COUSIN
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me Hi&TOiU DE L» pnrtoSOPHE.
teaàmt des événeiDenteett dans le temps, toa> n'avei jat , d'un c4té , l'idée de sueceanon , de l'autre, l'idée <le tenpR ; tous n'avea qu'on seul terme , aartrir , la Hccesuon des é*ëDemenis, «oitdet ëvénements eitêrieuM, soit des évéuements iotérieura , de nos sensations , ou de DOS pensées , ou de nos actes ; et ce seul larme donné , sans le comparer au tempi qui tous est encore prolbndémeni inconnu, TOUS jugez que la succession des événements est nécessairement dans un temps: deUl'idée, la consaisBancedu tempe. Ainsi cettecon* naissance, loin d'être le fruit d'une comparaison, ne devient la base possible d'une comparaison ultérieure qu'k eeiie condition, qn'il vous aura été donné d'abord dans - un jugement, lequel ne portepasEurdeuxlerraes, raaiv Mir UD seul, savoir, la succeBsion des -événements {t). . Ceb est encore plus évident pour l'inËni. Si nous coDuaissons l'intim , nova devoDS le coon^re , dans la ibéorte de Locke , par mijwgemeateïparun jugement comparatif; or lesdeuxterraesdece jugementnepeavcntpasâtre deus termesfinisquijaniaisnepaurntieDt donner l'infini; il faut que ce aoit le fini et l'infini, entre lesquels l'entendement découvre un rapport de convenance ou de disconvenance. Hais je croie avoir dé> iBontré. et je n'ai bescin quede le rappeler ici, qu'il suffit que l'idée du lîninoue eoit donnée, pour qu'àrinstant («) noue jugions que l'infini existe , ou , ponr ne pat dé-
IjnMerlesliniiesiIaaaleMtuelksaoïitMBiiDcgfeHét^t), l'isfiBi est un cmetère da tempi et de l'espace qmt noai coBcevoAS néceMairemeat à l'oocasHin du ctrjuXtee contHi^^t et fini des corpi et de toute nceeMioD d'évéBWMoti. L'entendement est ami fait, qu'i l'ocoaura de l'idée du fini , il ne peut p» ne pas coacevoir l'idée de l'infini. Le rMHeBtcumtHpréalaMeiiMat; maîkileu connu tout seul : le fini eit eoonn diieciement par let ■eas ou la cooscience ; l'inêai est invisjble, insaisistable ; il n'est que concevable et comprébeMible ; il éiAapfw ani sens et à la cwscience et ne tombe qoe «ous r«n> lendement ; il n'est Di un des lerœee prialtUes , ni k fruit d'une eoaaparaison ; il nout est donné dans un jugement qui porte sur une seule base , savoir , l'idée. 4b fiai. Voilà pour les jugements qui regardent l'eKi»tence en général.
Il y a même beaueoop d'autrei jngements qei ^ taira se rapporter à l'existence , présentent le mtoe raracr tère. Je me b<»-BerEii à tous citer les jugenenis du biea et du mat , du beau et du laid. Dans l'un et l'autre cm, le jugea^rat porte sur use seule donnée, sur un senl tenae, et c'est le jugement lui-isime qui fait l'aiiire terme, au lieu de résulter de la comperaison antérieure des deux.
Selon lu théorie de Locke , pour juger si uae action eu juste ou injuste, bien ou mal laite, il faudrait avoir d'abord l'idée de cette action, puis l'idée du
(It Leçon 18..
jiBle d de l'injosM , et comparer l'um k l'antre. Hais pour coufronter un fait aveo l'idée du juste et de l'injoste , il faut avoir cette idée , cette counaissauce , et celle GOnnainance suppose uo jugement ; la question CM de savoir d'où vient et commeut se forme ce jugeaieni. Or nous avons vu (i) qu'en présence de tel ou tel bit, destitué ans yeni des sens de tout caractère moral, l'entendement est constitué de celte sorte , qu'il prend l'iniiiaiive , et qualiSece fait, indifférent pour la •ensibililé , dejusleet d'injuste, de bon ou de mauvais. C'est de ce jugement primitif, qui sans doute a sa loi, que pins tard t'analyse tire l'idée de juste el d'injuste, laquelle sert ensnile de règle expresse i nos jugements 'Ulténenn.
Les formes des objets ne sont pour le sens externe ou interne ni belles ni laides. Olez-l'intelUgence , M il n'y a plus de beauté pour nous dans les formes exlérienres et dang les choses. Qu'esl-ce , en effet, que les sens vous apprennent des formes? Rien, sinon qu'elles soûl rondes ou carrées , colorées , etc. Qu'estce que la conscience vous en apprendT lUen, sinon qu'elles vous donnent des sensations agréables ou désagréables ; mais entre TagréaUe ou le désagréable , le carré ou le rond, la couleur verte on jaune, etc., et le beau ou le laid , il y a un abîme. Tandis que les sens et la conscience perçoivent telle ou telle forme, tel on tel sentiment plus ou mtuns agréable, l'entendement
(l}I«ian90>.
VUm-QlUTBliniB LEÇO!). Ml
eoBçoil le beau, comme le bien , comme le vrai , par an jngemem primitif et spontané doot toute la force rende dans celle de l'enteBdement et de ses lois , et dont l'UDiqae donnée est une perception eitérienre. Je crob donc, mettieurs, avoir démontré , et trop longnement peat-ètre, que la théorie de Locke, qai fait reposer la connaissaocesur laoomparaisoD , c'estï4ire , sur deui. termes connus préalablement, ne rend pas compte du vrai procédé de l'entendement dans l'acquiiitioD d'une foule de connaissances ; et en général , je reproduis ici la critique qne j'ai faite cent fois à Ijocke , de confondre toujours on 1m antécédents d'nneconoaissance avec cette connaissance elle-même, comme lorsqu'il a confondu le corps avec l'espace , la succession avec le temps , le fini arec l'infini , l'effet avee la cause, les qualités et leur collection avec la Bubeiance ; ou , ce qui n'est pas moins grave , les conséquents d'une connaissance avec cette connaissance etle-mime. Ici, par exemple, les jugements comparatUs en ce qui concerne l'existence, et mSme dans d'autres cas, sont des jugements ultérieurs qui exigent deni termes, lesquels exigent un jugement préalable fondé sur un seul terme, et par conséquent non comparatif. Locke confond ici la classe des jugement» comparatifs ultérieurs avec celle des jugements primitifs non comparatifs, qu'il néglige entièrement, tandis que c'est précisément cellt-là qui ]ffécède, fonde et autorise l'autfe. Lesjngements comparatifs supposent des jugementsnon ctnapaniiis. LesjugemeitlscoinparatiiBBmitabetraitaet
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■ai^potant des jugenenu réeb ; îla u'appnaDent g«èr« que ce que les pnmiera avaient déjà apprU ; ils niarqueDt eiprcMéisent ce que les aiuret enaeigaent Ucélâmeot, mail louverainement ; ils aoni arbitraires, au moini dang la forme; les autres sont nniveraets et nécessaires ; ils ont besoia du attcoura des langues ; les autres, à la rigueur, se passent du lapgage, de tous «ignés convenUonDela , et ne sappoeeot que Tenleodement et ses lois ; ceos-ci apparlienneat à la réflexion et à la logique artificielle; ceux-là consiiiueot la logique naturelle et cutanée du genre humain : confondre ces deux classes de jugements, c'est vicier à la fois toute la psjcbologie cl toute la logique. Cependant une semblable confusiou remplit une grande partie du quatrième livra de VEtiui tur l'entendemttu
Je vais parcourir rapidement les différents points fiHidamentaux dont se compose ce quatrième livre , etvous verrez que sur la plupart nous retrouverons loojonrsla même erreur, les résultats des jugements confondus avec les jugements eux-mimes : cette critique l'adresse directement au cb. vu' sur les axUmtt.
