CARACTÈRE DE LA VIE FOETALE
appeler halos, lerme emprunté à l'astronomie. Ces halos sont les vaisseaux nidiraentaires de la membrane du jaune. Les deux feuillets de celte membrane sont écartés l'un de l'autre par un liquide limpide, au milieu duquel apparaît distinctement le linéament du nouvel être. Un pointillé rouge se remarque sur les halos. Troisième jour : Un très beau réseau vasculaire couvre les halos ; il résulte du développement des vaisseaux omphalo-mésentériques ; c'est Vimage veineuse des anciens. Le fœtus se dessine sous la forme d'un croissant, au centre duquel est un globule sanguin qui saute, punclum saliens ; c'est le cœur. Aristote avait vu avec admiration ce point qui saute dans l'œuf de l'oiseau. Harvey l'observa dans Tœuf du mammifère , et son ravissement fut tel, qu'il courut chercher le roi Charles I", pour lui faire contempler la merveille.
Quatrième jour : Le fœtus est plus développé ; son canal intestinal apparaît ; ra//ûnïoirfe, qui avait déjà paru, croît rapidement,; Vamnios est formé.
Le sixième jour, la vésicule du germe présente le nouvel être complet.
Ce nouvel être sera un jour l'être adulte; mais, quant à présent, il s'en distingue par des caractères fondamentaux.
On croit communément que la différence entre le fœtus et l'adulte ne consiste que dans la taille; ainsi, le fœtus du cheval serait, tout simplement, un cheval en petit. Non , la différence est plus profonde. La vie fœtale a toute une organisation qui lui est propre. Il y a des organes fœtaux, il y a des organes d'adultes. Ceux-ci sont, en quelque sorte, des organes de rechange.
Remarquons que la vie animale (locomotion, vue, audition, etc.) est encore assoupie dans le fœtus. Il n'y a que la vie végétative qui soit en action, et elle s'exerce par des organes qui sont autres que ceux de la vie végétative de l'adulte. Ainsi, il a une peau extérieure , l'amnios, qui n'est pas la peau de l'adulte; il respire, à sa façon , par les vaisseaux omphalo-mésentériques d'abord, puis par les vaisseaux ombilicaux ; il a une poche extérieure pour recevoir l'excrétion des urines , l'allanioïde.
Ce sont toutes ces parties qui constituent l'œuf. Nous pouvons définir l'œuf : l'ensemble des organes temporaires du fœtus.
Dlx-hnitlème Ijeçon.
Sommaire.— Membranes de l'œuf : lo membrane calcaire ou chorion; 20 amnios; 3° membrane du jaune ou membrane ombilicale ; 4o allantoïde.
Ne perdez pas de vue, dans la suite de ces études ovologiques, le caractère fondamental que je vous ai fait connaître, savoir, que le fœtus se nourrit, respire, vit, en un mot, par des organes qui lui sont propres, par des organes que n'a pas l'adulte. Ainsi, le fœtus a une peau extérieure, un intestin, une vessie urinaire, des poumons qui lui sont propres. C'est l'ensemble de ces parties qui constitue l'œuf.
A le considérer d'une manière générale, l'œuf est la réunion de quatre poches ou membranes ; ce sont : 1° la membrane calcaire ou le chorion ; 2" l'amnios; 3° la membrane du jaune ou la membrane ombilicale ; k° l'allantoïde. Étudions chacune de ces membranes, toujours dans l'œuf de l'oiseau. Les préparations que je vais meure sous vos yeux vous laisseront de ces organes une notion claire.
1" La membrane calcaire (dans les mammifères elle prend le nom de chorion), la membrane calcaire est l'enveloppe générale, la plus extérieure de toutes. Elle recouvre tout le reste , c'est-à-dire les trois autres membranes et le fœtus. Elle est soutenue, fortifiée par la coquille, laquelle n'existe pas dans l'œuf des mammifères, et que nous ne retrouvons pas davantage dans le plus grand nombre des espèces ovipares. La coquille n'est, en effet, ainsi que nous l'avons vu, qu'une production adventice, inorganique, une simple sécrétion de carbonate calcaire.
La membrane calcaire ne tient pas au fœtus, tandis que les trois autres poches sont des émanations du fœtus.
Tels sont donc les deux caractères essentiels de la membrane calcaire : c'est une enveloppe générale, et elle ne tient pas au fœtus.
