La liberté existe dans l'homme, — ou n'e.xiste pas
4. Il y a une cause nécessaire de l'univers, — ou il n'y en a pas. La solution de ces antinomies, d'après Kant, est tout entière dans
la négation de la réalité objective des objets pensés à propos desquels on discute. L'objet une fois enlevé, l'antinomie entre lui et l'esprit humain n'est plus qu'apparente.
D'où 2" la formule du scepticisme subjectiviste : « Nous ignorons complètement ce que peut être la chose en soi (noumène). Nous ne connaissons que notre manière de nous la représenter (phénomène). « La « vérité ne consiste que dans l'accord de nos idées entre elles. » « Notre « science demeure..., mais c'est une science qui n'est pas sue. » 212. Que penser de la valeur objective de nos idées ?
Thèse i La iHtleti)- objective de nos idées se pt^ouve non directement,
mais indirectement.
A. — ;Vo/^ directement. — Celui qui tenterait une démons-
SFXONDE PARTIE, CRITIQUE 10 t
tration directe, se servirait d'idées reconnues pour objectives ou non objectives ; dans le premier cas, il ferait une pétition de principe ; dans le second, l'argumentation serait sans force ; rette démonstration n'est donc pas possible.
R. — Main indirectement. — Cela ressort de trois manières :
1" De l'origine des idées. Comme nous le prouverons en Psyibologie, c'est l'abstraction s'exerçant sur les objets sensibles, qui fournit les idées. Les idées sont donc aussi objectives que les données sensibles où on les a puisées (n. 200).
2' Le sens intime fournit la confirmation de notre preuve. Pour lui la loi d'objectivation ne fait aucun doute, et la valeur objective de nos idées de cercle ou de triangle est de toute évidence.
3" L'opinion contraire conduit à des conséquences inadmissibles. Nier l'objectivité des idées, c'estallerau scepticisme absolu ; une fois admis que les idées sont dos formes purement subjectives de l'esprit, il devient impossible de jamais rien savoir des objets. L'intellect, informé par de telles idées préconçues, no pourrait acquérir la connaissance d'aucune vérité ; et il serait vrai de conclure avec Rabitu* : « Nous sommes forcément enfermés dans nos idées, réduits à nos idées » ; puisque nous n'atteignons que nos idées.
TlIKSK II