Si je me suis fait bien comprendre dans ma dermère leçon , il doit vous âtre évident quC' les axiomes, les principes , les vérités générales sont des déliris de propositions , qui elles-niémee sont des débris de jugements primitifs. H n'y a pas d'aïiomei dans le premier développementde l'entendement; il y a un entendement qui , certaines conditions extérieures ou intérieiirat
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vu«T-«BAi«iÈaB havm. «as
aooaiB|>liH. cl à l'aide de >es lois pt^pres, porUi cepiah» jugeoieiU, quelqnefoù contingeats et locaas, i|nelqne< fois universeU et oécesMires : oes derniers j a geni en u, qDand <» opère sur eus par Tanalyse et le Isngage , as TÉsolvent, comme les antres, en propoùlions ; ces proposition* anivenelles et nécessaires , comme tes jngements <|u>llee expriment , sont ce qu'on appelle des auomes. Mais il est clair qu'autre chose est la fonne des jugements primitifs, autre cbege celle de ces mêmes jugemralB rédoils en propoatioiMet eaaxiomet. D'abord concrets , particnliers et déterminés , quelque force d'universalité et de Décessité qoi soit oaiurelle-. ment en OUI, le langage et l'analyse les élèvent à cette forme abstraite qui est la forme actuelle des axiomes. Ainsi, primitivement, tel phénomène étant sous l'œil de votre ciHiscience , vous le rapportez insiinciivemeM à unsojetqni est vous; au contraire, snjourd'bai. an lieu d'abandonner votre pensée à ses lois , vous les lui rappelex, vous la soumettez à l'aniome : loDt phénomène suppose un sujet auquel il se rapporte; et à ceux-ci : tonte succession suppose le temps, loulcorps ■appose l'espace, tout efTet soppose une cause , tout fini suppose l'iaKni, etc. Remarquez bien que ces axiomes n'mt de force que celle qu'ils empruntent aux jugements primitifs d'où ils sont tirés. Ce sont les jugements primitifs qui nous donnent toutes nos connaissances réelles et fondamentales , la connaissance de nous-mêmes , la connaissance du monde , la connaissance du temps , la conoaissance de l'espue, st
même , je l'ai montré dans ma dernière leçon , la con- BflMaDce de la graitdeiir et celle de l'unilâ. Mais, quant aux asiomea , il D^ea est pas ainti ; vous D''acquérez aucune connaissance réelle par l'application de l'axiome ; tout effet suppose une cause. C'est te philosophe, ce n'est pasThomme qui se sert de cet axiome. Le pfttre , le paysan , l'homme da peuple , ne le connaissent pas; mais tous, aussi bien que le philosophe, sont pourvus d'un entendement qui leur fait porter certains jugements , ooncrels, positifs et déterminés, bien que nécessaires et par conséquent gênéraas, dont le résultat est la connaisBance de telle ou telle cause. Je le répète, ce sont les jugements et leurs lais quiproduisenlloutes les connaissances ; lesaxiomes ne sont que l'expression analytiquedeces jugemeaisetdeces lois, dont ils présentent les derniers éléments sous leur forme la pins abstraite. Pouf Locke , au lieu de s'arrêter dans ces limites , il prétend que les axiomes ne sont d'aucun usage (ib. §2),etqu'tlsne«ont pas les principes des sciences; il demande avec assez de hauteur qn'cm lui montre une science fondée sur les axiomes : < Je n'ai I point eu jusqu'ici , dit-il , le bonheur de rencontrer < quelqu'unedecessciences,moinsencored'en trouver
• une qui fût fondée sur ces deux axiomes : Ce qui e$t,
• M( ; et : Il est itapoetible qu'une même thon loit «I
• ne toit pat en mA»« tempi. Je serais fort aise qu'on t me montrât quelque science fondée sur ces aiiontes
• généraux ou sur quelque autre semblable, et je
• serais bien i^ligè à quiconque voudrait me fûre
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TineT-QciitTRifen lkçoh. aos
f voir OD eiwemble ou un système de connaÎMaocec I ayant pour base ces mêmes axiomes ou quelque
< autre de cet ordre , duquel on ne pulue fairs voir
< qu'il 8e (ouii^it aussi bien sans le secours de eea
< axiome*, i Oui , sans douie , les aiiomes, sons leur forme aduellâ d'axiomes, n'oot engendré aucune science ; mais il n'est pas moins vrai que ce sont enx qni , à leur source et sous leur forme primitive , c'ett^ Wire dans les loû des jugements naturels d'oft ils sont liwés , ont servi de base i toutes les sciences. De plus, si dans leur forme actuelle ils n'ont fait et ne peuvent faire aucune science et s'ils ne donnent aucune vérité particulière , il faut reconnaître que sans eux aucune science, aucune vérité , ni générale ni particulière, ne subsiste. Essayez de nier les axiomes; supposez, par exemple, qu'ilpeut y avoir une qualité sans un sujet, un corps sans espace, une succession sans temps, un eSét sans cause , etc. ; avisez-vous de faire abstraction des axiomes dont Locke se moque de préférence, savoir, ce qni est, est , le même est le même : c'est-à-dire faiteg abstraction de l'idée de l'être et de l'identité, c'en est hit de toutes les sciences , elles ne peuvent plus ni avancer ni se soutenir.
Ijocke prétend aussi (ibid., §9) que les axiomes ne sont pas les vérités que nous connaissons les premières. Oui, sans doute, encore une fois, sous leur forme actuelle , les axiomes ne sont pas des connaiMance* primitives ; mais , sous leur forme réelle , comme lois attachées à l'exercice de l'entendement et impliquées
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9*0 BI6TMBE DB LA PHH.0S0M1E.
daDS DOt jugemebla, ils tODt ti bien priimtifi que uni eux aucune coanaÎMance ne peut être acquise. Ils ne aoat paa primilifi eo ce eeu que ce soient let premières vérités que noos eoonaisaions; mais en ce sens que sans ceUes-ll nom n'en pouvons connaître aucune. Ici rerient encore la confunoo perpétuelle de l'ttfdre historique et de l'ordre l«%ique des connaissances hn~ maioes. Dans l'ordre chronoU^ue, nous ne commençons pas par cmnattre les axiomes , le» lois de notre entendement; mais tt^iquement, sans les auomes. toute vérité est inadmissible ; sans raciion inaperçue mais réelle des lois de la pensée, nulle pensée, nul jugement n'est ni légitime ni possible.
