La conscience est îm critère intuitif de vérité
I. — Cest un critère. On ne saurait révoquer en doute ce que prouve une expérience constante et universelle, dont la négation serait la ruine de toute certitude ; or, d'une part, une expérience constante et universelle nous dit que non seulement l'àme sent et pense, mais sait avec certitude qu'elle sent et pense ; d'autre part, si le sens intime n'est pas vrai, aucune certitude n'existe plus pour nous. On ne saurait donc révoquer en doute le témoignage de la conscience, sans tomber fatalement dans le pyrrhonisme absolu.
II. — (^est un critère intuitif. Il faut regarder comme moyen intuitif de certitude celui qui est assez évident pour n'avoir besoin d'aucune démonstration, et pour ne pouvoir même être ni attaqué, ni démontré. Or tel est le témoignage de la conscience.
1° Il est évident par lui-même. Cette proposition, par ex. : je sais, que je pense, n'a besoin d'aucune démonstration.
2° // ne peut être démontré., puisque toute démonstration suppose ce témoignage ; la démonstration, en eiïet, est une opération de l'intellect qui passe d'un jugement à un autre ; or cette opération est impossible, si la raison ne peut revenir sur ses actes par la réflexion ou conscience.
.3° // ne peut être attaqué. Pour attaquer le témoignage de la conscience, il faut au moins être sûr de l'existence de son doute, mais est-il possible de connaître l'existence de son doute sans croire au témoignage de la conscience ?
Remarquons contre les Cartésiens que de ce fait, «.je pense», on tire, non pas par un raisonnement, mais immédiatement, par une simple analyse, la connaissance de son existence. Dire : je pense, c'est dire : je suis pensant : se percevoir comme pensant, c'est se percevoir comme existant : l'exislence du sujet pensant est essentiellement contenue dans le fait de la pensée.
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