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Quels sont les questions et les lieux dialectiques

A. — Une question dialectique est celle qui doit être résolue par des arguments probables. Les questions dialectiques généralement traitées se ramènent a quatre : en effet, nous nous demandons quatre choses en présence d'un objet: s'il est, c'est-à-dire son existence; ce qu'il, est, ou son essence ; comment il est, ou sa qualité ; où il va et d'où il vient, c.-à-d. sa fin et son origine.

B. — Les lieux dialectiques sont les sources d'où, se tire le plus habituellement l'argument probable. Ces lieux sont innombrables ; sans parler,

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en elM, de rcnlliyméiue et de répichérème dont se sert Aristute dans l'arë-umenlation prohnble, les philosophes et les rliéteurs qui ont parle des topiques en énuinèrent un grand nombre. Les uns en donnent dix. d'autres douze, d'autres davantage, Cieéron veut qu'on tire des arfrunienls de la définition, de la division, du genre, des contraires, des causes, etc. Ajoutez-y les pruposiliom générales (pie loul le monde accepte, et qu'on nomme maximes : chacune d'elles est une source abondante de propositions, qui peuvent servir de principes d'argumentation. Il n'est pas nécessaire de parler ici de tous ; il suffira de traiter des trois principaux. Une chose peut paraître probable parce (|u'elle ressemble à une chose analogue, ou (jue, gr;'ice à une hypothèse, elle rend raison des faits bien constatés, on ([u'enfin elle est conforme au témoignage de beaucoup d'hommes, surtout de ceux qui sont versés dans la question. Il y a donc trois lieux dialecti(|ues : V analogie, V hypothèse et Vautorité du témoignage . Nous parlerons plus loin du témoignage (n. 232) : traitcms ici des deux autres.

§ II. — De l'Aiialoyu' et de t Hypothèse '.

153. Courte théorie de l'analogie. — 1° Notion. — L'analogie esl une arguniciifatioii dans laquelle on déduit la convenance d'un attribut pour un sujet de sa convenance avec un sujet semblable ; ex. : nous constatons que l'animal pousse des cris plaintifs, lorsqu'on le frappe, comme l'enfant, et de là nous inlérons qu'il est capable comme lui d'éprouver de la douleur, et qu'il a la vie sensitive.

2"' Fondement. — Elle s'appuie sur la ressembkuice indi- ([uée, mais en dernière analyse sur ces principes : Des choses semblables produisent des effets semblables ; Des choses semblables sont (/ouvernées par des lois semblables, etc.

3° Utilité. — L'analogie est donc une induction incomplète, et comme telle ne saurait donner la certitude absolue. Elle a pourtant une utilité très réelle, surtout dans les sciences naturelles, oîi parfois elle confère le maximum de probabilité, voire même une certitude morale, si la ressemblance est parfaite.

4° Règles. — toutefois, la naleur de l'analogie est proportionnée aux degrés de 7'essemblance que l'on a constatés. Il iie faut donc ni trop la restreindre, ni trop l'étendre ; ainsi il ne

1. E. Navilie, Im, Logique de l'Hypothèse. — Boirac, Cours de Phil., p. à50 et 'J56. — Rabier, Log., chap. xii et xiv. — Fonsegrive, Log., leç. 13% u" Vil ; ler.di, n» XI.

Pini.u5.ji'iiit:, - Tome I ^

faut ni refuser la sensibilité à l'animal, parce qu'il diffère de l'homme, ni lui accorder l'intelligence, parce qu'il a quelque ressemblance avec lui.

154. Courte théorie de l'hypothèse. — i° Notion. — L'hypothèse oti supposition est une proposition dont la vérité îi'est pas encore démontrée, mais que ton considère comme vraie, parce qu'elle explique facilement une série de faits bien constatés. Une argumentation, dont une prémisse est hypothétique, se formule ainsi : si cette cause existait, elle produirait tels effets : or ces effets sont produits ; doue cette cause existe.

2° Fondement. — L'hy])othèse s'appuie sur ce principe : Rien n'existe sans raison suffisante. Et, comme ce principe lui-même, elle devient certaine , passant à l'état de thèse, quand il est clair que cette hypothèse est la seule à donner une raison suffisante des phénomènes qu'il s'agit d'expliquer.

'ii" rtilité. — Aussi cette argumentation est-elle très utile soit au commencement, soit à la fin. des recherches, dans l'étude d'un phénomène. 1° Au commencement, elle provoque l'esprit à faire de nouvelles recherches. 2" A la fin, l'hypothèse supplée à la certitude, qui bien souvent fera toujours défaut. Il faut toutefois éviter avec soin de prendre, comme font des modernes, une simple hypothèse pour un système certain, voire pour la science elle-même.

40 Règles. — Voilà pourquoi l'hvpothèse doit se conformer aux règles suivantes, sous peine de devenir dangereuse.

l'"^ Règle. — Elle ne doit renfermer rien d'impossible, car une absurdité ne saurait être cause.

2' Règle. — Elle ne doit pas contredire des principes par ailleurs certains, car une vérité ne saui'ait jamais contredire une autre vérité.

3'' Règle. — Elle doit expliquer tous les phénomènes dont il s'ayit. Autrement elle serait inutile ou insuffii*ante*

ARTICLE IV

De l'Argumentation scolastiqUei

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