Enfin Locke combat les axiomes par un aliment ' célèbre, bien souvent renouvelé depuis, savoir que les atomes ne soatque des propositiana frivoles, parce que eesont des propOHÛons identiques (lAùi., g 2). C'est Locke quiamis, je crois, dans la langue pbilosophiqaa l'expression de proposition identique. E^le ligniGe an jugraieut, une proposiiion oii une idée est affirmée d'elle-même, oii on affirme d'une chose ce qu'on savait déjii d'elle. Ailleurs (ch-viii, dupropotitiotufrivoU* ; I S , de* propotitUmê idmtigiiet ) , Locke montre que les propositions identiques ne sont que des propositions purement verbales. > Qu'on répète tant qu'on voudra t que ce qui est un est on... que la volonté est la
< volonté... qu'une loi est loi... que l'obli^tioii est
< r<diligation... que le droit est le droit... l'injuste 4 l'injuste..., qu'est-ce autre chose que se jouer des
VINeT-DeATHifilfB LEÇON. lOT
( mots? 1— < C'est faire jugteEaent, dit-it, comme UD I singe qoi s'amuserait k jeter une huître d'une main i t l'antre, et qui, s'il avait des mots, pourrait sans doute 1 dire : L'huître dans la main droite est le sujet , et ( l'hunra dans la main gauche est l'attribut, et fonner 4 par ce moyen cette [mtpoeilion éTtdente : L'bollre • est l'hulire. > De IJi , U condamoaiion de l'axitune : Ce qni est, est, etc. Hais il n'est pas exact, n il n'est pas Équitable de concentrer tous les a tous les principes, toutes les vérités primitives et nécessaires à l'axiome , ce qui est , eit , le même est la mttat ; et aux exemples vains et bouffons de Locke j'oppose les exemples , les axiomes suivants que vont connaissez déjà : la qualité suppose le sujet , la succèssion suppose le temps, le corps suppose l'espace, le fiai supposerinfini, la variété supposel'nnité, le phéranuène suppose la substance et l'être ; en un mot, toutes les vérités nécessaires que plusieon leçons ont dû laisser dims vos esprits. Ij question est de savoir si ce sont lii des axiomes identiques. Que Locke sou^enne donc que le temps est rédoctiUe à la succession , on la succession au temps; l'espace au corps, on le corps i l'espace ; l'inlini au fini , ou le fini à l'infini ; la cause 1 l'effet , ou l'effet k la cause ; la pluralité k l'unité , ou l'unité k la pluralité ; le pbétKHaèse à l'être , ou l'être au phénomène, etc. Locke devrait le soutenir dau son système; mais il doit vous Mre asses évidenl maintenant que cette prétention , et le système sur lequel elle se fonde, ne souffrent pas les regards de ht raison.
103 BISTOIHE DB LIk
. Celle pnwcriplion des axiomes ea UDt qu'id^tiqueg , Locke l'élend jutque sur des proposilions qui no sont pas des axiomes; en général, il voit beaucoup pluB de propo8ili(»iB identiques qu'il n'y en a. Par exemple , l'or est pesant , l'or est fusible , sont pour Locke {ibid. §§ 6 et 13) des propositions identiques : ii n'en est rienpourtani; nous n'afBrmonspasici le môme du même. Une proposition est dite identique toutes les fois que l'attribut est renfenné dans lesujet, dételle sorte qne le sujet ne peut être conçu comme ne renfermant pas l'attribut. Ainsi lorsque vous dites que le corps est solide, je dis que vous faites une proposition identique, parce que je vous porte le dé& d'avoir l'idée de corps sans celle de solide. L'idée de corps est peut-être plus étendue que celle de solide , mais d'abord et essentiellement elle est celle-là. L'idée de solide étant donc pour TOUS la qualité essentielle du corps, dire que le corps est solide , ce n'est pas dire autre chose , sinon que le corps est le corps. Mais lorsque vous dites que l'or est fuùble , voua afUrmeE , de l'or , une qualité qui peut y. être renfermée, et qui peut aussi n'y Être pas renfermée. 11 implique contradiction que le corps ne soil pas solide ; mais il n'implique pas contradiction que l'or ne soit pas fusible. On a pu être quelque temps à connaître l'or seulement comme solide, comme dur, comme jaane, etc. ; et si on n'avait pas fait telle ou telle eipérience, sionnel'avaitpasapprochédufeu.on ne saurait pas qu'il est fusible. Quand donc vous alfirmez, de l'or, qu'il est fusible, vous lui reconnaissez une qua-
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VIHOI^DATKIËME LEÇON. 300
lité que vous ponriei très-bien ne lui aTOir pas encore recoanne; vous n'afflimez donc pas le même du uiâme, du moins la première fois que vous exprimer cette propoution. Sans doute , â l'heure qu'il est , dans no laboratoire de chimie moderne , quand la fusibilité est une qualité parfaitemenl et universeUemenl reconnue de l'or , dire que l'or est fusible , c'est répéter ce que l'on sait déjà , c'est affirmer du mot or ce qui est déjà compris sous sa signification regue ; mais primiLivement , messieurs , le premier qui a dit que l'or est fusible.loind'aToirfailnne tautologie, a, au contraire, exprimé le résultat d'une découverte , et d'une dé- Gouverie qui n'était pas sans difBcullé et sans importance. Je demande si , de son lemps, Locke ee serait moqué de cette proposition , l'air est pesant , comme d'une proposition identique et frivole. Non , certes ; et pourquoi? C'est qu'alors la pesanteur était une qualité de l'air qui venait à peine d'être démontrée par l'expérience de Pascal , et par les expériences plus complètes de Toricelli. La seule différence est que «elles qui ont prouvé la fusibilité ou la pesanteur de l'or sont plus vieilles de quelques milliers d'années , mais au fond , si l'air est pesant n'est pas une propositioo identiqne , au même ^Ire , l'or est pesant , l'or est fusible , ne sont pas des propositions îdendques , puisqu'à leur naissance le premier qui les porta n'affirmait pas dans le second terme ce qu'il avait déjà affirmé dans le premier.
Au reste , admirez la destinée des vérités identi-
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ÏIO HISTOIBE DE L* F8IL0SOPB1G.
qaes : Locke en toU beaucoup ptits qu'il n'y en a et se moque d'ellM ; l'école de Locke en voit bien plus encore ; mais loin d'accoser l'ideutité, elle y applaudit , et elle va jusqu'à dire que toute proposition n'est vraie qu'ï la conditioa d'être identique. Ainsi , par un étrange progrès , ce que Locke avait frappé de ridicule , comme un signe de frivolité , eU devfflui entre les mains de ses successeurs un titre de légitimité et de vérité. L'identité dont se moquait Locke n'était qu'une identiié illusoire, et voilà maintenant cette prétendue identité, tant persifiée , et bien à tort assii' rément , puisqu'elle n'était pas , la voilà célébrée et vantée, avec moins de raison encore, comme le trifimpbe de la vérité et la dernière cooquëte de la science et de l'analyse. Or , si toutes les propositious vraies sont identiques , comme toute proposition identique , frivole ou non , suivant Locke ou suivant ses disciples, n'est, selon tous, qu'une proposition verbale, il suit que ta connaissance de toutes les vérités possibles n'est qu'une connaissance verbale; qu'ainsi, quand nous croyons apprendre des sciences on syslèmes de vérités , nous ne faisons que traduire tu mot dans un autre , nous n'apprenons que des mots , nous n'apprenons qu'une langue : de là le principe fameux que toutes les sciences ne sont que des langues , des dictionnaires plus ou moins bien faits , et la réduction de l'esprit humain à la grammaire.
