VINGT ET UHIËKE LEÇON
explique le secret de Ut perception de celte forme , il faut que celte peinture , que cette image aille de la rétiae au nerf optique , du nerf optique au cerveau . qui , comme le dit Locke , est la chambre d'audience de l'âme , et que de cette chambre d'audience elle s'introduise dans l'àme elle-même : mais on peut l'arrëier à chaque pas. De la rétine il faut que l'image aoil transmite au cerveau par le nerf optique. Or , qui ne sait que le nerf optique est dans une région obscure , impénétrable à la lumière? Le nerf optique est obscur; nulle image ne peut donc s'y peindre : et voilà déjà rimage qui nous abandonne. Déplus, le cerveau, cette chambre d'audience, est aussi dans une région obscure; Tàme , qui , selon la théorie de Locke , a dû regarder dans la rétine pour y rencontrer une image de la forme du corps , et qui a dû y voir cette image et la voir conforme k Toriginal , ne peut faire cette remarque ni pur le nerf optique ni sur le cerveau.
. Nous avons pour ainsi dire fermé à l'hypothèse de ridée-image toutes les avenues de l'âme ; l'idée-image n'est donc qu'une chimère dans l'àme ; dans la perception de la forme des objets il n'y a pas trois choses, 1<* des objets figurés; 2° une âme capable de percevoir la figure de ces objets ; 5° une image intermédiaire entre la forme réelle des objets et l'àrae ; il n'y a que des objets figurés et une àme douée de la faculté de les apercevoir avec leurs formes. L'existence de l'image de la figure des objets sur la ré^ne est un fait réel , qui est bien la condition préalable de la per-
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tOK HISTOIRB U LA PHILOSOPHIE.
ceptûm Aea apparences TiaibleB , inaiB non le fondement de cette percep^on , qui la précède , mais na la conttiloe ni ne l'explique d'aucune manière. L'eiistence de l'image de la figure des objets snr la rétine, ùmple condition , et condition extérieure, du phénomène de la vision , transformée en nne explication complète de ce phénomène ; telle est la source de l'hypothcae de l'idée-image , quant à la perception des formes des objets. Elle en a une antre encore. Non-seulement l'âme est douée de la faculté d'apercevoir les f(H-me> des objets présents , certaines conditions organiques accomplies ; mais encore quand ces objets sont absents , elle est douée de la faculté de «e les rappeler, non-seulement de savoir qu'ils furent, ■nais de se les représenter tels qu'ils furent , al avec les formes que nous avions aperçues en eux pendant leur présence. La mémoire a réellement cette force iniaginative ; on imagine les objets tout comme on les aperçoit , cela est incontestable. Mais dans Timagination des formes des objets absenta , comme dans la perception des formes des objets présents, il n'y a que deux termes , tes objets absents et l'âme qui peut se les représenter absents , ou pluldt dans ce cas il n^y a réellement que l'^me qui, dans l'absence des objets, se les rappelle avec leurs formes , comme s'ils étaient U devant elle. Or , dans l'àme qui se représente les objets passés , la poésie peut très-bien détacher la représentation même des objets , et la considérer à part comme un élément propre et subnstant par lui-
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VINGT BT DNlbME LEÇON. ' ]0B
même ; c^est le droti de la poéiie ; mais non celui de l'analyse philosophique qui ne peut légitimement convertit des abslracùons en réalités. L'alistraction réalitée , le participe ou l'adjeclif converti en suhslantif , telle est la seconde sonrce de l'hypothèse de l'idé»' image , pour ne pas rappeler les analogies ncieiues des conditions de la communication de* corps imposées i l'intelligence.
