LA FIN DE LA NATURE
Il nous reste une dernière question : si le monde a une fin k atteindre et quelle est cette fin.
135 Y a-t-il dans le monde tendance vers une fin <? - Les maenal.stes anciens l'ont nié, par ex., Epicure. - de môrr.e' certains evolut.on.stes contemporains, par ex., Lainarl<, Darwin, - et aussi H plupart des panthéistes. D'autre part. Platon et avec lui quelques ra'res philosophes, tout en accordant que Dieu dirige immédiatement les cho ses vers leur fin, ne mettent aucune tendance finale dans les choses elles-mêmes. ^iius.es>
Thèse Il y a dans le monde physique une vraie finalité.
1. - Il y a xxne finalité, c.-à-d., que tous les corps qui composent le monde, tendent vers une fin qui leur est propre
1. ^expérience le prouve, par ex., les veux sont organisés pour voir : « Lelu, qui a fait lœil, dit Newton, connaissait très bien les lois de l'optique. » De même les pieds sont faits pour marcher, les oreilles pour entendre, et ainsi de tous les autres corps tant organiques qu'inorganiques.
2. La raison aussi peut le démontrer : car tout a-ent a-it toujours pour une fin (Ontol., n. 176) ; donc Dieu, cause efficiente du monde, s'est proposé une fin dans sa création, et par conséquent a dû assigner à chaque chose une fin spéciale
o14 COSMOLOGIE
II. — Cette finalité est dans les c/ioses elles-mêmes : c'est la tendance même de chaque cause efficiente vers son terme. En effet, là où il y a une tendance habituelle à agir d'une façon plutôt que d'une autre, il y a vraiment finalité ; or cette tendance se retrouve dans chaque nature, et elle est intrinsèque aux agents eux-mêmes: il y a donc vraiment en eux une finalité.
h' expérience prouve la mineure : par le seul fait que les créatures agissent selon leur nature propre, elles le font d'une façon déterminée, et si on les en écarte, elles y reviennent aussitôt. C'est ainsi que, parmi les matières inorganiques, les cristaux tendent toujours à conserver leur forme propre ; de même, l'organisme vivant tend à se développer, à réparer ses blessures, à refaire ses membres, ou à reproduire le type primitif (loi du retour), s'il a été défiguré.
La même mineure se trouve confirmée par la raison : car il n'y a aucun motif de chercher une autre cause de cette finalité que la nature même, alors surtout que la notion essentielle de nature suppose cette finalité: « Celui qui dit que la nature n'agit pas pour un but, dit S. Thomas, détruit, la nature, et tout ce qui est selon la nature. »
136. Quelle est la fin générale de la nature ? Thèse La fin dernière de la nature ne peut être uniquement le bien de la société humaine; cest la gloire, de Dieu.
I. — Ce n'est pas uniquement le bien de la société humaine. Ceci va à rencontre de certains sociologiques contemporains, qui
disent que l'humanité, prise individuellement ou collectivement, est la fin dernière du monde physique.
Preuve. — Dans la création, la Cause efficiente de l'humanité fut consciente, ou inconsciente. Dans le premier cas, elle a du se proposer sa propre gloire, autrement elle n'aurait pu aToir une fin digne d'elle ; dans le second cas, elle n'a pu se proposer comme fin dernière le seul bien de l'humanité, car uu agent inconscient ne peut se proposer aucune fin ; donc, dans lun et l'autre cas, le seul bien de Ihumanité ne peut être dit cause finale de toutes choses.