Je passe aus autres tbéories qui me restent à exami-
ir dtnt le quatrième livre de l'Euai «kt l'etuendt'
Gtap. XVU. i^e la rouan. — Jen'ai guàre quedet Ho^ùt à donner k ce chapitre de Locke. Locke j moatre non pas le premier, mai» à noe époque où cette démonstraiion était encore et nécessaire et atile, que le lyllogiHue n'est pas le principal ÎDStmmeBt de la raison (g 4). En effet, menieurs, vont avei v> (i) que l'évidence de démoDsiration n'est pas la seule évidence , et qu'il y a encore et l'évi^ce intulive sur laquelle Locke a reconnu lui-même qu'était fondée l'évideBce de démonstration , et une IroisiËme sorte d'évidence que Locke a méconnue , savoir , l'évidence d'indoction. Or le syllogisme ne sert i rien pour l'évidence d'induction , car le syllogisme procède du général au particulier , tandis qoe l'induction procède du particulier au général. Le syllogisme ne sert pas davantage à l'intuition ,qnieitlaconnaissanee directe, sans aucun intermédiaire. Il ne sert donc qu'à l'ëvidence de démonstration ; il n'est donc ni l'unique ni le prineipal instrument de la raison. Hais Locke ne s'arrête pat li ; il va jusqu'à prétendre qne le syllogisme n'ajoute rien à nos connaissances, eln'esl qu'on moyen de disputer à leur oecauon (| 6). Ici, je reconnais le langage d'un homme qui écrivait à la fin dn xvn* siècle , et qui était encore dans le mouvement de réaction contre la scolastiqae. La scolastiqoe avait
(t) Lefon as..
il! HIBTOIBE DE L* PBILOSOms.
admis, comme I^ocke, l'évidence intuitive et FéndeDce dëmonstrailTe ; elle n'avait oublié en théorie que l'évidence d'induction , comme Locke encore : mait en fait , condamnée à ne pas poser elle-même et & ne pat euminer ses principes, elle n'avait guère employé que l'évidence démonstrative , et par conséquent elle avait fait du syllogisme son instrument principal ou exclusif. Il fallait donc une réaction contre la sooleslique : or toute réaction va toujours trop loin ; de là , la proscription du syllogisme , proscrip- ^00 aveugle et injuste ; car les connaissances déductives «ont bien des oonnaissaoces réelles. Il y a deux choses dans le syllogisme , la forme et le fond. Le fond est ce procédé réel et spécial par lequel l'esprit humain va du général au particulier , et certes c'est lii un procédé dont il faut tenir compte dans une description fidèle et complète de l'esprit humain. Quant à la forme si bien décrite et si bien développée par Anatole , on en peut abuser sans doute; mais elle a son très-niUe emploi. En général , tout raisonnement qui ne peut être mis sous cette forme est un raisonnement vague , sans rigueur et sans précision ; tandis que toute démonstration certaine s'y prête naturellement. Le procédé syllogistique , commun à l'ignorant comme au savant , et inhérent à l'esprit humain luimême, est un principe original et fécond de connaissances et de vérités , puisque c'est lui qui donne tontes les conséquences ; la forme syllogistique , il est vrai , n'est souvent qu'une contre-épreuve par laquelle on se
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TINffHlUtndaiB LBCffif. IIS
rend «ompte d'me dédncikm déjà obtenue , mais c'est une contre^renve précieuse, une sorte de garantie de rigueur et d'exaciilode dont il serait peu sage de se priver. Et il n'est pas vrai de dire que le syllogisme se prête à la démonstration du &ax comme à celle du vrai ; car, qn'on prenne dans l'ordre de déduction une erreur quelconque, et je dé6e qn'on la mette dans un syllogisme régulier. La seule remarque qui subsiste , c'est que l'esprit humain n'est pas tout entier dans le syllogisme , ni dans le procédé qui le constitue , ni dans la forme qui Teiprime, attendu que la raison, n'est pas tout entière dans le raisonnement , et qne tonte évidence n'est pas réductible à l'éndeuce de démonstra^D. An contraire, comme l'a très-bien vn Locke , l'évidence de démonstration n'existerait pas , n préalablement n'était donnée l'évidence d'intuition : c'est dans ces limites qu'il faut resserrer U critique qne Locke a faite du syllogisme.
Ce même chap. xvii contient plusieurs passages, le § 7 et les suivante , sur la nécessité de cbercber d'autres secours que le syllogisme pour des découvertes. Halbeureusement ces passages promettent plus qu'ils ne tiennent , et ne renferment aucune tndicalioD précise. Pour trouver ces nouveaux secours , Locke n'avait qu'à ouvrir le Novum Organwn et le de Avgwunfù, il y aurait trouvé parfaitement décrites et l'intuition sensible et rationnelle , et l'induction. Hais on est réduit à soupçonner qu'il était mtz peu faimlier avec Bacon , lorsqu'on le voit chercher k tllona,
8«M ponroir la trouver , b roqlc mmjtilm ovntie depaîa |ff«( d'uB deai-ciède: «i déjà éeUrie de Uat de hnmèrea par wm imttwtd eowfWriote.
UadeAoïeilkws «hapiim de Locke est h aaf, mr la foi »i la rmoM. Voih ; recooMMML un des iatccprêtes de U grande réveJBiiea mor^ el rdigicMe qui e'éuUksait 4bri dam le monde. Lo^e fait la p«t eiuLe à la laUw et à U £ai ; il indique lear «aga relatif et leur» bones diatioctas. Dqi il anit dit , k I» fin de tdufi. XTiL, g 24^ qae b foi en féoéral en » pea eeittraife à la taieoD ^ que k fbi n'est pas aalre tkate que l'aaseotiAMt de la miioB à eUe-ntëiM. * Il «e sera pas mal à pf opos de cemervpier qœ , de « qadque manière qn'on oppose b. foi i la r^aiw , la c foi n'est autre chose qn'ui ferme assentinent de ( l'espriâ, leqwelatseniiweBt, étant ré^cenne A t daît ilrs , ne peut ëtra dnué à ancune Aok qie € sur deboDnegraisoDtt.etpareoDséqucntaeianaià I être opposé à la raisM. >
Et qund il arrive à lai foi positive , c'es(-i-Are i l» rév^Mioft, Dtalpé wd ro^ct o« plKlM à. caMe de BQD profend respect pour le chrislîwiiasBe , et toK en admeiiaM la distânetioiv tiUitn , et pins spiicicnse penl-ëlre qne ptoftoda , dea gLm^ selea la raisM» coalere la iaîsoa„ au-deeaaa de la raisen {cfaaf>- xrnv î 7 ) , iL désiara. qM> willa vésélaiion , tait imnédîale » MÎii traditioBBdHc , ne peut être a^nise coMraictaeat & U raison , el que la mesure da l'fiflwiinihitiif de tauMt iléii&iiDa est dans la mesure d« sa compréfacoMbilité,
TOfCT-ontnikHE LEçon. sis
e'Ml4<4ire ésm^ un rapport jibm on noin iatinie avec la laina. Vorci le» parolet mémt» de Locke :
lUd. j S. I Nnlle ptopontim se peaMtre reçue
t pour r^élatioa (Kmne , on obMniF l'atacntimenl
> qBeatdAàtoKlerévilatioiiémaiiéedeDieii, rielle
( ett CMtradJeKHreBMatoppeséeàMlrecoDBÙssance
t dàre et de Bimple vue, parce que ce aérait ren-
< Terter les priocipet et les Itadmentt de tfloie
< coonmuance et de lent asientinieBi ; ^e locle qw'il t ne retterak p)iu de AiSireaai dam le Bonde eotfe ( la vérité et b fauiseié , nulle memire da cn^t^le t et de l'iacroyaUe, si deg |tfopMitiaM dentenae» 1 devaient prendre [dace âevani des profMeitiMiR 4 évidenlcs par eiks-iMènet , el si ee que bww ean- ( naissoDS certainement devait céder le pas à ce sur I quoi nous sommes peut-être dans l'erreur. H est t donc inutile de presser comme articles de foi des I propoûtiMS contraires à la pere^>liaa claire qve
