Utilité pratique de la théorie des propositions
La doctrine que nous vi'iions d'exposer sur les propositions a une certaine importance, à un triple point de vue.
A. — Considérée en f/énérol, elle est utile, sinon nécessaire, à l'exercice de l'esprit, — ù la précision rigoureuse du sens des phrases, — h la distinction des sens équivoques, — et partant à la réfutation des sophismes.
Aussi ce n'est pas sans un grami flomniag:e que la philosophie moderne la néglige. « H est à remarquer que, depuis soixante-dix ans, il n'y a pas eu en Europe un siècle aussi ig-norant que le nûtre sur l'article des formes de la raison : ce m(';me siècle est le premier qui ait produit une école de philosophie niant les formes de la raison. Se peut-il qu'il n'y ait pas là un danger ? » (Gratry).
R. — Si l'on considère sjoécia/emen/ les règles de l'opposition des propositions, rien de plus fréquent que leur application, soit en Théologie, soit en Philosophie. — Souvent la vérité ou la fausseté d'une proposition est déduite de la vérité ou de la fausseté de sa contradictoire. Ainsi cette proposition : « La raison humaine est l'arbitre unique du vrai et du faux, du bien et du mal », — et autres semblables, ont été condamnées simplement par l'Eglise, ou condamnées comme hérétiques, fausses, impies et pernicieuses. En conséquence, ce sont les propositions contradictoires qui doivent être considérées comme l'expression de la vérité, et nullement les propositions contraires, subalternes ou sous-contraires, (ielles-ci, bien que la proposition opposée ait été condamnée, n'en demeurent pas moins librement discutées (n. 133).
C. — On déduira aussi de ce qui précède ht tliêorie de tinférenre immédiate ; c'est une des plus en usage.