‹ Cours de philosophie scolastiqueChapitre 253 sur 291 · TROISIKMK PARTIE, LA VIF · texte numérisé non relu

TROISIKMK PARTIE, LA VIF

pour du sommeil chez les plantes, n'est que la cessation ou du moins un ralentissement des fonctions végétales, dès que les agents extérieurs cessent d'agir sur des organes. — 3o Le mouvement de l'héliotrope enfin n'est pas spontané ; la plante y est passive, soumise ;ï l'action d'une cause extérieure '.

AirncLE IV.

Lf^ Pliriioinl'iics riloux chez l'animal.

95. Exposé des opinions. — Deux erreurs contraires se sont produites sur cette ([uestlon de la vie de l'animal.

jo Les uns refusent d'y voir les fonctions de la vie sensitive.

Après beaucoui) d'anciens , quelques modernes ont prétendu que l'animal était un pur automate, une machine merveilleusement construite, t C'est la nature, dit Descartes, qui agit dans les animaux selon la disposition de leurs organes, ainsi qu'on voit qu'une horloge qui n'est composée que de roues et de ressorts peut compter les heures et mesurer le teiii|)s plus justement que nous, avec toute notre prudence 2. »

2° D'autres voient chez l'animal des opérations raisonnables.

« L'esprit dans les animaux, dit Damiron, ne déroge pas à la loi qui est essentielle aux esprits ; placé au dernier rang du monde intellectuel, il est cependant dans ce monde, il en suit le système, il en reproduit, dans le peu qu'il fait, la marche constante et une 3, » — Cette opinion, qui fut celle de Pythagore, Anaxagore, Parménide, Plutarque, Porphyre, Celse, et des Manichéens, a été renouvelée par Helvétius, Darwin, Comte, Taine, Reid, beaucoup d'éclectiques et quelques philosophes chrétiens.

Les autres philosophes se tiennent en garde contre ces deux excès. Ils reconnaissent dans l'animal, en outre des facultés de vie végétative, toutes les facultés de la vie sensible : une certaine pei'ception, l'appétit sensitif et le mouvement de relation. Il y «1 seulement entre lui et l'homme une différence essentielle : seul, en effet, de tous les animaux Thomme est doué de raison.

Cette doctrine, après avoir été celle d'Aristote, de Philon, de Platon et de tous les péripatéticiens, fut embrassée par tous les scolastiques anciens et modernes, Liberatore, Sanseverino, Zigliara... bon nombre de

^. Sur la contractiiité, voir Farges, Le Cerveau, p. 210 : Giiibert, Xnat. et physiol. végétales, p. T et 145 ; Vallet, La vie. p. 6C ; Geoffroy S:-llilaire, 2« p., ch. VI. — 2, Pescartes, Disc, sur la Met., liv. 5 et 6. — 3. Pysch., t. II, p. '■201.

savants versés dans les sciences naturelles, tels que Blainville, Jourdain, et C. Despeaux, dont nous citerons quelques paroles : « Cet instinct qui les fait ag:ir fies animaux) et qui dirige leurs mouvements est bien au-dessous de la raison. S'ils jouissaient de cette précieuse qualité, on ne les verrait pas déroutés, stupides et intraitables, lorsqu'on les tire de la façon de vivre qui est particulière à leur espèce. »

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