< BOBS avons de la convenance ee de la disconvet nance d'aucune de dos idées. Elles ne sauraient f gagnemotreasseutimeolsousce litre ou sous i]uel- *. ({ueaatre cjoeceaoit, car la foi ne pealneuseea- 1 vaincre d'ancane chose qui soit contraire â notre
< connaissance, parce que, encore que la foi soit t donnée sur le témoignage de Dieu, qui ne peut t mentir, H par q«i telbe on telle pn^Muitioa nevs I est révélée , cependant nous ne saarions être
< assurés qu'elle est véritablement une révélalion t lUvine avec plw de certitude que nous ne le somBMt
D.5.l.i=t;^GOO^k
116 BISTOtBB DE Là
( de notre pro[H«coDDaiuaDce,piùiqaeloate la Farce -
< de la certitude dépend de la connaissance qae nons
■ avons que c'est Dieu qui a révélé cette proposition. • De sorte que dans ce cas, où l'on suppose qtie k- 1 proposition révélée est contraire à notre connais- ( sanee ou à notre raison , elle sera toujours en balle ( il cetlfi objection , que nous ne saurions dire com-
< ment il est possible de concevoir qa'une chose
< vienne de Dieu, ce bienraisant auteur de notre
I être, laquelle étant reçue pour véritable doit ren-t verser tous les fondements de connaissance qu'il ' ( Dons a donnés , rendre toutes nos facultés inutiles,
< détruire absolument la plus eicelleDie partie de
■ son ouvrage , je veux dire notre enteademeot {<). >
(1) Je Qc pult m'empAcher de rapporter, turcet icoportant sujet, le pauage des Nouveaux Essais correipondaat i celui de Locke, passage qui s'accorde parFaileiDeot et de (oui poiat atec l'opinloD que cous avons ailleuri plus d'une h)l) exprimée. Leibnili avait m£me commença \ meure ea queitiou Fa diillDctioQ célèbre selon la raiioa et au-dessus de li raison. « Je Irouvs quelque choie i remarquer sur voire déRnitioD do > ce qui eil au-dessus de la raison, au moins si voua le rapu portez 1 l'usage reçu de celle phrase; car II me semble que, u de U manière que celte déBaitioD est coucbée , elle va Irop « loin d'un côté... • • Je tous applaudis Tort lorsque vous •t voulez que la Foi soîl fondée en raison; sans cela, pourquoi ir préférerions- nous la Bible è l'Alcoran ou aux anciens livres •1 des bramiens 7 Aniai nos théologiens et autres tavanls u hommes l'ODt-ilt reconnu, et c'est ce qui noua a failavoir ■I de ai beaux ouvrages de la vérité de la religion chrélienne,
II et laol de belles preuves qu'on a mites en avant contre les K païens et sulrei mécréanla ancïeni et moderoea. iluaal les
TINGTMKIATRiklU LRÇON. SU
Je voudrais Sire également content dn chapitre xtx . dt C Enthwuiatme. Hais il me semble que Locke n'a point assez approfondi son sujet , et qa'il a plutôt fait une satire qu'une description impartiale de rentbonsîasnie.
Qu'est-ce en effet que renthonsiasme, selon Lockeî
• periiHiDM tagM ont lonjoura leoa pour *D>poct> ceiii qui
■ ont prétCDdu qu'iJ o« (allait poiol le mettre eu peine dea u raïiODl et preuiet quatid il s'agit de croire ; choie inifOi- <i aible, en effet, à idoIdi que croire alKDifie réciter ou répéter n et laliier patter aani l'en mettre eo peine, comme fODt bien
■ det gêna , et cooima c'eai mdma le oraclira de quelque!-
• natloQ) plus que d'auLrei. C'eit pourquoi quelque) phiio-
■ lophei arialolélicieni dei l>> et iti> liiclea, dont le* u reilei ont aubiiité depuï*..., afant voulu louienir deux
■ rériiji oppoi^ai , Tnae philosophique et l'antre théou logique, le dernier concile de Lalran, loui Léon X, eut
• raiaoQ de l'f oppoaer. Et une diapute toute lemblabla u a'életi) i Belmataedt auirefoia enira Ù. HoFmaa, théologien, <[ et C. Martin , philoiaphe ; maia avec celle différence que la ■[ philoaophe conciliait la iihiloaophle avec la révélation , et
■ que le théologien eu voulait rejeter Tuaage. Mail le duc
■ Julea, fondateur de l'univeraité , prODon^a pour le philo-- « lOphe. Il eil vrai que de noire lempa une peraoone de la
• plut grande élévation diialtqii'en article! de Foi il fallait >« H crever le* rem pour voir clair; et Tertulliea dit quelqna u part ; Ceci eiL vrai, car il eit Impotithle; il le faut croire, u car c'eit une ahaurdllé. Maia il l'ioleution de ceui qui Il a'eipliqucDl de celte manière eit lionne, loujouri ieiexprei-
• liona aoni outréei et peuvent faire tort... iiu La foi eit foua Me aur dei motifa de crédibilité et aur la i^âoe Interne qui
• f détermine l'eapril immédiatement (celle diatioctlen Ihio- X logique de Lethnitz eat au fond notre diatiuclion phlloio- 1 phique de la raiaon apoatanée et de la raison réfléchie )..It
.i.i=t;^Goo^k
C'e«t : i* la prétention d'attribuer â «ne révélation positive , privilégiée , personnelle , i une illumination divioe faite en notre favenr , de* (entimente qui nooa sont particulier* , et qui souTenl même ne sont que de« eitravagance* ; 2° la prétention plui absorde encore d'imposer k d'antret cet îm^inatioiM comme
Il butODDTrair qiil] j ■ btcn deiiu^nnenls plni érWtBla qua
■ ceux qui dépendeDl d* cei motif) : lei uni 7 Mat p)u< « STiDCJ* qoe let «ntrai, et même il y a qusDltlé de p«ru toDDen irui DS 10 oDi Jimai* conam m coeore mi>lBi jietit, H «t qui, par ramiéqueiil, n'oni pai mjme ee qu'on pourrdt
■ appeler un motir de crédibilité. Mata la çrÂce iDlenM du
■ Saiai-EipriL j tn^éB jamMUtemaDt... Il ni vrai qne H Dieu ne la donne iamali que lorique ce qo'il fait crnre e>l •• fondé en rsiiMi, autrement il déinilrail 1e« nwfens de cou- » nallre la lérilé ; malt il n'eil point néceilnire que toal cou* « qui ont eellc foi dirina «oanaiiiMtt tet nUoni , tt tncor» • mofaM qu*i)i lei lieol touioari devant ]et feui ; aulreB«at « leiilmplei et idiot* a'auralent Jamatt la rraie M, et le* ■I i^u* éiùtiréi ne l'aoraient p»i quand lli poemleot en « avoir la plui betoto, car lia ne peuveni pai u MMTenir Mi-
■ }aun dea raiioni de croire. La quealion de l'Aagv de la > paiioa en théologie a été dei plm aeilée) , tairt entre lea K laciabeo* cl ceui qw'êo peut appeler calhellqnei dan* nn ■I icni pluBRéDéral, qu'entre letHformt» et IwéraitgéUqaea...
■ On peut dire gdnéraleiaeDt qae Ici locinieDa ront Irep vil* « a rejeter tout ce qui n'etl pai conforme i l'ordre de la Da- 11 tu m, lart même qu'il* c'en pourraient prouver l'Imponibi- H lilé; mala au**i leur* adrcDairea quelquefoii vouttrop loin, u M pounent leaTitirejuiqu'aui horrta de la coatradietiao. Il en quoi ili font lart a la vérité qullt tlcbenl de déhadre...
■ ConBMDt la foi peut-elle oidoaner quoi que ce lOW qui H rcnvcne un priocipe tana lequel toute créance , afflrmitioD H on dAiécaliaa (crait vaine?... Hai* il me «emlile qall rml*
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des ordre* «apéiieun rerèfeu d'uu antorité dinM (^ & et 6). Ce «ont là , il est vrai , les Tolias de Vatthousueme ; mais l'eathoiuiaMie a'est-il qne cela ? Je ne le «via pai.