£t encore , messieurs , il ne s'agit ici que du phénomène de la vision , de la forme des objets eitérieurs ; que serail-ce donc s'il s'agissait des autres qualités premières des corps ; par exemple de la qaalité première par excellence, la solldiléT Oseriez-vous ressusciter l'hypalhëse scolastique de l'espèce tangible pour faire le pendant de l'image visuelle eur la rétine ? Engager! ez'vous celte espèce tangible dans les voies mystérieuses des nerf» et du cerveau qne n'a pu traverser l'image de la forme? Soit : supposez cette espèce tangible , cette idée-image de la solidité parvenue jusqu'à l'âme , et là voyons si elle satisfait à la condition fondamentale de la théorie de Locke, si elle est conforme ou non conforme à son modèle , à la solidité elle-même. Qu'est-ce qne la solidité T Nous l'avons vn , la solidité c'est la résistance. Lï où il n'y a pas de résistance il n'y a rien pour nous que nousmêmes. On commence la résistance , là commence pour nous quelque chose autre que oousmémes , le dehors, l'extérieur, la nature, le monde. Or. si la soUdité est quelque chose qui résiste , c'est une cause
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Il» BISIOIRE DE LA PBILOSOPBtB.
r£«istaiit« ; et nous voilà encore ici pour U qualité primaire des corps, comme pour leurs qualités mcondaires , rameoéè à l'idée de cause ; li encore il faut d(mc , pour que nous ayons la connaissance légitime de la cause résistani« , de la solidité , il faut , dis-je , que nous en ayons une idée qui lui soit conforme , qui lui Boit semblable , qui soit une image de la cause résistante , et qui en soit une image matérielle. Telleest la condition sysiématique de la connaissance de la qualité première des corps. Hais j'ai montré qu'il ne' pouvait y avoir une image matérielle d'aucune cause ; il ne peut donc pas y en avoir davantage d'aucune cause résistante , du solide , c'est-à-dire de la qualité fondamentale des corps.
Ainsi, messieurs, il n'y a pas plus d'idée légitime des qualités ])rimaires des corps qu'il n'y en a de leurs qualités secondaires , si nous n'avons d'idée légitime qu'à la condition que l'idée sera une image matérielle de mn objet. Hais nous ne sommes pas au bout. Nous ne sommes encore qu'à l'entrée du monde extérieur. NoD-seulement le corps a des qualités secondaires et des qualités primaires que je viens d'énumérer, et que je viens de démontrer incompatibles avec la théorie de Locke ; mais encore nous croyons que , sous ces qualités secondaires et primaires , il y a qnelque chose qui est le sujet de toutes ces qualités, quelque chose qui existe réellement d'une manière permanente , tandis que les qualités sont dans un mouvement et une altération perpétuelle ; nous croyons tous à l'existence
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VINGT ET imifellE LEÇON. III
«l'un SDJet, d'one substance de ces qualités. Or, dans la théorie de Locke , l'idée de cetie substance n'eet l^iiitne qu'à la condilion qu'elle soit conforme i son objet, savoir la subsiauce du corps; et l'idée, pour itre conrorme à son objet, pour lui ressembler, doit £tre une image, et toute image doit être matérielle; mais je vous demandes'ilest passible d'avoir une image inalérielle de la substance î Impossible, évidemment; donc vous n'avez aucune idée de la substance et de la réalité des corps.
Non-seulement vous avez la conviction de l'existence réelle et substantielle du corps , mais vous croyez tous, TOUS êtes profondément convaincus que ces corps, dont Tallribut fondanienlal est le solide , sont quelque part , dans un lieu , dans un espace. Vous avez tous l'idée de l'espace. Or vous ne pouvez l'avoir qu'à une condition , que l'idée.que vous en avez vous le représente, en soit une image matérielle. Mais, nous l'avons TU, un des caractères de l'espace , c'est de ne pouvoir être confondu avec les corps qui le remplissent et le mesurent , mais ne le constituent pas. Donc il est impossible à fortiori que vous ayez une image matérielle de ce qui n'existe pas matériellement, quand vous n'en pouvez avoir une des corps et de lears attributs fondamentaux ou accessoires.
