‹ Cours de philosophie scolastiqueChapitre 272 sur 291 · DE LA DÉROGATION AUX LOIS DE LA NATURE OU DU MIRACLE · texte numérisé non relu

DE LA DÉROGATION AUX LOIS DE LA NATURE OU DU MIRACLE

La nature évolue vers sa fin suivant des lois: Dieu peut cependant produire par le miracle quelque dérogation à ces lois. Pour hien le comprendre, il nous faut étudier : 1'^ la Théorie du miracle ; 2° les Erreurs concernant le miracle.

1. Sum. TheoL, q. 22, a. 6, ad 2uni. — Contra GtnI., L. III.c. 98.

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AHTIGLK I. Théorie du miracle.

C'est au théologien à étudier longuement le fait du miracle ; le philosophe doit seulement étahlir les principes généraux sur sa nalnrc, sa prmsibiJiti' et sa connaissance.

123. Nature du miracle ; ses espèces '. — A. — Le mot miracle (du verbe niirari) désigne en général un lait qui cause l'étonnement. On le déduit : Un fait sensible qui s'accomplit en dehors de l'ordre normal de toute la nature créée, et partant imputable à Dieu seul.

Le miracle est donc un fait qui n'est pas naturel, c'est-àdire qui dépasse les forces de toute la nature créée. On le dit insolite, parce qu'il n'est pas dans le cours naturel des choses, mais il faut bien remarquer avec S. Thomas, que « le mot insolite, appliqué au miracle, n'implique pas la rareté du fait, il exclut seulement le cours habituel de la nature ». — Le miracle est aussi un fait sensible, qui peut ordinairement être connu de tous, et qui « montre admirablement la toute puissance, et la science infinie de Dieu », aussi le considère-t-on comme un signe certain do révélation divine, parfaitement approprié à l'intelligence de tous.

B. — Le miracle est de trois sortes : car il peut paraître au-dessus de la nature, contre la nature, ou en dehors de la nature. — Il est audessus de la nature, ([uand il surpasse tellement les forces créées, qu'il ne peut être produit que par la seule puissance infinie de Dieu, par ex., la résurrection dos morts. — Le miracle est contre nature, lorsque Dieu pour le reproduire, a rencontré une disposition contraire dans les tendances de la nature ; ainsi les trois enfants dans la fournaise ne sont pas brûlés. — Enfin on appelle miracle préfernalurel, un elîet qui ne surpasse les forces de la nature, que par la manière dont il est produit; par ex., la g-uérison subite d'une maladie, sans aucun des remèdes requis

On voit par là que la création du monde, ou celle de l'àme n'est pas un miracle, car elle n'est pas une violation de l'ordre naturel, mais au contraire la constitution ou la continuation de cet ordre.

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