Locke a (urfaiiemeot vu ailleure qae réridence de démonttratioii est fondée lur l'éridence d'intiiitHHl. Il a même dît qu'^nire ce» deux georei d'évidence , ooO'Wulemefit l'évidence d'intuition est anl^eore i l'antre , mais qu'elle lui est supérieure , qu'elle est le plus haut degré de la connaissance (ch. xvii, g li). Il eti même curieux de voir Locke s'exprimer à cM
Il une queitïoa que lea auleuri dont je vleni de parler n'oat Il pai aitez eiaminje, que voici : Sup]ioi£ que d'an côlé te u tronn le tea» liLlérsl d'un leile de la tainte Éuritiire, «t
■ qne de l'autre le (rouie une grande apparence d'iute inpo*- » libilité logique, ou du moim une imptxsibiiili pbyilque <[ recoDDue , l'il e>t plui raisaunabie de recourir au ien> lit- Il (éral ou de recourir an principe pbiloiophique? Il eit lâr « qu'il T a dei eudruitt ob fou ne fait polUL difficulté de u quiller la lettre, comme lorique... C'eit ici que le> réglai II d'JDterprélatioQ ont iieu-.Lei deux auteuri que je Tient d«
• nommer (Videliu* el Humbui) disputent encore tur l'eutre-
• priM de Kekennan, qui voulait d^monlrer la Trinité par la
■ raiKw, comme ftaimond Lulle avait «uMi lAclië de hlra u autrefois. Hai$ Mnisui reconnaît avec aaiez d'équité qua, « si la démonilralion de l'auteur rétormé avait été bonne et « Juste, il n'T aurait rien «u i dire, et qu'il aurait eu ration de Il touieoir que la Inmière du Saint-Esprit pourrait etra allu- 11 raée par la pbiloiopbie. » Leibuiti se prononce avec ton» pour l'emploi de la raisou dans l«j quettiont Ihéolf^quei , telles que le salut des paleni el ci^lui des enfautl morts taai baptême, et il conclut ainil : « Bien nous en apprend que Dlsn
■ Ml plu* pbiianlbrope que les bommei. n
«tO HISTOIRE DE LA PHILOfieralE .
égard avec aaUot de fwce que poan^U le faire un [AiloMphe d'aoe école tout opposée, i Ibid. La ( couDaissance intuitive est une connaissance eer-
< taine , à l'abH de tout doute , qui n'a besoin d'ao- • cane preuve et ne peut en recevoir aucune, parce .1 que c'est le plus haut point de la connaiMance
< humaine. C'est en cela que consiste l'évidence de I toutes ces maximes sur lesquelles persmine n'a « aucun doute; de sorte que non-seulement chacun « leur donne son assentiment . mais les reconnaît t pour véritables dès qu'elles sont proposées à noire 4 entendement. Pour découvrir et embrasser ces vé-
< rites, il n'est pas nécessaire de faire aucun usage 1 de la faculié de discourir ; on n'a pas besoin de ( raisonnement, car elles sont connues dans un plus f haut degré d'évidence , degré que je suis tenté de
< croire , s'il est permis de hasarder des conjectures t sur des choses inconnues, égal k celui que les
< anges ont présentement, et que les esprits des I hommes jnstes, parvenus à la perfection, auront
< dans l'étal à venir , sur mille choses qui à présent
< échappent tout à fait à notre entendement... > J'accepte cette proposition , qu'elle s'accorde ou non, comme elle pourra, avec le système général de Locke. Je tiens, en effet, que le plus haut degré de connaissance est la connaissance d'intuition. Cette coanaissance, dans beaucoup de cas, par exemple en ce qui regarde le temps , l'espace , l'identité personnelle , l'infmi , toutes les existences substantielles, ainsi que
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TfKGT'QDlTRIÈKE tEÇO». lit
le bien et te beau , a cela de propre , vous le oyez , de n'être fondée ni sur les sens ni snr la conscience , mais ma la raison qni , sans l'intermédiaire du raitonneiaent, atteioi ses objets et les conçoit avec certitude. Or c'est un attribut inhérent à la raison de croire à elle-mâme , et c'est de là qne dérive la foi ; si dmic la raison inlaitive est au-dessus de la raison inductive et démonstrative , la foi de la raison à elle-même dans l'intuition est plus pure , plus élevée que la foi de la raison à elle-même dans l'induction et la démonstration. Rappelez-vous encore que les vérités que la raison découvre intuitivement ne sont pas arbitraires, mais nécessaires ; qu'elles ne sont pas relatives , mais absolues : l'autorité de la raison est absolue ; c'est donc un caractère de la foi , attachée à la raison , d'être absolue comme elle. Voilà déjà des caractères admirables de la raison , et de la foi de la raison à ellemême.
Ce n'est pas tout ; lorsque nous venons à interroger la raison sur elle-même , à lui demander son propre principe et la source de cette absolue autorité qui ta caractérise , nous sommes forcés de reconnaître que cette raison n'est point nôtre , en ce sens que ce n'est pas nous qui la constituons. Il n'est pas en notre pouvoir, il n'est pas au pouvoir de notre volonté de faire que la raison nous donne telle vérité ou telle autre , ou qu'elle ne nous les donne point. Indépendamment de notre volonté, la raison intervient, et, certaines coQdiii<»uaccomplies, noua donne, j'allais dire, nous
impote ces vérilée. La raison fait «on appariiim ea noos, quoiqu'elle ne loil point oons. et qu'à aucan titre elle ne paÎMe èlre confondue avec notre personnalité : la raison est impersonnelle (i). D'ofi vient donc en nous cet hAte merveilleui , et quel est le principe de cette raison qui nous éclaire sang nous appartenir ? Ce priocipe , c'est Dieu , le premier et dernier principe de toute chose. Or, si la raison avait jusqu'alors en elle une fois immense , quand elle s'est rattachée à soa principe et qu'elle sait qu'elle vient de Dieu , la f(M
(I) Trosmentt phHo$oplàquet, préface, p. S4 ai 80-81, et Programiue d'un Court tur tet vérités absolues, ibld. Tnlroduciion ï \'Rislo\re de la philosophie, leçon unième, p. 1BS-tS6.— FénélOii,£xùfenc«(feSJ«u, pre(n.par(.,ch. IT. De la raison de t'Aomme .' u A la lârilé, ma raitoa eM en Il tuai ; car il faut que je rentre am cène ta moi-même |>our u la trouver : mail la raison supérieure qui me carrige i1;idi K le beioin , et que je eoDiulle, n'ett poinl i moi , elle ne fait
< poiDt ]iar(ie de moi-même... Aioii, ce qui parait le plus i
< BOUS et £lre le tond de tioui-méaiel, je veux dire notiB « taison , est ce qui nous est le moins projire et qu'on doit
« rotii sans cesse l'iir qui est un corps élraneer, ou comme Il nous lOfons sam ceice tous les objeii loiiins de nous 1 la u lumière du soleil , dout lei rafoni sont des corps élrao^en H i nos yeux... Il ; a une école iulérieure où l'homme reçoit H caqu*i1 ne peut al se donner al attendre des aaires hommes Il qui rivent d'emprunt comme lui... Où est-elle cette rai loa K parfaite qui est silprès de moi et si différente demoi 7...0ii •t est-elle celte raitoa lupréme ? N'est-elle pai le Dieu que Je n cherche? » Voyez aussi Bossuet, Introduction à laphilotopUt, ch. Vf, SS S-S; et la splime ealler de M
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VIIIGT-4ViLT«lË]IE LEÇON. t«>
qa'dle afait en elle l'accroît , non pas en degré , mais es nature , poar ainsi dire , de tonte la supériorité de la substance éternelle snr la lubstance finie , dans laquelle elle fait son apparition. Alors arrive un redoublement de foi dans les véritéi que nous révèle la raison suprËme dans ces ombres du l«mps et dans la limil« de noire faiblesse.
