en ce qui concerne, par ex., le poids atomique, les affinités, la chaleur, la forme cristalline, la conductibilité, l'élasticité... Il est donc légitime de conclure à leur différence spécifique. C'est là un fait, quelle qu'en soit la cause (et nous la rechercherons bientôt), qui ne saurait être nié que par un sceptique.

Principe V

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