‹ Cours de philosophie, Volumes 3-4Chapitre 17 sur 39 · GODAS · texte numérisé non relu

GODAS

La liberté consiste avant tout à se posséder et à se contenir ; mais elle consiste ensuite à délibérer et à juger. Que doit-elle être sous ce nouveau rapport ? Certainement ou agirait mal , si , en position de prendre un parti , on ne commençait pas par reconnaître et par compter pour> ainsi dire avec une scrupuleuse exactitude soit les diverses fins qu'on peut se proposer , soit les divers moyens qu'on peut employer ; si ^ après cela on ne les appréciait pas en eux^nemes et dans leurs rapports avec soin ei diligence; si ^finon ne réglait pas sur une juste et sage estime ses préférences successives, et son op^n définitive ; une seule de ces négligences serait une cause certaine d'erreur ; réunies, combinées et s'a^rayanl^ les unes les autres » elles entraîneraient sans aucun dojute le plus fiMïbeux aveuglement ; on choisirait sans sa* voir, aprèis avoir comparé san$ réfléchir; on comparerait sans réfléchir , après avoir observé sans attention : observation défectueuse» comparaison inattentive ;, choix indiscir^t et mal fondé, voilà autant de causes fun^estes d'une mauvaise délibération. Ainsi on n'a bon coi^i^il. que quand d'abord on a, discerné et apprécié en eux-mêmes tous les partis que l'on a à prendre ; que quand en second lieu on les a rapprochés , mis en balance et pesés avec une sévère impartialité; que quand enfin on s'est décidé d'après la sagesse et la raison. L'étendue y la sûreté et la justesse d'es*

DE PHILOSOPHIE. 9i

prit ; la sagacité et l'application , la réserve avant déjuger et pour ne juger qu'en conscience, puis, <{iiand la lumière est venue , une adhésion franche et ferme à ce qui est ou parait vrai , tel est Pensemble des conditions qui constituent une légitime et excellente d^ibération*

C'est encore là parmi les hommes un mérite assez rare. La plupart n'ont pas assez de retenue oa d'énergie pour être des juges éclairés de ce qui leur convient ou ne leur convient pas. Ils ne savent ni s'arrêter ni avancer à propos, ni par conséquent se mettre en mesure de tout voir et de bien voir ; ils n'abordent pas les questions ou s'y précipitent en aveugles, et ne parviennent à nulle solution, ou ne parviennent qu'à des solutions fausses , hasardeuses et périlleuses. Aux esprits seuls qui se maîtrisent bien appartient ce sens sur, délicat et sérieux , précis et oompréhensif , dont les jugemens ne manquent jamais ni de maturité ni de vérité ; or ces esprits sont en petit nombre , car bien peu savent cet art de ne laisser à la fortune que ce qu'on ne peut lui enlever par conseil et prévoyjance.

L'habileté dans la délibération , tel est un nouvel élément de l'excellence de la liberté, et ce n'est pas le dernier. Il en est deux autres encore que nous avons à reconnaître, le premier relatif à la volonté et le seconda l'exécution.

Que faut-il pour bien vouloir ? Si ce n'était m. 9

chose déjà faite, j'aorais d'abord à dire ici en qaoi consiste le vouloir , et à expliquer comment à la suite et à Tissue de la délibération il nait , se développe , et paraît cette détermination , cette direction déterminée , cet exercice intentionnel de la faculté d'agir , qui jusque là préparée , in» struite, mais non appliquée à l'accomplissement d'une action , vient enfin de s'y mettre, et de faire effort pour la réaliser; mais après ce qui a été dit en psychologie , il est inutile de reprendre , et il suffit de rappeler l'analyse de ce fait, et de conclure immédiatement de la volonté telle qu'elle est , à la volonté telle qu'elle doit être.