Il en est de même du temps. Vous croyez que le* mouvemeots des corps et la succession de ces divers monvements s'accomplissent dans le temps , et vous ne confondez pas la succession des mouvements des
Ht HISTOIHB DE Là PDIlOBOPBfB.
corps avec le lempi qu'elle mesnre et ne conuitoe pat plus que l'engemble des corps ne constUae l'espace. Vous avex l'idée àa temps comme distinct de toate saccessioD ; si tous l'avez, c'est encore, dans la théorie de Locke, ï une condition, que vous en ayei une idée qui lui soit conforme , une idée-image. Mais vous ne pouvez avoir une idée-image du temps , puisque te temps est distinct des mouvenienls des corps et ne tombe sous aucun sens ; donc vous ne pouvez en avoir une idée légitime.
Je pourrais poursuivre cette polémique bien plus loin , mats je crois l'avoir conduite assez avant pour qu'il soit démontré que , si , relativement au monde extérieur , nos idées n'étaient vraies qu'à la condition qu'elles fussent des idées représentatives, des idées conformes ii leurs objets, des images et des images malérielles de lenrs objets, nous n'aurions aucune idée légitime relativement au monde extérieur , aucune idée légiiime ni des qualités secondaires ni des qualités primaires ni de leor sujet ni de l'espace ni du temps. Donc la théorie de l'image matérielle n'aboutît pas à moins qu'à cette conclusion , de détruire la connaissance légitime de la matière et dn monde extérieur.
Les objections que je viens de vons présenter sont si naturelles et si simples , que Locke ne pouvait pas m£me poser te problème tel qu'il l'a posé , sans les soupçonner en partie , et elles se sont assez présentées à loi pour ébranler sa conviction de l'existence da monde extérieur. Il ne la met point précisément en
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tpietlion , mais il éOnvienl que , sor le fondement de ridée représeniatÎTe , le >eul qu'il conçoit, la conntislance des corps n'a point une certitude parfaite; il pense touiefoig qu'elle Ta au delà de la simple probabilité. < Que si, après tout cel» , dit Locke, il se trouve t quelqu'un qui veuille mettre en question l'existence ( de toutes cbose» , il doit considérer que nous avons ) une assurance telle qu'elle suffit pour nous conduire t dans la recberche du bien et dans la fuite du mal « que les cboses extérieures nous causent , à quoi se ( réduit tout l'intérêt que nous avons à tes connat- ( tre. » C'est presque le langage dn scepticisme. Cependant Locke n'est pas sceptique sur l'existence des corps; malgré sa tbéorie des idées, il s'en faut bien qu'il soit idéaliste. Lom de là , il se rattache à la ^nde famille péripatéticienne et sensnaliste , dans laquelle la théorie des espèces, et des espèces sensi- Ues , avait l'autorité d'un dogme et la fonction de donner et d'expliquer le monde extérieur. Des espâcei Sensibles , le xvu* siècle en masse , et Locke en particulier ont fait les idées sensibles , pourvues de toutes les qualités des espèces, représentatives de lenrs objets, et en émanant. Il n'y a donc aucun dessein idéaliste dans la théorie des idées de Loi^e. Au contraire, Locke est convaincu que ces idées , en tant que représentatives , sont le seul fondement solide que l'on puisse donner it la connaissance des objets extérieurs ; tenlement il se trouve , et il reconnaît à mmtié, que, contre son gré , l'hypothèse péripatéticienne des e»-
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tu HISTOtHE DE LA PHILOM^E.
pèces , firaDaforiDée dans la théorie moderne des tdéea sensibles, tourne contre son but , etque, bien que cetta hypothèse ait un caractère évidemment matérialiste . puisque les idées y sont nécessairement des images et des images matérielles , elle est dans l'impuissance da donner légitimement la matière. Jugez ce qui en sera du monde spirituel , de l'âme et de Dieu : je serai court.
