II. — Preuve de la seconde partie
— Tout corps physique, c'est-à-dire existant réellement, est doué, outre son étendue, d'une forme active. Mais cette forme, en tant que forme, requiert une quantité déterminée de matière, variable suivant les espèces, qu'on ne peut diminuer au delà de ses limites naturelles ; de même, en tant qu'active, cette forme ne peut exercer sa force d'action ou de résistance sans une quantité de matière requise : d'où il suit que, lorsque le corps est réduit à des proportions trop petites, il change aussitôt de nature. F^a division de la quantité physique à l'infini n'est donc pas possible.
L'n double fait confirme ce raisonnement. — 1» Quoique tous les atomes soient également insécables, chacun a son poids atomique différent, comme la chimie le démontre. — 2» Chaque organisme vivant a également un minimum de grandeur, suivant sa fonction et son espèce. 75. Si les limites du continu ont une valeur objective •• — Les limites du continu sont les surfaces, les lignes, les points, toutes choses indivisibles ; les surfaces sont indivisibles dans le sens de la profondeur, les lignes dans la profondeur et la largeur, les points dans les trois dimensions. Qu'elles aient une valeur objective dans le continu, Ockam, Durand et les nonùnalistes le nient, tandis que Suarez soutient leur distinction réelle, et même leur séparabilité. De ces deux excès, subjectivlste ou réaliste, se gardent prudemment Aristote, S. Thomas et Albert le Grand, avec lesquels nous établirons la thèse
suivante :
Thkse
Les points, les lignes, les surfaces, ne sont ni de purs êtres de
raison, ni des êtres réels, niais des modes réels du continu.