Ce qu'est le Mennésianisme; ce qu'il faut en penser
De Lamennais a placé dans le consenfenirnt universel la. règle unique de cei'titude, et posé ainsi de nouveaux fondements au fidéisme. Ce philosophe distingue deux certitudes : l'une rationnelle ou de droit ; l'autre instinctive ou de fait. Il v a également, d'après lui, une double raison : la raison générale et la raison individuelle ; celle-ci donne la certitude ins-
tinctive : la première seule donne la certitude rationnelle.
La raison individuelle qui doit se rencontrer dans tous les hommes, même les plus ignorants, ne peut, en effet, conférer la certitude de droit. Cela se prouve : 1° par l'autorité des sceptiques anciens et modernes ; 2° par de nouveaux arguments de Lamennais.
Pourtant comme le doute universel contredit la raison, malgré nous la nature nous impose la certitude : poussés par la nature, nous tenons donc pour absolument certaines nombre de vérités, même si leur vérité intrinsèque n"a pas été démontrée. Fne telle certitude s'appelle certitude de fait.
Or. parmi ces vérités reçues avant toute démonstration, on trouve en première ligne V existence d'un Être suprême. Cette première vérité ne jouit que d'une certitude de fait, mais comme les arguments physiques, métaphysiques et moraux, apportés par les auteurs, tirent un caractère probant du consentement universel, grâce à ce consentement, la certitude devient une certitude de droit. Cette certitude s'explique ainsi : lors de la création. Dieu a dû révéler toutes les vérités nécessaires à l'intelligence : ces vérités sont transmises dans la société par la parole ; le témoignage du genre humain est donc le moyen qui nous fait connaître la parole de Dieu : son autorité est infaillible et divine : c'est le fidéisme absolu.
Thèse