‹ Cours de philosophie scolastiqueChapitre 273 sur 291 · Gondal, Le surnaturel. L. If, p · texte numérisé non relu

Gondal, Le surnaturel. L. If, p

de la nature des lois physiques ou de Dieu. Or ni l'un ni l'autre n'est soutenable.

1° Les lois du monde physique ne sont ni absolues, ni immuables (n. 120); or ce qui n'est pas absolu, supporte le changement; donc a priori, le miracle n'est pas incompatible avec les lois de la nature.

Et cela est également vrai du miracle préternaturel, supranaturel, et contranaturel. — a) Dieu peut faire assurément sans la nature ce qu'elle fait elle-même grAce au concours divin, par ex.. Dieu peut produire subitement la guérlson que le médecin ne procurerait que lentement. — b) Il peut aussi faire dans la nature ce qu'elle n'aurait jamais pu faire ellemême, abandonnée à ses seules forces, par ex., prédire les événements futurs. — c) Enfin il peut empêcher ou suspendre certains effets accidentels d'une cause particulière, par ex,, les flots de la Mer Rouge, le cours du Jourdain. Le miracle ne répugne donc nullement au point de \ue des lois de la nature.

Qu'on ne dixe point que les lois sont détruites par le miracle. Car la loi naturello de la mort, par ex., n'en est ni moins constante, ni moins universelle, parce qu'un mort aura été ressuscité. Malgré cela les hommes continuent à mourir, et une fois morts, ne ressuscitent point. « On parle très improprement, dit Bergier, quand on dit qu'un miracle viole, dérange, interrompt, change, bouleverse les lois de la nature ; il ne fait que suspendre l'effet particulier d'une de ces lois, le reste de l'univers va son train comme auparavant i. »

2° Le miracle ne répugne point non plus du côté de Dieu. Dieu, en effet, qui a établi librement les lois physiques, peut à coup sur leur avoir imposé de toute éternité une limite ou une exception. Rousseau lui-même en a fait l'aveu en ces termes : « Dieu peut-il faire des miracles ? C'est-à-dire peutil déroger aux lois qu'il a établies? Cette question, sérieusement traitée, serait impie, si elle n'était absurde : ce serait faire trop d'honneur à celui qui la résoudrait négativement que de le punir : il suffirait de l'enfermer^. »

1. Gondal, Le surnaturel, p. 181. — 'î. Troisième lettre de la Montagne.

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