VoiUi donc la raison difiaisée à ses propres yeai dans son piincipe. Or cet état de la raison qui s'éconte et se prend elle-même comme l'écho de Dieu sur Is terre , avec les caractères particuliers et eiiraordinaires qui y sont attacbés, c'est ce qu'on appelle l'entAoufÛMme. Le mot eiplique assez la chose: l'enthousiasme, c'est le soufQe de Dieu en notis , c'est l'intuition immédiate opposée k l'indnction et à la démonstration, c'eH la spontanéité primitive opposée au développement ultérieur de la réflexion , c'est l'aperception des vérités les plus hautes par la raison dans la plus grande indépendance et des sens et de notre personnalité. L'enibousiasme à son plus haut degré , et pour ainsi dire dans sa crise , n'est propre qu'i certains individus , et encore à certains individus dans certaines circonstaDces ; mais à son degré le plus faible , l'enthousiasme est un Tait tout comme un autre , un fait asses ordinaire , qui n'appartient pas à telle ou telle théorie , à tel ou tel individu, à telle ou telle époque , mais à la nature humaine , dans tous les hommes , dans tontes les conditions , et presque à toute heure. C'est l'enthousiasme qui fait les convictions et les résolutions spontanées.
lit B[STOIRE DE tk FBILOSOFHIE.
en petit comme en grand , dans les héros et dans la plus faible femme. C'est renthousiasme qui est l'esprit poétique en toutes choses ; et l'esprit poétique , grâce à Dieu , a'est pas exclusivement propre aux poètes ; il a été dodoé i tous les hommes en quelque d^ré , pins ou moins pur, plus ou moins élevé ; il paraît surtout dans certains hommes et dans certains moments de la Tie de ces hommes qui sont les poètes par excellence. C'est encore l'enthousiasme qui fait les religions ; car toute religion suppose deux choses : 1° que les vérités qu'elle proclame sont des vériLé« absolues ; 2° qu'elle les proclame au nom de Ueu même qui les lui révèle. Jusque-là tout est bien ; nous sommes encore dans les condiiiona de l'humanité et de la raison , car c'est la raisoR qui est le fond de la foi et de l'enthousiasme, de l'héroisme , de la poésie et de la religion ; et quand le poète , quand le prêtre répudient la raison au nom de la foi et de l'enthousiasme , ils ne font pas autre chose , qu'ils le sachent ou qu'ils l'ignorent [et ce n'est l'affaire ni du poète ni du prêtre de savoir ce qn'ik font) , ils ne font , dis-je , autre chose que mettre un mode de la raison au-dessus des autres modes decette même raison ; car, si l'intuition immédiate est au-dessus du raisonnement, die n'appartient pas moins à la raison : on a beau répudier la raison , on s'en sert toujours. L'enthousiasme est donc un fait rationnel qaî a sa place dans l'ordre des faits naturels et dans l'histoire de l'esprit humain ; seulement ce fait est exlrêmeroent déhcat , et l'enthounasme peut aisément tourner à la
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VlNGT-fttfiTBlfeHE LICON. >1S
fdie. Nous sommet ici sur la borne douieuae de la raiiion et de l'extra vagaoce. Voikâ le principe anirçttel, nécessaire el légilime de la phîloMqihie religieuse , des religions et du mysticisme , principe qu'il ne faut pas confondre avec les égarements qui peuvent le corrompre. Ainsi dégagé et éclairci par l'analyse , la philosophie doit le reconnaître , si elle veut reconnaître tous les faits essentiels , tous les éléments de la raison el de l'humanité.
Voici maintenant où commence l'erreur. L'entfaoosiaime est , je le répète . celle intuition spontanée de la vérité, par la raison, aussi indépendante qu'elle peut l'être de la personnalité et des sens , de l'induction et de la démonstration , état qù a été trouvé y^itable , légitime et fondé sur la nature de la raison bumaiue. Mais souvaat il arrive que les sens et la personnalité , que rinspinilioa doit surmonter et réduire au silence , subsistent et s'introduisent dans l'inspiration elle-même, et y mêlent des détails matériels, arbitraires, faux et ridicules, llarrive encore que ceux qui participent en un degré supérieur à cette révélation de Dieu , faîte à tous les bommes par la raison et par la vérité , s'imaginent qu'elle leur est propre , qu'elle a été refnsée aux autres , non-seulement à ce même degré , maie en totalité et absolument ; ils insiitoent dans leur esprit , à leur avantage , une sorte de privilège d'inspiration ; et comme dans l'inspiration nous seohms le devoir de nous soumettre aux vérités que l'inspiration nous révèle , el la mission sacrée de
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14a uisToi» DE L* PHiLoeopaïK.
)m proclamer et de les répandre , nom alloBi BOU*eni jiitqu'à supposer qne c'est un devoir autsi poar nous , en nous soumettant à set vérités . d'y soumettre tes autres, et de las leur imposer, noa pas en vertu de notre puissanee et de nos lumières persoDnelles , mais ea vertu de la puissance supérieure de laquelle émane lonle inspiration ; ii genoux devant le principe de notre eolbousiasme et de notre foi , nous voulons aussi faire plier les autres sous ce même principe et te faireadorer el servir au même titre que nous l'adorons et que nous le servons nous-mêmes (t). De là t'antorité religieuse ; de là bientôt la tyrannie. On commence par croire à «les révélations spéciales faites en sa faveur, on finit par se regarder comme un délégué de Dieu et de la previdence, chai^ non-seulement d'éclairer et de sauver les Ames dociles, mais d'éclairer et de sauver, )k)n gré mal gré, ceui qui résisteraient à la vérité et à Dieu. La folie de l'enthousiasme conduit bien vite 1 la tyrannie de l'enthousiasme.
Mais , messieurs , la fotie et la tyrannie qui dérivent souvent, j'en conviens^ du principe de l'inspiratioD , parce que nous sommes faibles et par conséquent excln^ *ifs et par conséqumt intolérants, sont esseo^ellement distincte* de ce principe. On peut et on doit amnistier, honorer même le principe , et en même temps coodam- (wr ses é^amments. Au lieu de cela , Locke confood l'abus du principe , c'est-à-<)tre l'entbottsiatme exira-
(1) In I réduction, leçon G'.
Tigant , propre à qnelques hommes , avec le priMÙpe lui-iDÊDie , c'esUà-dira l'enlhousiatme vrai, qui a élé donné à touB les homaieB à qaelqaes degrés. Il ne voit dans tout enlhousiasme qu'uD mouvement déréglé de l'imagination , et partout il s'aj^liqae à y mettre des barrières hors du cercle des passages authentiques et légitimement interprétés des livres saints. J'approuve eotte prudence ; je l'admets en tout temps , et je b conçois bien plus encore quand je songe aux extravagances de l'en^ousiasme presbytérien ou puritain dont iMcko avait sous k» yeuï le triste spectacle ; mais il ne faut pas que la prudence dégénère en injustice. Que dirait l'école sensualisie si , par prudence aussi , l'idéalisme voulait supprimer les sens à cause des excès auxquels ils peuvent conduire et condaisenl tr^-«oavent, ou le raisonnement , pour les sophismes qu'il engendref 11 faut être sage avec mesure , tobrii lapert; il faut être sage dans les limites de l'humanité et de la nature, et Locke a eu tort de considérer bien moins l'enthousiasme en lui-même qne ses conséquences , et ses ctHiséquences folles et funestes.
