‹ Cours de philosophie scolastiqueChapitre 48 sur 291 · Omne corpus non est grave = nuUum corpus est grave · texte numérisé non relu

Omne corpus non est grave = nuUum corpus est grave

3. Ao/i omne corpus non est grave = aliquod corpus est grave.

B. — Il est clair que la langue française ne comporte pas toujours de semblables constructions. Soit la même proposition : Tous les corps sont pesants.

On la rendra bien équivalente à sa contradictoire et à sa contraire :

, ( Ce ne sont pas tous les corps qui sont pesants )..,,,

1. i ,, , . V ' , \ equipollentes. ( 11 y a des corps qui ne sont pas pesants ) '

( (Tous) Los corps ne sont pas pesants ) . ,, .

2. ^ ., , , •; . ( equipollentes. i Nul corps n est pesant ) ' ^

Mais, dans le premier exemple, ce n'est pas sans périphrase que l'on y réussit, et dans le second, ce n'est que par une suppression, si l'on veut éviter l'équivoque. Quant à la rendre équivalente à sa subalterne, le génie de la langue s'y refuse absolument, comme le logicien de Port- Royal l'a remarqué : « Je ne dis rien de la résolution des propositions en un même sens, parce que les règles ne sont pour la plupart vraies qu'en latin. »

§ III. — Conversion des propositions.

89. Conversion des propositions; sa définition; ses espèces.— A. — La conversion se définit: L'inversion ou transposition des extrêmes, du sujet en prédicat, ou du prédicat en

sujet, sans changement de sens ni de qualité, ex. : aucun ange n'est homme, aucun homme n'est ange. Il y a dans ces propositions : {"Inversion des extrêmes : ange, homme ; — 2° Le sujet de l'une devient attribut de l'autre ; — 3° La qualité est la même : toutes deux sont, en effet, négatives ; — 4° Le sens est aussi le même : l'une comme l'autre affirme que l'ange n'est pas un homme.

R, — Cette conversion s'opère de trois manières : simplement, par accident, ou par contre-position. Les deux vers suivants indiquent les propositions à convertir et les règles à suivre :

Simpliciter fRcI convertilur ; EvA per accid (ens) AstO percontrap (ositionem) ; sic fit cnnversio tota. 90. Règles de la conversion. — D'après ces règles : 1" Dans la conversion simple (E et I), dite aussi parfaite, on doit conserver la quantité ou extension du sujet, ex. : quelque homme est savant ; quelque savant est homme (les deux propositions sont particulières), — aucun ange n'est homme, aucun homme n'est ange (les deux sont universelles).

2" Dans la conversion imparfaite ou par accident (E, fit A) la quantité de la proposition change, et le sujet d'universel devient particulier, ex. : tout homme est raisonnable ; quelque être raisonnable est homme, — ou encore : aucune matière n'est spirituelle ; quelqu'être spirituel n'est pas matière.

3° La troisième conversion, dite par contre-position, est fort peu naturelle. Ici, en effet, les termes préalablement bien définis, deviennent indéfinis en vertu de la négation qui les affecte. Ex. : tout homme est animal ; tout ce qui n'est pas animal n'est pas homme.

Remarquons aussi qu'une universelle affirmative (A) se convertit simplement si, en raison du sujet ou de la matière, le prédicat est pris dans toute son extensinn, comme cela a lieu dans les définitions ; ex. : tout homme est animal raisonnable ; tout animal raisonnable est homme. Mais en soi, une pareille conversion n'est pas légitime. Ainsi, par ex. : les transformistes disent ; les descendants du singe doivent avoir un cerveau peu volumineux ; mais ils convertissent à tort la proposition : les hommes ([ui ont un cerveau peu volumineux doivent être des descendants du since.

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