Donc une fois qu'après un examen attentif et consciencieux , on a fixé son choix sur le but que l'on doit atteindre et sur les moyens dont on doit user, le moment de vouloir venu, il s'agit de bien vouloir. Or pour cela que faut-il ? — La vie serait bien nulle si elle ne se composai^ que de desseins entrepris, et puis abandonnés , de tentatives inachevées , de velléités d'un jour, de réaolutions sans suite; elle serait bien nulle encore , si rien ne s'y consommait qu'à la longue , et par efforts rares et languissans. Mais une existence bien remplie serait celle dans laquelle tout plan (j'y suppose sagesse) serait suivi et maintenu ; toute démarche poussée à fin , toute conduite persévérante ; dans laquelle en outre chaque chose commencée , continuée , et enfin exécutée, le se-

Tait avec tant d'adresse , de précision et de rapidité , qu'elle ne durerait que sa mesure, et ferait place aussitôt à une œuvre nouvelle , qui , traitée de la même façon , aurait après elle-même consé quence et ainsi de suite constamment. De la sorte le temps serait bien rempli ; rien ne serait en défaut, rîen ne serait en retard, et la volonté, forte à la fois de patience et d'énergie , serait véritablement excellente. D'où Ton voit que bien vouloir, c'est avoir un dessein , s'y appliquer et y travailler jusqu'à ce qu'il soit réalisé ou que du moins , s'il ne peut l'être , l'impossibilité en soit démontrée ; c'est de plus faire en sorte de ne pas perdre en efforts persistans , mais languissans , des instans précieux , qui pourraient être mieux ménagés , et presser ses résultats avec assez de vivacité pour qu'ils ne traînent pas, comme on dit, et qu'ils arrivent à propos. Fermeté et promptitude , solidité et babileté , ténacité et vigueur , tels sont les caractères des légitimes déterminations.

J'ajouterai une remarque. Il est des actes qui demandent à être faits avec une extrême célérité ; il en est d'autres qui ne sont l'œuvre que du temps et de la patience ; il semble alors que la volonté doive être toute constance pour ceux*ci , toute vivacité pour ceux-là ; il est vrai. Quand il s'agit en effet de parvenir ^ un but éloigné et difficile , et d'y aller pas à pas, par détours et longue route , il n'y a pas lieu aux résolutions sou-

daines et toutes d'un trait, qui ne conviennent bien qu'aux desseins d'une exécution simple et urgente. Néanmoins , dans ce cas-là même il ne faut pas que la lenteur dégénère en langueur , et que toute espèce d'animation manque à cette persévérance de chaque jour ; il importe au contraire qu'une ardeur tempérée, mais durable et vivifiante , se mêle sans cesse à ces projets qui se déroulent à loisir , et n'avancent que par degrés. Elle y porte et y entretient le mouvement et Je progrès ; elle les pousse et les hâte ; elle en accélère le succès. S'il en était autrement , si tout se bornait à une poursuite froidement persistante des fins qu'on aurait en vue, il est douteux que cette mollesse , même après bien du temps , menât à aucun grand résultat. Les vertus douces et patientes, la résignation, la confiance ^ l'oubli des injures , la pitié , etc., ne consistent pas uniquement dans une habitude de volonté pacifique et reposée. Qui ne sait ce qu'elles allient de zèle , de diligence , et souvent de vigueur à la paix et au calme de Tâme ? Qui ne sait ce qu'il faut souvent d'énergie et de cœur pour supporter dignement le malheur ou l'injustice j pour compatir dignement , pour s'élever à cette tranquillité , à cette tempérance morale, à cette égalité et à cette mansuétude qui ne se développent qu'au milieu d'épreuves et de crises douloureuses ? D'autre part , les actes qui exigent le plus d'élan et de vi-

