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Loisy, Autour d'un petit livre, p

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occultes de la nature, que la science révélerait plus tard, car la nature ne se contredit point elle-même.

2. Il se distingue des faits produits j;crr l'artifice des Iwm- )nes, ou les prestiges du démon, lorsque son auteur, son objet, ses circonstances et sa fin montrent clairement la toute-puissance de Dieu et son infinie sagesse. Tels sont les miracles rapportés dans nos livres saints : leurs auteurs se recommandent par leur sainteté ; l'objet et le mode sont dignes de la divinité ; leur fin est la gloire de Dieu, la manifestation de la vérité et le salut des âmes : on le prouve en Théologie.

Renan n'esl donc pas sérieux lorsqu'il pose comme condition nécessaire, que le thaumaturge fasse son miracle devant une commission de savants *, ou, comme Voltaire l'avait déjà dit : « en présence de l'Académie des sciences de Paris, ou de la société royale de Londres, et de la Faculté de médecine, assistées d'un détachement du régiment des gardes 2 ».

ARTICLE II

Principales Erreurs concernant le miracle.

126. Erreurs concernant la nature du miracle. — De nom^ breux philosophes admettent le nom de miracle, mais en changent la nature, en donnant du miracle des définitions fausses ou incomplètes.

A. — D'abord Spinoza définit le miracle : « L'œuvre de la nature, dont nous ne pouvons, nous, ou tout au moins celui qui écrit ou raconte le miracle, expliquer la nature par l'assimilation à un autre fait normal 3. » Un fait ne serait donc miraculeux que relativement aux opinions ou à l'ignorance des hommes ; en soi, il ne surpasserait paë les forces de la nature.

Locke s'éloigne peu de Spinoza, lorsqu'il dunne cette définition admise par beaucoup de contemporains : « le miracle est une opération sensible, qui, dépassant la portée du spectateur, est jugée par lui, con-i traire au cours normal de la nature, et considérée comme divine*, w

Ces définitions ruinent la vraie notion du miracle ; car, d'après Spinoza et Locke, le miracle n'est pas un fait accompli en dehors de l'ordre de toute la nature créée, mais un effet naturel et sensible, que l'ignorance ou le préjugé des hommes tient pour miraculeux.

B. — Il y a d'autres définitions, qui se rapprochent davantage de la vérité, mais qu'on ne peut admettre, parce qu'elles ne donnent point une notion complète du miracle,

1. Vie de Jésus, De même Strauss, Paiiius, Baiier. Voyez leurs objeclions dans le livre de M. Vallon, De la croymce due à l'Evangile. — 2. Dict. Phil., Arl. Miracle- — 3. Traité théologico-polilique, c VI. — 4. Traité des miracles.

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Ainsi Malebranclie prélend que le iniracle esl l'cITel de lois naturelles, qui nous sont inconnues. « Je prétends qu'alors Dieu agit en conséquence de lois générales, qui nous sont inconnues *. »

Houlteville appelle miracle un effet inaccoutumé, étonnant, qui n'est point produit en dehors des lois du monde physique, mais a par des forces cachées de la nature - ». De même, Charles Bonnet définit le miracle « un effet contraire au cours habituel de la nature, émanant, sous l'action de Dieu, de l'ordre occulte des causes naturelles ' ».

Clarke enfin appelle miracle « un effet contraire au cours habituel de la nature, produit par une intervention inaccoutumée de quelque être intelligent supérieur à l'homme ■ ».

Toutes ces définitions sont à rejeter, parce qu'elles ne manifestent pas la vraie nature du miracle, et ne montrent pas la différence essentielle qu'il y a entre lui et les faits naturels. D'après elles, le miracle ne serait, en effet, ([u'une chose inaccoutumée, étonnante ; mais il ne surpasserait point les forces de toute la nature créée et surtout diaboli- (/ue. — De plus, de telles tléfinitions ouvrent la voie au spiritisme, à l'occultisme et à l'incrédulité ; car elles supposent que le miracle ne dépend ipie des forces naturelles occultes, ce (jui est faux.

127. Erreurs concernant l'origine du miracle '>. — Le magnétisme, l'hypnotisme et le spiritisme se proposent de pnjduire des effets inaccoutumés et merveilleux, par exemple: les convulsions, le sommeil magnétique, le somnambulisme, la vision à distance, des apparitions magiques, des guérisons étonnantes, surtout au moyen de la suggestion et autres procédés de ce genre, .\ussi beaucoup de personnes font-elles le raisonnement suivant : ou bien le miracle à les mêmes causes ; ou bien, s'il existe, on ne peut le distinguer. Il n'y a donc rien de sûr au sujet de l'origine divine des miracles.

Rép. : .\ous nions la parité. — Le magnétisme, en effet, et surtout la suggestion, ne produisent chez les hypnotisés que des effets naturels* dont certaines limites sont bien connues de la science. Ils produiront, par ex., la guérison d'une maladie nerveuse, mais jamais la guérison subite d'une lésion organique. — De son côté le spiritisme utilise des forces occultes, quelquefois diaboliiiues ; mais ces faits merveilleux ne montrent jamais les caractères des faits divins : c'est-à-dire que dans les auteurs, dans la fin, dans Vobjet, dans les circonstances de ces faits,

1. Enlrelien Vllt sur la métaphysique. — 2. De la religion chrétienne, c. V. — 3. Palingénésie pliilosophique. — i. De la religion, ch. XiX. — 5. Mesmer (IISS), Mémoire sur la découverte du magnélisme. Précis historique de faits relatifs au magnétisme, etc. — R. f. Malignoii. Mirville, Les esprils et leurs manifeslalions ; — DebTeyne, Pensées d'un croi/ant catholique ; — Exumen du magnélisme animal, — De Bonniot, Le miracle et ses contrefaçons ; — Ribet, La mystique divine et ses contrefaçons; — P. Ahn, Ste Thérèse.

PlULOSOPlUE. — TOML I 2'J

n06 COSMOLOGIE

on ne trouve rien de g-iave, de saint, de religieux, de vraiment digne de Dieu. Au contraire, le miracle proprement dit se manifeste, nous l'avons vu, par ces notes et ces critères particuliers. Bien plus, indépendamment de ces notes, de nombreux miracles surpassent si évidemment les forces créées, qu'on ne peut les attribuer qu'à Dieu seul, par exemple, la résurrection des morts. Le miracle n'est donc pas toujours impossible à discerner.

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