Rappelez-vona bien le principe général de Locbe. Nous n'avons de quoi que ce soit de connaissance légitime qu'à la condition que les idées que nous en avons soient conformes à leur objet. Or tout le monde croit à l'existence de son âme , c'est-à-dire à l'existence de'4]nelque chose en nous qui seut, qui veut , qui pense. Ceus mêmes qui ne croient pas à l'existence spirituelle de ce sujet, n'ont jamais mis en question l'existence de ses facultés , l'esietence de La sensibilité par exemple , celle de la volonté , celle de la pensée. Eh bien! songez-y, vous n'avez de connaissance légitime de la pensée , de la volonté , de la sensibilité , qu'à la condition que les idées que tous eu ayez Vous les représentent ; et ces idées doivent être des images , et par conséquent des images matérielles. Jugez dans quel ahtme d'absurdités nous voilà tombés. Pour connaître la pensée et la volonté qui sont immatérielles, il faut que nous en ayons une im^e matérielle qui leur ressemble. Mais qu'est-ce qu'une image matérielle de la pensée et de la volonté? Même absurdité pour la sensibilité. Absurdité plus
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grand» mcore , s'il ett possible , pour la ubsUace de ces facaltêi , ponr l'ime , pnis pour l'unité at l'identité de cette âme , puis pour le temps dans lequel s'accomplissent les opérations des facultés de cette &me, tes sensations , les votitions , les pensées.
Voilà donc le inonde spirituel qui s'écroule comme le monde matériel. Par cela seul qne nous n'avons d'idées légitimes de nos facultés ei de leur sajet qu'à la condition que ces idées en soient des images matérielles , il est évident que nous n'avons aucune connaissance légitime de notre Ame , de ses facultés et de tout noire être intérieur, intellectuel et moral. Ici même la difficulté semble beaucoup plus grande enc<ve que ponrie monde matériel, on du moins elle ébranle davantage le snccesscurdeBaconetde Hobbes. Quant au monde maténel, il avait reconnu qne sa théorie des idées souffre bien quelques objections, mais ces objections ne lui semblaient pas insurmontables et pouvoir aller jusqu'à ne pas nous laisser une certaine connaissance du monde matériel , sufBsante pour nos besoins ; par là il ne prétendait ouvrir la porte qu'à un demiacepiicisme. C'était sans doute une faiblesse ; car l'idée de Locke , image matérielle , ne représentant les corps d'aocnne manière , ni complète ni incomplète, il ne fallait admettre, à ce compte, aucune idée des corps; il fallait aller jusqu'au sceptidsme absolo. Locke s'est arrêté et devant le bon sens et devant l'évidence qui, dans son école, entonre les '<ri>jflls des sens et le monde physique. Hais lorsqu'il
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anire au monde spirituel . anquel l'école sensualîtletieat beaucoup moiDS, les argumeoli qui s'élèvent nature llemeot de sa propre théorie le frappent plus vivement, et voici ce qu'il déclare, livre IV, chif pitre n , § 12 ; < A l'égard des esprits ( nos ïmes,t les intelligences ) , nous ne pouvons pas plus con- ( naître qu'il y a des esprits fiais réellement eiistaoU, ( par t» idées que nous en avons , qae nous ne
< pouvons coDuaitre qu'il y a des fées ou des cen-
< taures par les idées que nous nous en formons. > Voilà bien , ce semble , le scepticisme absolu ; et vous pensez peut-être que la conclusion dernière de Locke sera qu'il n'y a aucune connaissance des esprits finis , par conséquent de notre àme , par conséquent encore d'aucune des facultés de notre ftme ; car l'objection est aussi valable contre les phénomènes de l'âme qu« contre sa substance. C'est lik oii il aurait dit aboutir; HUÙs il ne l'ose , parce qu'il n'y a pas on philosophe à U fois plus sage et plus inconsistant que Locke. Que fait-il, messieurs?