gaeur , courent grand risque de mal tourner si la volonté qui y préside , à la vivacité dont elle a besoin ne joint pas une autre qualité au moyen de laquelle , prête à tout , elle ne se laisse pas surprendre , arrêter , ni accabler par des obstacles imprévus , mais pourvoit sur-le-cbamp aux rencontres soudaines et aux hasards inattendus. Or cette qualité, c'est la patience. Considérez les vertus énergiques et actives ; leur attribut principal est sans doute la faculté de se porter vers leur objet avec hardiesse et avec élan ; ainsi le courage et le dévouement religieux ou politique; mais 8^*aient-elles accomplies, si elles n'aVaienf comme en réserve une autre espèce de puissance qui leur permit de résister aux lentes tentations et aux obscures épreuves. Que serait le courage qui n'aurait de force que sous le coup d'une pressante provocation , et qui tomberait devant un péril sans éclat et sans gloire ? Que serait la religion qui ne vivrait que par le martyre, et qui, à défaut de persécution, languirait et s'éteindrait ? Que «erait le patriotisme qui ne pourrait se soutenir que dans les grandes misères publiques ? Il n'est donc pour le bien de véritable énergie, de volonté vraiment parfaite, qu'à la condition d'un zèle ardent uni à la constance , et de l'empressement combiné avec la persévérance et la patience. Pour terminer ce qui a rapport à la destination de la liberté, il ne me resfte plus, après avoir

parlé de la possession de soi-même , de la délibé^ ration et de la volonté, qu'à dire un mot de Vexé* cution.

Que doit être Texécution ? Pour peu qu'on ait de ce fait une idée juste et précise , on compreitdra ayant tout qu'il doit être le complément , l'achèvement naturel du développement de la liberté. Une force libre est appelée non-seulement à se posséder , à délibérer et à vouloir, mais aura à exécuter ; si elle s'arrêtait à la volonté , et qu'après l'efibrt fait pour produire , elle se trouvât condamnée à une impuissance absolue, elle se sentirait imparfaite et malheureuse au dernier point. Il nous arrive quelquefois d'être hors d'é«tat d'accomplir ce que nous avons résolu ; nous essayons et ne pouvons pas , nous cherchons sans trouver, nous suivons une route qui ne mène à rien. Ce sont de tristes momens pour nous , et si surtout il s'agit de quelque grand intérêt d'avenir, il y a de quoi nous jeter dans le désespoir ie plus profond. Mais supposez qu'au lieu d'être des accidens clairsemés , de tels obstacles se rencontrent à chaque instant sous nos pas ; notre vie serait affreuse , elle serait comme un de ces rêves où nous nous épuisons en vaines luttes , haletans , agités , tourmentés d'angoisses et de terreur , et cependant incapables du plus faible mouvement ; et ce serait un rêve qui ne finirait pas, ou qui chaque jour, à chaque heure , se renouvellerait

plus poignant, plus cruel et plus horrible. Mais les choses ne se passent pas ainsi ; nous avons sans doute quelques épreuves auxquelles , malgré tout, nous succombons. Dieu nous les envoie pour nous avertir que nous sommes faibles et bornés , et que nous ne devons pas faire trop de fonds sur la puissance qu'il nous a donnée. Il les destine à' notre orgueil , qu'il réprime et corrige par. cette leçon décisive ; mais il les épargne de peur de nous accabler , et le plus souvent , il ne nous oppose que des difficultés dont nous triomphons par la patience ou par le courage. £n somme donc , il nous fait ce que nous sommes, non-seulement afin que nous tendions , mais aussi afin que nous arrivions au but qui nous est marqué ; et notre destination en général est d'exécuter ce que nous résolvons.

L'esëcution est dans notre nature. Mais elle n'y est bien qu'à la condition d'être autant que possible la fidèle expression de la volonté qui la détermine. Si elle n'y répond pas exactement ; si elle va au-delà ou reste en deçà ; si elle n'en suit pas la vraie ligne , et qu'elle s'en écarte de quelque £açon, elle est par là même défectueuse; et selon que cette imperfection est ou n'est pas de notre fait , nous avons à nous imputer et à nous reprocher notre faiblesse , ou à nous plaindre et à gémir du malheur qui nous atteint. Mais dans les deux cas notre liberté n'a pas son plein déve-

