Nature des motifs de certitude: leurs espèces
A. —On appelle motif de certitude tout ce qui une fois connu, et en tant que connu, pousse à adhérer fermement au vrai. — 1° C'est tout ce qui est îi ne fois connu: les raisons objectives, qui enlèvent l'assentiment de l'esprit, peuvent en effet être nudtiples. — 2" C'est tout ce qui meut en tant qu'il est connu : car l'intellect peut être mù de deux manières : par la volonté d'abord, procédant du dehors, qui exerce sur lui son empire, mais ne saurait être un motif de certitude ; par l'objet ensuite, dont l'évidence peut faire impression sur lui, et déterminer sa certitude. — ."ÎJ" Enfin, c'est ce qui pojisse l'esprit à adhérer fermement au vrai. Un motif de certitude est donc ce qui exclut le doute et l'opinion : il doit avoir une connexion nécessaire avec la vérité.
B. — 1° Un motif est dit primaire ou secondaire, selon qu'il est connu par lui-même directement ou par un autre. — 2° Un motif est, en outre, universel ou particulier, suivant qu'il est commun à toutes les espèces de certitude, ou particulier à quelques-unes. — 3° Un motif enfin e^i prochain ou dernier : s'il est prochain, il n'est pas la raison ultime, mais se ramène à un autre ; s'il est dernier, tous les autres se ramènent à lui et tirent de lui leur valeur.
Le motif de certitude à la fois primaire, universel et dernier, s'appelle motif sujn-ème.
192. Y a-t-il un motif suprême de certitude? — H est clair que la certitude a un motif, puisqu'elle existe. D'autre part, nous prouverons plus loin que ce motif n'est pas unique, mais qu'il se différencie avec chaque espèce de certitude. Ici
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nous jivoiis à chercher si tous ces motifs ont quel([ue chose de coiniiuiii et se ramènent à un motif dernier. TnksE //// a un inolif unique et dernier de ceriilude.
l'reare. — Dans toute vérité, dans toute cei'titude également, on trouve quelque clwse de commun. C(^ (|uel([ue chose est le motif suprême et dernier de certitude. I?ai- conséquent, il y a un motif suprême ou universel de certitude.
Preuve de la majeure. Dans toute véritt'' il doit y avoir un signe caractéristique qui la distingue de l'erreur ; dans toute certitude il doit y avoir également une raison qui fasse exclure le doute. Or la marque distinctive de la vérité, c'est précisément la raison qui exclut le doute de toute certitude. Il y a donc quelque chose de coniniuu à la connaissance du \rai et à l'assentiment de l'esprit.
Preuve de la mineure. Cette dernière et commune raison, qui tout à la fois distingue la vérité de l'erreur et exclut le doute de toute certitude, c'est ce ([ue nous avons déilni plus haut le motif dernier et suprême ; donc ce motif existe réellement.