La thèse et la conclusion de la démonstration
A. — La vérité dont on entreprend la démonstration s'appelle proposition, thèse, question, position, théorème ou problème, jusqu'à la fin de l'argumentation. Ex. : Dieu existe par lui-même. — Or il faut qu'une thèse ait deux qualités :
a) Dans son expression, elle doit énoncer tout ce qui est à prouver et rien que cela, c'est-à-dire avant tout le sujet et l'attribut, qu'il faut définir, et au besoin diviser par parties. Ainsi, dans l'exemple cité, on doit dire ce qu'est le sujet de la proposition, ce qu'est l'attribut et dans quel sens on doit le rapporter au sujet ; ex. : Dieu, c.-à-d. la cause première ; existe par lui-même, c.-à-d. n'a besoin pour exister d'aucune cause. Ce sont là des notions préliminaires absolument nécessaires.
b) En elle-même, la thèse à démontrer ne doit être ni évidente, ni indémontrable, autrement toute démonstration deviendrait inutile ou impossible. Telles seraient les propositions comme celles-ci : la terre existe ; il y a des habitants dans les astres.
B. — Quand l'argumentation est finie, la thèse s'appelle conclusion. La conclusion n'est autre chose que la thèse contenue dans les prémisses certaines et logiquement déduite de ces prémisses. Elle emprunte donc sa force à ces prémisses et elle participe à leur nature. Ainsi :
PUKMIKRE PAHTIF, OrALECTIQUE lU.)
a) Dans tout syllocrisnio dont la majeuro est un axiome proprement dit, ou une vrrité a priori, et la mineure une vérité de fait, on a toujours une conclusion absolument vraie. Tel est le cas de l'exemple suivant : il n'y a pas d'effet sans cause ; or le monde est un effet ; donc le monde a une cause.
b) Dans tout syllogisme dont la majeure est unevérih'- d'expérience et la mineure une proposition particulière, la conclusion n'est ni nécessairement, ni métaphysiquement vraie. Ex. : Un mort ne ressuscite pas ; or Lazare est mort ; donc Lazare ne ressuscite pas.
L'argument sera donc métaphysiquement, physiquement, ou moralement, absolument ou hypolhétiquement vrai, selon la nature des prémisses (n. 78).