Suit le chap. xi , «itr leê catue» tf^rreur. Toutes celles que sigiuile Locke avaient été déjà à peu jffès reconnues avant lui ; ce sont : 1° le manque de preuves ; ^ le défaut d'tiabileté à les faire valoir ; Zfl te manque de volonté d'en faire usage ; 4° les fausses mesures de probabilité que Locke réduit aux quatre ■nivantes : 1* propoN^ons qui ne sont ni certaines ni évidentes en elles-mêmes , mais douteuses et taosses ,
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asa fllBTOlBB DE Là I
priiet poor principes; 2° hjpo[faèse& reçues ; Sf pa»> sions ou iocliaatloDS dominanU» ; i" autcu'ilé. On ne lira, pas sans profit ce chapitre de Locke ; mais je ne veux ioùtter que sur le dernier paragraphe , ainsi iniitHlé : ( § IS = Les horameB ne sont pag engagés dans
< un n grand nombre d'erreurs qu'on s'imagine. > Je TOUS avoue que le titre de ce chapitre m'avait singulièrement plu dans l'optimisme que vous me connaissez. J'espérais trouver dans le bon et gage Locke ces deux propositions qui me sont si chères ; d'abord , que les hommes ne croient à aucune erreur autant qu'à la vérité , enauite qu'il n'y a pas une erreur où il n'y ait un peu de vérité. Loin de là, je me suis aperçu que Locke faisait de l'humanité, relativement à l'erreur, nue apologie bien peu favorable. Si les hommes ne sont pas si fous qu'ils le paraissent , c'est que , selon I.rf>cke, ils nd croient guère aux folles opinions dont ils ont l'air d'être pénétrés , et qu'ils les suivent uniquement par habitude ou par entêtement ou par intérêt, i Ils soot
< résolnsdese tenir atlachés au parti danslequel l'édu- I cation ou l'intérêt les a engagés ; et , là , comme les ( simples soldats d'une armée , ils font éclater leurs • clameurs et leur courage selon qu'ils sont dirigés ■ par leurs capitaines , sans jamais examiner la cause I qu'ils défendent ni même en prendre aucune cont naissance... 11 suffit à un tel homme d'obéir à se* ( conducteurs , d'avoir toujours la main et la langue 1 prêtes à soutenir la cause commune , et de se rendre t par là recommaodable à ceux qui peuvent te mettre
VI«iT-4II*TBIËME LEÇON. Ilfl
t en erédit, lai procurer deg emplois on de Tappui t dant la (odéié. > Soit, pour qoelqaes homnies; mais cela e«t-il vrai de tons? Ici encore Locke s'esl laissé troubler par le spectacle de ton temps, où, parmi tant ié folies , il pouvait bieo j en avoir quelque»-uiiea de simulées ; mais toutes ne l'étaienl pas et ne poavaieBt pas l'être. Je conviens que , dans les temps de troubles et de révolulions , l'ambition prend souvent l'étendard d'extravagances qu'elle méprise pour mener la foule ; mais il ne fout pas non plus caioninier l'arobilion. Tout est dans tout dans l'humanité , et l'on peut âta« à U fois très-ambitieus et très-sincère. Croinwell, par exemple, était, selon moi, puritain sincère jusqu'au fanatisme, et avide-de domination jusqu'à l'hypocrisie ; et encore l'hypocrisie est-elle en lui pins ■ obscure et plus douteuse que le fanatisme. 11 ne Gt probablement qu'exagérer les opinions qui élaienl dans ton cœur , et caresser des passions qn'il partageait. Sa tyrannie n'est point une preuve de l'imposture de son »rdeur républicaine. Il est des temps où la cause ta plus populaire a besoin d'nn maître qui la gouverne et la représente, et où le bon sens, qui reconnaît la nécessité, et le génie, qui sent sa force , poussent aisément une âme ardente au pouvoir arbitraire sans trop d'égoisme. Périclès, César, Cromwell, un autre encore, pouvaient aimer très-sincèrement l'égalité au sein de la dictature, lly apenl-étr&aujourd'buidanslemonde UD homme dont l'ambition est la dernière espérance du pays qu'il a deux fois sauvé, et que seul il peut
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13» HISTUIHE DE Ll PHILaCOTBtE.
iMiver encore en lui appliquant nue main forme. Maia laÎMont-là les grande hommes . souvent condamnés à n'être pas compris en eipialion de leur sopériorité ei de leur gloire ; laissons les chefs , venons & la foule ; là, reipHcaiiondeLocketorabe d'elle même. En effet, OD petit expliquer, jusqu'à un certain point , les/olles ofMnioosdequelquesbommesparrintérËl qu'ils ont de simnler celles des masses sur lesquelles ils veulent s'appuyer ; mais il implique que les niasses prennent de fausses opinions par imposture ; car apparemment elles ne veulent pas se tromper ellee^mËmes. Non, messiears, ce n'est pas ainsi qu'on peut justifier l'erreur et l'humanité. Leur vraie apologie est celle que j'en ai tant de fois donnée , et que je ne cesserai de répéter, qn'il n'y a point d'erreur complète dans un être intelligent et raisonnable, Les hommes, individus et peuples, hommes de génie et hommes ordinaires , donnent dans beaucoup d'erreurs sans doute, et s'y attachent, mais non par ce qui les fait erreurs , mais par la part de vériié qui est en elles. Examinez à fond loulei les erreurs célèbres , politiques , religieuses , philosophiques , il n'y en a pas une qui n'ait une porlion considérable de vérité, et c'est par là qu'elle a pu trouver créance dans l'esprit des grands hommes qui l'ont introduiie sur la scène du monde , et dans l'esprit de la foule qui a suivi ces grands hommes. C'est la vérité jointe à l'erreur qui fait la forée de l'erreur, qui la fuit naître , la soutient , la répand , l'explique et l'excuse; et les erreurs ne S0 succèdent dans le monde
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VlKT-IltiTItlËlte LEÇOK. 111
qu'en traloant arec elles et en apporUnt , pour lear rançon, en quelque sorte, autant de v^tét, qui, per- CMl à travers le» nuage* qoi les enveloppent , éclairent et oonduiteot le genre humain. Ainsi j'approuve complètement le titre du paragraphe de Locke , mait j'en rejette le développement (t) .
Ia) XXI' et dernier chapitre cratient one division deii sciences en f^jslque , pratique , et logique ou grammaire. Locke entend ici par la physique la nature des choses, DOD-«eulement celle des corps, mais celle des esprits. Dieu et l'àme; c'est la physique antique et l'ontologie modema. Je n'ai rien à dire de cette diviuoD, ùnoo qu'elle est assez vialle (s), évidemment aiiùlraire et saper&cîelle, et bien inCérieure ii la division célèbre de Bacon, reproduite par d'Alemberi.
(1) ie lui) encore beurem d'appiifSr un* op diod qnï m'Btl >l cbtre lie li |ilu« grloda tulorilé pbiloiophlqoa que j* r«couDainte parmi Ici moderaes, celle de Leibailz. Voici coiane il répood à Locke : u Celle juXIcs que voui rendez au geare i: bumain ne louroe point i sa louange . ei let hommei is- •I rtient plaieicuubleadeiuiireitncirtmeDi leuriopidioai 1 que de lu coolrefiire pu- inldrdl. F«ut-4tra pearlMt qu'il • T ' plus de liDcénlé dam leur fait que voui ae lemblej u donnera en tendre; car, laus aucune connaiisance de cauae, •[ tia peuvent tire parvenus i une foi impltcile ea le loumel- •I tant généralement el quelqueFaia aveuglémenl.maii touveal « de bonne foi, au jugement dei aulrei, dont ih ont une foi! K reconnu l'autariié. Il eit vrai que l'Iulérél qu'ili j trouvent « contribue i celle eoumiuion; mali cela a'empéche point
(3) Tome I, leçon S''.