‹ Cours de philosophie scolastiqueChapitre 8 sur 291 · DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

DE LA PREMIÈRE ÉDITION

Depuis que la Philosophie scolastique s'est enfin déridée à sortir de ses cénacles et à parler la langue nationale, — celte belle langue française à laquelle les philosophies rivales, de Descaries à Kanl, doivent leur popularité, — le succès qu'elle a obtenu en moins de vingt années, a dépassé toutes nos espérances. Les ph ilosophes contemporains, plus ou moins pénétrés de positivisme, d'agnosticisme, de criticisme, d'idéalisme, et autres variétés du scepticisme à la mode, ont d'abord prêté l'oreille avec une curiosité de diletlanti ; puis, pressés par ce besoin impérieux de penser et de vivre, que l'angoisse du doute aiguise encore davantage, ils ont consenti à nous accorder une attention sérieuse, et même à faire de tes antiques leçons de l'Ecole l'objet de leur étudi-.

Cet amour sincère de la vérité a plus d'une fois été récouipen.sé. Nous avons vu des esprifs d'élite, qui après avoir traversé Kanl, soulTert du positivisme .et du pessimisme, désespéré de la confusion actuelle des idées cl des langues, après avoir assisté à la banqueroute d'une science qui avait témérairement promis de remplacer la morale et la religion dans la direction de la vie ', — ont fini par découvrir dans celte antique philosophie si oubliée, une source de rajeunissement ouverte à la pensée contemporaine.

Ce qu'ils ont aimé et admiré dans cette philosophie, c'est assurément sa méthode rigoureuse et vraiment scientifique, qui donne toujours au fait le pas sur l'idée ; sa vaste synthèse belle et puissante comme une armée rangée en bataille ; ses détails d'analyse d'une richesse et d'une finesse étonnantes ^ ; c'est encore la cor-

!. « La science ne vaut qu'en tant qu'elle peut remplacer la religion... La science est une religion. » Renan, L'avenir de la science, p. i'S, 108.

i. M. Boulroaic a reconnu que cette pliilosophie du moyen âge était « si complète, si précise, si logfique, si forleinent étaMie dans ses niDindres détails, qu'elle semblait constituée pour l'éternité ». Elitiles d'kist. de la phil.. p. 200.

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