‹ Cours de philosphie positiveChapitre 17 sur 28 · XX PREFACE PERSONNELLE · texte numérisé non relu

XX PREFACE PERSONNELLE

d'avance à ce Conseil que, s'il voulait réaliser sa première disposition en ma faveur, il aurait à soutenir une lutte redoutable contre une corporation plus puissante, qui se montrait ainsi disposée à maintenir à tout prix, en cette grave occurrence, le monopole habituel des hautes dispositions didactiques, dont l'ensemble de sa conduite prouve depuis longtemps qu'elle regarde chacun de ses membres comme le possesseur légitime, quelle que puisse être son inaptitude réelle. On devait aisément s'attendre que le Conseil n'oserait engager envers l'Académie une collision aussi inégale. C'est ainsi que fut accomplie, avec un concert apparent des deux votes essentiels, une injustice pleinement caractérisée, dont le poids naturel empêchera toujours sans doute envers moi toute convenable réparation, malgré la composition mobile du corps spécial qui s'en rendit l'instrument passif, d'après la fixité naturelle de la puissante Compagnie qui en fut le principal moteur, et où d'ailleurs les antipathies que j'inspire doivent être continuellement rajeunies, parce qu'elles tiennent directement, soit à la situation générale de l'esprit humain au dixneuvième siècle, soit au caractère fondamental de ma nouvelle philosophie.

Après cette triple appréciation des tendances diversement hostiles qui doivent faire spontanément converger contre mon essor légitime toutes les classes antagonistes contre lesquelles est aujourd'hui partagé l'empire intellectuel, il serait assurément superflu de faire ici autant ressortir leur commune disposition à me priver accessoirement des différentes récompenses honorifiques qui dépendent de leur arbitrage, quels que puissent jamais être, à cet égard, mes droits naturels. Quand M. Guizot eut attaché son nom à la dangereuse restauration d'une académie heureusement supprimée par Bonaparte, la plupart de mes amis, et même de mes ennemis, pensèrent qu'on ne pouvait se dispenser, ne fût-ce que d'après mes travaux originaires en philosophie politique de m'introduire directement dans une compagnie où, à défaut de toute véritable unité mentale, on s'efforçait de réunir tous ceux qui, à un titre quelconque, et par les voies les plus inconciliables, avaient semblé, coopérer au perfectionnement des études morales et sociales. Presque seul alors je compris que, quelque opposition mutuelle qui dût, en effet, exister entre ces diverses tendances spéculatives, leur commune nature métaphysique les réunirait toujours contre moi. C'est donc

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