GOU
Jhns ces rares ^ mais suMimes solennitës <ie h conscience, l'humanité en a fini avec les intérêts de 1â terre, elle ii*est plus de ce monde /et «on devoir est de dénouer , de terminer «d'un cdop » quelque tragique qu'il puisse être , le drame que jusque là elle avait eondtdc moins rivemetit. Je ne prétends donc pas , .puisqu'il en est ainsi, puisque c'est là la vérité à laquelle j'ai foi de tout mon coeur, que la loi suprême de la vertu sott de se conserver et de s'assurer le plus possiMe de bienêtre;' rien n'est aussi loin de ma pensée ; mais je prétends que «i ce n'est pas là un précepte ab^ solu, ^'eât un {xrécepte relatif ^ qui comme tel a sa place et sa raison dans la morale ; je soutienà que prendra le corps eh mépris et en haine, et ne pas le sanctifie^ en l'associant par des exercices et des habitudes légitimes, au développement de l'esprit; que i^ traite*' ibdi^èrètètacnt comme chose indifiérente , où nuisible et imauvai^ ; que le flétrir comme chair, et n'y voi¥ qu'une occasion de faiblesse et de chute, c^eist e^ méti(mnaitre la nature, et ne pas comprendre, eil unde ses points, la destination de l'humanité.
Je ne voudrais pas , Dieu m'en garde , ^kabi" Hier la chair, la relever jusqu'à l'esiprit, et même au-dessus de l'espvit, eomtue quelquesuns lont tenté , et en signe de restauration , T'en* vironner de volupté , de lUxe et de mollesse ; je ne voudrais pas la sanctifier , là glorifier en elle-
DE PBILOSQPHIE. ISl
Biémç, iosUtuer ^ gQn hoDoeur la déyotion à l'utile et le culte du plaisir. Je ne saurais trop dire et redire QcMûeii je ipp sépare d'une telle dootriue, qui opmm^nce p^r des erreur^ .çt finit par des turpitudes. Je nç demande donc pas qu'on rende à la chiûr plus qu'09 ne doit à la chair; je demanda seulement qu'on la trtiite areo prudence et tempérance et modération.
SECTION IL
Du bien de râmç daiis «on rapport ateo les animaux , Ie9 végétaux, etc.
Voila toute ma pensée touchsint le bien relatif au corps.
Sais le bien relatif au corps n'est qu'un point de Yue du bien relatif à la nature ; res^ donc à traiter d'autres parties de la question, qui peuveut se réduire à «elles-ci : quelle est la destination de l'homme dans son rapport avec les animaux ? quelle est*elle dans son rapport avec les yégétaux, les minéraux, les lieux et tout ce qu'ils contiennent, avec la nature dans aon ensemble ?
On a pu voir en psychologie quelles sont les relations de l'homme avec les animaux; il est aisé d'en conclure le but qu'il doit se proposer dans sa conduite à leur égard.
1 S2 GOUAS
Si les aaiiâaux sont pour lai , à les considérer particulièrement à Fétat de domesticité , des auxiliaires excellens , et d'nne indispensable utilité ; si par l'espèce- d'intelligence , de sensibilité et de volonté dont eux aussi sont doués, du moins dans une certaine mesure ; si , par les organes dont ils sont pourvus, par leurs moyens de sensation , de mouvement et d'actipn , semblables à lui jusqu'à certain point , ils se laissent associer et lier à sa vie pour la soutenir , la seconder, la fortifier et rétendre ; s'ils lui prêtent et déploient à son ordre et selon ses fins leurs instincts et leurs babitudes; s'ils mettent à sa disposition leurs sens et leur puissance ; s'il emprunte au cbeval la rapidité de sa course, au cbien sa vigilance et sa finesse d'odorat , au bœuf sa force musculaire , à l'âne sa patience , à tous leurs facultés et leurs avantages particuliers ; si , se les donnant à la fois au moral et au physique, il se fait de leur intelligence une intelligence plus complète , de leur corps un corps plu» ca- |)able de perception et de locomotion; s^il multiplie ainsi ses pouvoirs de toute sorte , il est clair que son devoir est d'avoir à leur égard des soins qui ressemblent presque à une sorte d'éducation. Étudier en conséquence leurs natures et leurs mœurs , leurs besoins et leurs aptitudes , les alimens , la température , l'habitation qui leur conviennent , les travaux et les services auxquels ik
DE PHILOSOPHIE. ISS
sont le plus propres , et de toutes ces connaissances , tirer un art de les conserver , de les gouyemer et de les employer : telle est la sagesse sous ce rapport , telle est une espèce de morale. On n'exigera pas sans doute que j'expose en détail les préceptes de cette morale ; je n'en fais pas mon affaire; que ceux qui veulent sur ce sujet expérience et science s'adressent au naturaliste , à l'agronome, au fermier , etc. ; moi , je ne m'attache qu'à l'esprit et à la philosophie de ces règles; je me borne à dire qu'elles sont bonnes, parce qu'elles enseignent ce qu'il faut faire pour tirer parti des animaux et les accommoder habilement au développement de l'activité humaine. Sais outre que les animaux sont pour l'homme comme autant de forces qui heureusement disposées s'adjoignent à la sienne pour en varier et en étendre les différentes facultés , ils contribuent encore d'une autre façon à augmenter son bienêtre ; ils servent à le nourrir et à le vêtir ; ils sont pour lui comme des provisions qui se multiplient et se renouvellent pour satis£Eiire avec abondance , souvent même avec luxe , à ses différentes nécessités. 11 n'a qu'à dépouiller ceux-ci de leur toison ou de leur duvet ; il n'a qu'à frapper ceux-là , et en choisir à son gré les parties alimentaires, et il se fournit à lui-même une foule de choses indispensables , utiles ou agréables ; il se précautionne contre le froid , contre la faim et