2° L' aînm'os est cette membrane très line, blancbe, pellucide que
MEMBRANES DE l'CEIÎF. 8l
VOUS voyez. L'aranios est un sac fermé, composé de parois membraneuses; il enveloppe et protège le fœtus, en l'entourant d'un liquide séreux appelé liquide amniotique.
Le petit poulet se trouve complètement renfermé dans l'amnios et entouré du liquide amniotique à la fin du quatrième jour de l'incubation.
L'amnios a pour caractère de servir d'enveloppe immédiate au fœtus.
Z" La membrane du jaune est l'intestin extérieur du fœtus. Son analogue dans l'œuf des mammifères est la membrane ou vésicule ombilicale.
La membrane du jaune présente une disposition très remarquable : elle tient au fœius par un pédicule qui n'est lui-même que la continuation de l'intestin du fœtus.
Celle disposition était invoquée par Haller comme une preuve péremptoire de la préexistence des germes. Haller disait : Nous voyons la poule pondre des œufs sans le concours du mâle. C'est déjà un indice de préexistence. Nous voyons ensuite l'œuf (c'est-à-dire le jaune et sa membrane) tenir au poulet. Donc Vœuf et le poulet n'ont jamais fait qu'un, et préexistaient ensemble.
Non : les vaisseaux du vitellus, ànjaune, viennent du poulet : c'est le prolongement de ses vaisseaux mésentériqaes ; et le sac qui enveloppe le vitellus et sa membrane vient aussi du poulet : c'est le prolongement de son intestin.
k° Uailantoïde est une quatrième poche, qui ne paraît qu'après les trois autres. C'est enire la 48"" et la 60""= heure de l'incubation que cette sorte de germination a lieu. Le quatrième jour, l'allantoïde croît rapidement; le cinquième, elle a un long pédoncule ; le sixième, elle se montre comme une grosse vessie aplatie. Dans les derniers jours de la seconde semaine, elle enveloppe tout le fœtus, y compris le sac vitellin, tapisse l'intérieur de la coque et se compose d'un réseau vascnlaire extrêmement riche, contenant un sang vermeil. Les troncs de ce réseau sont les vaisseaux ombilicaux, composés de deux veines et de deux artères.
Les vaisseaux de rallantoïcie constituent essentiellement le poumon du poulet dans l'œuf, son organe de respiration, l'organe qui présente le sang à l'action de l'air.
L'allantoïde a aussi pour usage de recevoir l'excrétion urinalre du fœtus.
Haller est le premier qui ait bien observé l'allantoïde dans l'oiseau. Il en parle dans les termes suivans :« L'allantoïde paraît de bonne heure et dès avant le troisième jour.»
Formons-nous maintenant une idée du rôle physiologique de ces quatre poches membraneuses dans les ovipares :
Pour des organes si petits, si frêles, une enveloppe commune était nécessaire. Cette enveloppe est la membrane calcaire qui se trouve encore fortiflée par la coquille. Le développement du fœtus de l'oiseau devant se faire hors du sein de la mère, à l'extérieur, on comprend la nécessité de ce surcroît de protection. Au moyen de sa coquille , l'œuf peut résister aux agens de destruction qui l'environnent.
Il fallait que le nouvel être fût préservé du contact des autres parties qui composent l'œuf. C'est l'amnios qui le contient privativement, qui l'en isole. Ce n'est pas tout; il fallait prévenir les chocs, les secousses : la prévoyante nature a fait sécréter un liquide par l'amnios. Dans ce liquide le nouvel être est ballotté doucement ; l'eflfet des chocs et des secousses est amorti.
S'il n'y avait pas eu dans l'œuf une provision de nourriture, comment le fœtus aurait-il vécu? — La membrane du jaune contient une provision de matière nutritive, telle qu'il la fallait pour le jeune être. Cette provision, appelée Jaune on vUellus, a été si bien mesurée, que le fœlus trouve dans l'œuf ce qu'il lui faut de nourriture précisément pour le temps de son développement, ni plus ni moins. (Dans le vivipare, il se développe, parallèlement au développement du fœtus, un organe destiné à préparer l'aliment nécessaire au nouvel être : cet organe est la mamelle, et cet aliment est le lait.)
Toute nutrition implique une excrétion. Dans la vie fœtale, l'excrétion est exclusivement liquide , c'est-à-dire urinaire. Elle ne peut pas sortir