EXPÉRIENCES DE M. FLOURENS SUR LES MÉTIS
nitz, le voilà mixte, mi-parti, composy[e deux moitiés, d'une moitié chacal et d'une moitié chien.
Je prends ce métis et je l'unis avec une chienne ; celle fois le produit ne représente plus qu'un quart de chacal. J'unis encore ce métis (quart de chacal) avec une chienne ; le produit ne représente plus qu'un huitième de chacal (1). Enfin, j'unis ce métis (huitième de chacal) avec une chienne. Le produit n'a plus rien du chacal : c'est un chien.
Tous ces produits vont passer sous vos yeux.
Remarquez qu'il dépend de moi d'obtenir un chacal au lieu d'un chien : il me sulBi pour cela d'employer, dans la série descroisemens, la femelle du chacal, au lieu de celle du chien.
Par conséquent, j'ai pu, par mes expériences, changer le prétendu germe préexistant.
Il ne me semble pas possible que l'hypclhèse de la préexistence des germes résiste à celle démonstration.
(Le professeur fait amener devant l'auditoire d'abord le chaca et la chienne, puis les quatre générations de métis qui en sont provenas, dans l'ordre quivient d'être énoncé; tous ces animaux sont vivans.
Le professeur fait remarquer que les différences sitperficieUes, qui distinguent l'espèce du chien de l'espèce du chacal, se rapportent : 1° aux oreilles: le chien les a pendantes, le chacal les a droites ; 2° aux poils : le chien domestique n'a que le poil soyeux, le chacal a les deux poils, soyeux et laineux ; 3° à la queue : celle du chien est recourbée, celle du chacal est pendante; U° enfin, à la qualité psy-
(1) Aux Colonies, le langage rend fidèlement un pareil ordre de faits, dans le croisement des races humaines. Le produit du mulâtre (moitié blanc et moitié noir) avec une blanche ou une négresse est un quarteron ; il n'a qu'un quart de nègre, si l'union s'est faite avec une blanche, et qu'un quart de blanc, si l'union s'est laite avec une négresse. Le produit du quarteron, soit avec une blanche, soit avec une négresse, est un octavon; il n'a qu'un huitième de nègre, si l'union s'est faile avec une blanche, et qu'un liuilième de blanc, si l'union s'est faite avec une négresse.
chique : le chien est perfectible et sympathique à l'homme, le chacal est sauvage.
Les auditeurs peuvent facilement reconnaître que les caractères du chacal j mêlés j par moitié, à ceux du chien dans le premier produit , s'effacent progressivement dans les autres et disparaissent dans le dernier; et cela en même temps que Les caractères du chien prennent plus d'importance et finissent par dominer exclusivement.)
Douxlcme Iicçon.
SoMMMRE. — Conséquences à tirer des expériences de M. Flourens sur les métis : 1° le germe ne préexiste pas; 2o la formation est instantanée, simultanée; 3" le mMe est pour autant que la femelle dans la production du nouvel être. — Animalcules spermatiques ; idées fausses auxquelles a donné lieu leur découverte.
A la fin de ma dernière leçon, j'ai fait passer sous vos yeux une série de mélis, qui, par gradation, font retour à l'espèce du chien. Au lieu de la prédominance du type chien,' il aurait dépendu de moi d'obtenir la prédominance, au même degré dans chacun de ces mélis, du type chacal, et finalement le retour à ce type. Il s'agit maintenant de méditer sur ces faits, de les interpréter.
J'ai uni un chacal et une chienne. Je dis à ceux qui placent les germes emboîtés dans la femelle : si les germes préexistent dans l'ovaire de la chienne, tous ces germes doivent être chiens. D'oîi vient donc que le produit que j'obtiens immédiatement est moitié chien et moitié chacal ? Je continue, je prends ce métis (un mélis femelle) et je l'unis au chacal : le produit n'a plus du caractère du chien que le quart, il appartient pour les trois autres quarts au chacal. Poursuivant mon expérience, je finis par obtenir un individu tout à fait chacal. Ainsi, avec un germe qui, primitivement, était c/iien J'ai obtenu finalement un individu chacal.
Pour ceux qui prétendent que les germes résident dans le mâle, je renverse l'expérience : à chacun des métis mâles je donne successive-