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à nourrir leur iutelBgieiice de rçl%ion» d'art «^ de raisoo; et, d'antre puri, ils y apprenumit, ponrvn tout^ois qu'ils soient ^dèles aux devoirs de leur positkm , à devenir forts k leur tour , et à s'éleVer par une émaneipation graduelle et progressive au rai^ des instituteurs et des peines de leurs tomblables. Oui, les faibles deviennent forts, quand , sous la discipline bienveillante et forti- &uite des sages» s'exerçant avec constance à la conduite de leur vie , ils acquièrent ainsi peu à pea la faculté de se gouverner et de gouverner les aur» très, c'est-à-dire, d'être bons pour les autres comme pour eux.
Je ligiis cette remarque à dessein , afin qu'on ne se méprenne pas sur ma pensée, et que , dans la classification que je propose des perçonnes sociales, oh ne voie pas une institution de castes et d'ordres fixes , par là même arbitraires , injustes et revenus. Cette classification n'est que l'expression de la vraie nature des cboses ; elle ne détermine pas à l'avance quels seront les forts et lés faibles; elle ne les place pas à tout jamais, ceux-ci dans une sphère , çt oeuX'Jà dans une autre ; elle ne trace pas entre eux une Hgne infranehiasable ; ^le laisse la voie libre aux ûiibles pour aller aux forts, aux forts pour aller aux faibles ; elle ne maintient pas oeux-oi dans une supériorité imméritée, ni ceux-là dans one in-^ juste et £Eiusse humilité; elle élève ou abaisse, met
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chacun à son rSaiig, selon ses oeuvres et ses mérites.
Maintenant , pour conclure , je dis que de même que la famille, la société politique est une condition nécessaire au perfectionnement de l'humanité ; et , pour traduire en d'autres termes les expressions justes, à mon avis, mais peut-être trop métaphysiques dont je me suis servi dans ce qui précède, la société politique est excellente à la fois aux gouvemans et aux gouvernés. Cest ce que j'ai voulu dire, quand j'ai parlé des forts et des faibles ; les gouvernans étant ceux que j'appelle les forts, les sages, les meilleurs; les gouvernés , ceux que je nomme les faibles , les moins capables et les moins sages.
SECTION m.
Du bien de l'âme dans son rapport avec la société de peuple A peuple*
Ahtts la famille , après l'état , tout n'est pas fini pour l'homme en fait de société; il y a encore le continent , ou si le nom ne paraît pas juste , l'union de certains peuples , que leur position géographique, leur consanguinité, leur intérêt , leur religion , leurs moeurs , leur politique el leurs idées lient et associent les uns aux autres. L'union des peuples ou le continente^ à l'état ce
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que l'état est lui-même àla fieimille : l'état est la famille des citoyens; le continent, la famille des états.
Bans le continent , de même que dans l'état , de m^e aussi que dans la femille t il y a des b«ii« blables et point d'égaux ; il n'y a que des forts et des faâjes. If«dle nation n'est avec une autre na* tion dans une par&ite parité: comps^rei^, cmi effet, celles qui ont le plus d'analo£pe; dans le d^étail, vous trouverez que , sous tel rapport, cellerci l'emporte sur celle-là , que sous tel autre, elle lui est inférieure. L'une prévaut par son territoire , son agriculture , son oommerce ; l'autre par ses arts et ses sciences ; ici l'avantage est à celle qui a le génie le plus mâle et le plus propre à la guerre , là, à celle qui a les mœurs les plus polies et les plus douces ; et il est une foule de points de vue que vous pourriez ainsi examiner , et qui vous laisseraient voir à chaque pas une face nouvelle de cette vérité. Quant à l'ensemble , par conséquent, et quand vous considérez en somme la grandeur relative des nations qui forment entre elles société et &mille, vous avez une échelle et pas de niveau ; vous ne reconnaissez que des rangs et line vaste hiérarchie ; tout se divise constamment en inférieurs et en supérieurs.
Gela est d'abord évident des peuples civilisés et de ceux qui ne le sont pas; des Anglais^ par exemple , et des races barbares avec lesquelles ils sont en relation.