Dans le péril où le pousse sa i^itosophie, il abandonne sa philosophie et tonte philosophie , et il en appelle au christianisme , à la révélation , à la foi ; et par foi , par révélation , il n'entend pas une foi , une révélation philosophique ; celle interprétation n'appartient pas au temps de Locke ; il entend la foi et la révélation dans le sens propre de la théologie la plus orthodoxe , et il conclut ainsi : t Par conséquent , sur
< l'existence de l'etniît noua devons nous contenter
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t de l'érùleiMe 4e la foi. > Aînu , Locke McepW luimême ici l« oonié4}ueiice8 ÎDéntablee eoiqiMile* jt Tonlaie le conduire. PaHaDt en pkiloMphe et non en Uié«^og)eii , au nom de l'écrit hnmaÎD et non pu aa nom de la foi, je diiaia que si noos n'avons pas d'antre raiton de croire à Teiielence de Tetprit que l'kypothèae de l'idée représentative , nons n'avons aucnne bonne . raison d'y croire. Locke l'accorde, le procbme Iniméme , et il se rejette entre le* bras de la foi . Je ne l'y laisserai pas , messieurs.
Le monde de la foi Ini est tout aniai interdit qse le monda de l'esprit et celai de ta matière ; il n'y pourrait pénétrer que par le plus grossier paralogisme. Locke n'a pas phisle droit, je dis plus, il aeneore moinsle drmt de croire à la foi , il la révélation , an chrislÛBisme , que de croire aux esprits Unis que nous sommes et & la matière qni est devant nous.
La révélation soppose dans choses : t* des dogmes émanés de Dieu ; 3* an livre où ces dogmes soient déposé» et conservés. Ce livre , quoiqne son contenu soit divin et sacré , est lui-même nécessairement maténd; c'est un corps, et je renvoie ici Locke aux fibjectîoas que j'ai foites contre la légitime connaissance des corps , si nous n'avons pas d'antre fondement pour y croire quel'idée-image qui nous les représente. Ainsi point de connùssance légitime dn livre dans lequel seront contenus' les dogmes sacrés révélés par Dieu. Hais te livre de moins, que deviennent les dogmes qu'il rcnferrae?De plus, ces dogme* viennent de Dieu.
Etqu'etl-ceqiMDieu? Un esprit et on esprit infini, appareiBiiM-Jit. Or Locke n'avait pas pu tout à l'heure, d'après aa théorie , admettre l'existence légitime des esprit finis, et , chose incroyable , pour me faire adjnettre l'eiistence d'esprits finis, il me pi(^ae de commeacer par admettre l'eustence d'un esprit infini. Uais n'est^e pas là expliquer, messieurs , obieunim per obieuriut? VoiU l'esprit humain condamné tout k i'heure à n'avoir aucune connaissance des esprits finis, parce qu'il ne peut avoir d'idées qui leur soient con- .fomes , et qui doit maintenant , pour plus de facilité , «n avoir de l'esprit infini , qui le représentent parfaitement ! Hais s'il ne peut se représenterun esprit fini, il pouira hien moins encore se représenter l'esprit infini ; il ne le peut évidemment pas , à la condition de Locke, c'est-à-dire à la condition de s'en faire une image , et encore une image matérielle ; donc pas d'esjirit infini, pas de Dieu ; donc pas de révélation possible ; partout à chaque pas, dans la théorie de Locke, des abîmes de paralogisme.
S'il est vrai que nous n'ayons aucune connaissance légitime, aucune idée vraie qu'à la condition que celte idée nous représente son objet, qu'elle soit conforme à son objet , qu'elle soit une image et une image matérielle de cet objet, ce que j'ai démontré être la condi^on rigoureuse de l'hypothèse des idées , il suit que nous n'avons aucime idée légitime du monde extérieur, du monde des esprits, des àmeg, denous-mèmes, et«ncoremoiDt de Ueu , auquel Locke en appelle. Par conséquent il
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TIKei ET DNltKE LEÇIHI. IID
sait , en dernière mulyte qne nous n'avons ancane idée vraie des Êtres , et que nous n'avons aucune autre connaissance légitime que celle de nos idées , moins leor objet, quel qu'il soit, ^commencerpar notre Stre personnel Ini-méme. Une telle conséquence accable la théorie des idées, et celte conséquence sort inrmciblement de cette théorie.