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L'animal est-il doué de la vie sensitive

Thèse

L'animal n'est pas un pur automate; il a la vie setisitive.

Preuve. — h' expérience le montre de deux manières :

1° Dans les animaux supérieurs, on trouve les organes des cinq sens externes : ouïe, vue, tact, odorat et goût. Chez les moins parfaits, on rencontre au moins ceux du tact. Or la nature « ne fait rien en vain »,

2" Chez les animaux, on voit encore des effets de la sensation tant interne qu'externe ; ces effets supposent donc des facultés sensibles. Pour les sens externes, ce fait est évident : l'animal voit, entend, jouit et souffre. Pour les sens internes, la chose n'est pas plus douteuse : c'est la mémoire, l'instinct, l'appétit et les diverses passions qui le mènent. L'animal a donc les facultés sensibles.

Confirmation. — Descartes n'ayant pas su distinguer le corps de l'étendue, ni la spiritualité d'avec la simplicité, devait n'admettre que deux genres de substances : les unes, dont l'essence est d'être étendues, les autres d'être simples et spirituelles. Partant de ce principe, il enseigna que l'animal n'est qu'un pur automate, pour la raison qu'il ne saurait être un esprit. Mais son argumentation ne tient pas : l'essence des corps, en effet, ne consiste pas dans l'étendue, et la simplicité ne suffit pas à rendre une force spirituelle; aussi peut-on concevoir une substance qui ne serait ni purement corporelle, ni spirituelle, mais d'un génie intermédiaire.

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