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PREMIÈRE PARTIE, DIALECTUJUE

B. — Différences. Toute la différence des raisonnements inductif et déductifest dans la disposition des idées et des jugements.

1° Pour ce qui est des idées, les parties énumérées : prudence, justice..., sont le moyen terme dans l'induction ; au contraire, le tout, c'est-à-dire toute vertu, est le moyen terme de la déduction. Pareillement, le petit terme dans l'induction, c'est le tout ; dans la déduction, ce sont les parties.

2" Quant aux jugements, la conclusion de la déduction est particulière, jusqu'à un certain point du moins et relativement à la majeure ; au contraire, la conclusion de l'induction est toujours générale. De même la conclusion de la déduction est la majeure dans l'induction ; tandis que la conclusion de l'induction est la majeure dans la déduction.

La raison de cette diversité dans la disposition des idées et des jugements vient de la diversité du processus ou de la manière invei'se de conclure. L'induction remonte, en elîet, dés parties au tout, de l'espèce au genre ; la déduction descend du tout aux parties, du genre aux espèces.

50. Principes de ces deux raisonnements. — Des modes si différents de raisonner supposent des principes différents. Et de l'ait, les raisonnements induclil" et déductif, quoiqu'ils aient un fondement commun dont nous avons parlé plus haut (n. 47), ne sont pas réglés par les mêmes principes.

I^a déduction qui descend du tout aux parties s'appuie sur cet axiome : « Ce qui convient (ou ne convient pas) au tout, au genre, à r espèce, convient aussi (ou ne convient pas) aux parties, aux espèces, aux individus. C'est le principe qu'Aristote a nommé :

« Dictwn de onini, — dictuni de ullo. » « Dit de tous, — dit d'un seul. »

L'induction qui remonte des parties au tout est fondée sur un principe contraire : Ce qui convient (ou ne convient pas) à chacune des parties, convient aussi (ou ne convient pas) à la collection des parties, au genre tout entier, à l'espèce entière. Ce principe peut être appelé :

« Dictuni de singulis, — dictuni detoto. » « Dit de chacun, — dit de tous. »

Il est évident qu'en vertu de ces principes, les deux rai-

sonnements sont légitimes. La déduction montre que la conclusion était implicitement contenue dans l'extension des prémisses ; l'induction dans leur compréhension. Pour la déduction, c'est évident ; pour ce qui est de l'induction, c'est facile à prouver. En effet, dans l'énumération des parties, à ces mots : « cette vertu, puis cette autre... est aimable », il est impossible d'ajouter « et ainsi de toutes les autres » si l'attribut en question n'est qu'une propriété accidentelle des parties, si elle n'est pas un attribut essentiel. Cela revient à dire que l'amabilité, par ex., doit entrer dans la compréhension de la vertu, et c'est ce qui permet de conclure que toute vertu est aimable (n. 274-281).

C'est pour cela que P. Lepidi ramène cà un seul les principes des deux raisonnements: une chose implicitement affirmée reste la même une fois explicitement énoncée.

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