loppemetit ; car en passant de Fint^ition à l'action qui en est Ja suite , elle ne réalise qa'à demi, elle réalise mal et à contre-sens le dessein qu'elle a formé. Sans doute nous n'avons pas à espérer que dans la condition de limitation où nous a placées le Créateur, nous ayons jamais lepouvoir de faire tout ce que nous voulons , aussi bien que noas le roulons, A Dieu seul appartient une si haute faculté ; lui qui est parce qu'il est , qui a le temps et Tespace à lui , qui est la force infinie , suprême , absolue , rien ne le trouble dans l'accomplissement de ses plans et de ses décrets ; tandis que l'homme , même en sa sagesse et sa plus grande ])erfection , n'a jamais pour pratiquer ce qu'il a décidé dans sa pensée , qu'une puissance relatiTe, temporaire, et locale, qui reste toujours bien au* dessous et bien loin de son idée. Néanmoins comnae en général nous avons toujours assez de facilité pour donner à nos volontés un commencement d'exécution ; comme dans le cours ordinaire des choses, les moyens ne nous manquent pas ; comme le pouvoir que nous avons croit en raison de l'application que nous apportons à l'exercer, nous devons employer tous nos efforts à conformer le plus possible notre conduite à nos desseins, nous devons, autant qu'il dépend de nous, faire passer dans nos actes les pensées de notre âme , les traduire en effets , les produire par des pratiques , en un mot les amener de l'état de conceptions ,

d'aspirations et d'espérances, à l'état de réalités et de résultats achevés. Ainsi s'agit-il d'intelligence , de sensibilité , de vie intime , nous n'aurons bien rempli notre tâche ; nous ne serons vraiment hommes qu'autant que nous aurons obtenu de ces facultés ce qu'elles ont le pouvoir de nous donner, que nous serons parvenus à penser ou à sentir ce qu'il dépend de nous de penser ou de sentir. S'agit-il de nos rapports avec le monde matériel , l'humanité et la Providence ; là encore nous n'aurons rempli convenablement notre destination , qu'autant que comme êtres physiques , sociaux et religieux , nous aurons fait œuvre qui réponde k nos libres déterminations. Culte , mo^ raie , politique , sciences , arts et industrie , il n'y a rien en toutes ces choses de complet et d'entier tant que nous n'avons que tenté, essayé, et voulu, il nous faut l'œuvre, je le répète, l'œuvre comme le fruit de nos efforts , comme le succès après la lutte , la victoire après le combat. Non sans doute que moralement nous ayons failli et démérité , quand après avoir bien voulu , une expérience malheureuse nous convainc décidément de faiblesse ou d'impuissance : il n'y a pas de notre faute alors , et nous n'avons rien à nous reprocher ; mais il n'en est pas moins vrai qu'il y a pour nous imperfection et désavantage à n'avoir pas plus de puissance. Nous avons quelquefois de notre faiblesse un sentiment si profond , si triste

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et si amer, que nous avons peine à comprendre que Dieu nous ait ainsi faits , et que nous douterions de sa bonté , si par une réflexion ultérieure plus consolante. et plus sage , nous ne venions à reconnaître qu'en nous mettant de cette façon aux prises avec les obstacles , d'une part il confond et tempère notre orgueil, et de l'autre suscite en nous par l'impression de la douleur un redoublement d'activité , de courage et de constance. Rien , ea effet , après un premier moment d'abattement et de désespoir, ne nous excite et ne nous relève plus, pour peu que nous ayons de vertu , que l'idée sérieusement prise des difficultés qui non» assiègent et dont nous avons à triompher.

Pour conclure maintenant au sujet de la puissance, je répéterai ce que j'ai déjà dit, qu'elle doit être autant que possible l'expression exacte et le docile instrument de la volonté qui l'emploie , la règle et la met en jeu.

Ainsi l'homme n'est bien libre qu'à la condition de se posséder, de voir, de vouloir, et enfin de pouvoir dans la plénitude de sa force.