Mais il est tout aussi vrai que de peuples ci* vilisés à peuples civilisés , il y a un ordre et des degrés qui résultent naturellement de leurs pro* grès respectifs. Ceux qui sont à la fois civilisés et civilisateurs doivent être plus haut placés que ceux qui ne sont que civilisés ; les premiers, psur cela même , que non-seulement ils savent pour eux la vraie loi de la société, mais qu'ils la savent aussi pour les autres, qu'ils la leur communiquent et la leur enseignent , ont le pas sur les seconds. Ceux-ci , en effet , ne sont que des disciples ; ceux-là sont des maîtres et des instituteurs. L'Europe est aujourd'hui la reine de la civilisation ; hé bien ! si par sa position , ses antécédens , Wn génie , son aptitude à tout sentir et à tout faire sentir aux autres , à , tout comprendre et à tout faire comprendre ; si par sa langue et ses mœurs, qui sont l'expression de cette faculté ; si par. son action politique , sociale et militaire , la France est le ministre d'une telle royauté ; n'est-elle pas, par là même , quel que soit du reste , son rang officiel et nominal , à la tête de tout ce groupe d'états et de contrées dont elle a le gouvernement moral et spirituel. D'autre part , des populations retardées ou déchues, telles que la Turquie et la Grèce , ne sont-elles pas , à l'égard des nations qui avancent et sont en progrès , dans une véritable situation d'infériorité et de faiblesse ? Et si Ton porte ses regards des termes extrêmes aux
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termes tnoyens des stxciétés eitilyées, que de gradations et que de nuances ne peut^on pas encore remarquer? N'y a-t-il point de distance de la Prusse à la Russie, de rAn^eterre à ITEspagne? et sans que pour cela il sôit nécessaire de donner ici les placés, n'est-il pas étident qu'il existe toujours des distinctions et des distances , même entre les peuples qui se suirënt de plus près dans la voie de la civilisation ?
Or rint^alité dans la société des peuples et des nations n'est, pas plus que dans^Ia société de l'état on de la famille , une cause de mal et de désordre ; elle est au contraire pour chacun , pour le faible comme pour le fort , une condition et Uneraisondebien. Seulement, il faut que, comme toujours , le faible sache être feible , et le fort être fort.
Je m'explique : j'en ai toutefois à peine besoin, après tout ce que j'ai déjà dit sur ce sujet.
Le faible et le fort sont ici deux peuples , dont le premier devance le second dans la carrière qu'ils parcourent. Que l'ésultera-t-il pour eux de leur situation respective , si l'un et l'autre la comprennent et règlent leur conduite en conséquence ? Le moins civilisé , s'attachant aux pas du plus civilisé , -profitant de ses exemples , recherchant ses lumières, se plaçant sous" sa tutelle, et pour ainsi dire à son école , s'effbrcera de se réformer , de s0 perfectionner et de s'améliorer ; il
travâittera à effacer de ses mœurs et de ses usages les restes de barbarie dont ils peuvent encore être empreints ; il donnera des soins nouveaux , plus éclairés , et mieux entendus à son industrie et à ses arts ; il fondera des institutions politiques ou militaires , qui jusque-là lui manquaient ; en un mot , il fera son éducation de peuple faible de manière à devenir avec le temps un peuple fort; il saura être faible , agir en raison de sa faiblesse, et dans le but d'y mettre un terme; c'est ainsi qùMl deviendra fort. Si au contraire par ignorance, par un stupide et vain orgueil , par un instinct de bête farouche, il dédaigne ou repousse la civilisation qu'on lui présente , au lieu de s'élever , il se dégrade; il se perd de plus en plus dans la barbarie et l'état sauvage ; il ne comprend pas sa faiblesse et ne fait rien pour la faire cesser. Telles sont par exemple certaines peuplades de l'Afrique qui d'une implacable hostilité aux idées européennes , les combattent et les rejettent de toute la force de leur brutale et aveugle volonté. Tels ne sont pas par opposition , les états du sud de l'Amérique , qui nous empruntent non-seulement nos idées et nos livres , mais nos hommes , nos industriels, nos sayans et nos soldats, qui quelquefois même nous les empruntent avec trop d'engouement et d'indiscrétion.
Quant au peuple fort, qui sait sa force et Tusage qu'il doit en faire, qui se sent^à la fois civilisé