Je dois cependant ajouter une explication, sans laquelle ma pensée sur ce point serait peut-être sujette à une fausse interprétation.

Qu'est-ce au . fond que la liberté ? Ce n'est pas une faculté à pari, qui ait son but propre et spécial : car on n'est pas libre simplement , on l'est dans son intelligence; on l'est dans sa sensibilité ;

on l'est enrifi dans toutes les fonctions et tous les emplois de son activité , quand au lieu de céder, de s'abandonner et de se laisser faire , on prend en main la conduite et le gouvernement de ses idées , de ses affections , de toute sa vie. On n'est pas libre non plus uniquement pour être libre et sans autre fin ultérieure; mais on l'est afin de l'être dans son esprit , dans son cœur, dans toutes ses diverses facultés. La liberté est donc plutôt un mode particulier de nos facultés , que telle ou telle de ces facultés ; elle n'est aucune d'elles, mais elle est dans chacune d'elles , et par conséquent, elle ne saurait avoir une autre fin et une autre destination que celles qui leur sont propres. U faut donc que toujours leur but soit son but , et leur règle sa règle ; qu'elle se propose leur bien , qu'elle s'associe à leurs œuvres , pour y veiller, y pourvoir et en assurer le succès. Autrement dit , l'âme n'est pas libre uniquement pour être libre , mais pour l'être au service et dans l'intérêt de sa nature ; pour s'efforcer de devenir par le conseil et le vouloir tout ce qu'elle doil être en toute chose. Ainsi déployât-elle les qualités qui constituent l'excellence de la possession de soi-même , de la délibération , etc., si elle ne les appliquait pas à l'ordre , si elle les détournait au mal , elle ne serait pas vraiment libre , elle le serait même si méchamment , qu'en persévérant dans cette habitude y elle finirait à coup sûr par

perdre son indépendance et retomber par le désordre sous l'empire de la fatalité.

D'où Ton voit que les caractères , à bon droit estimables , ne sont pas ceux qui , sans égard aux fins et aux moyens , et n'importe en quel sens , se montrent forts de prudence, de résolution et d'action : ils ne sont que forts , ils ne sont pas bons ; ils ne sont même pas réellement forts, parce qu'ils ne le sont pas selon la raison. Mais ceux qui , au contraire , se montrent tels pour le bien; ceuxlà sont forts et bons , c'est-à-dire vraiment forts , c'est-à-dire encore vertueux. Les grands caractères ne se distinguent pas seulement par les qualités éminentes d'une volonté à toute épreuve ; mais aussi et surtout par la sainteté de la mission à laquelle ils les consacrent. Indifiérens et peu scrupuleux sur l'usage qu'ils en feraient , ils ne tireraient de leur brillante , mais douteuse moralité , qu'un vain et faux éclat ; et si par malheur c'était au crime , au crime seul qu'ils les employassent , terribles en leur force , il n'y aurait plus à voir eu eux de grands cœurs , mais de grands coupables : tant il est vrai que le tout n'est pas d'exercer sa liberté dans la seule vue de l'exercer, mais dans la vue de se rendre librement meilleur et plus parfait.

Telle est la destination de la liberté.

Ici finit la question du bien intime et spirituel ^ la question de ce que doit être l'âme prise en ellemême et dans sa conscience.

Vient maintenant la question de ce qu'elle doit être dans ses rapports.

Or, on le sait, ses rapports sont de trois espèces différentes ; il y a ceux qu'elle a avec la nature , ceux qu'elle a avec la société , et ceux qu'elle a avec la Divinité. Trois choses sont donc à se demander touchant ce qu'elle doit être dans ses rapports : 1 ** ce qu'elle doit être à l'égard de la nature; 2® ce qu'elle doit être à l'égard de la société; S® ce qu'elle doit être à l'égard de la Divinité.

Je suivrai cette division ; j'en traiterai d'abord le premier point.

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