‹ Cours de physiologie comparéeChapitre 27 sur 54 · NUTRITION DU FŒTUS VIVIPARE · texte numérisé non relu

NUTRITION DU FŒTUS VIVIPARE

Viiigt-ct-unièmc et vlngt-ilcnxlème liCçons.

Sommaire. — Mode de génération des marsupiaux. — Œuf du reptile ; œuf du poisson, — La fécondation se fait sur l'œuf. — Œuf humain.

Nous avons retrouvé dans l'œuf des mammifères toutes les parties principales de l'œuf des oiseaux. Nous avons vu que ce qui donne un caractère particulier à l'œuf des mammifères, c'est, d'un côté, le peu de développement de la membrane ou poche vitelline, et, d'un autre côté, l'existence d'un ou de plusieurs placentas ; tandis que, dans l'œuf de l'oiseau, la membrane vitelline est très développée et que le placenta n'existe pas : nous avons donné la raison physiologique de ces différences. Enfin, nous avons vu que le fœtus des mammifères respire et se nourrit aux dépens de sa mère et par le moyen du placenta.

Le fœtus respire par sa mère : les expériences de Vésale et de Legallois ne laissent aucun doute à cet égard. Est-il également certain qu'il se nourrit par sa mère ? Pour moi, je n'en doute pas. Où le fœtus puiserait-il les matériaux de sa nourriture ? Dans la membrane ombilicale ? Oui, durant les premiers jours ; mais ces matériaux, peu abondans, ont bien vite disparu. Dans l'amnios ? Mais l'aranios est le produit d'une excrétion émanée du fœtus lui-même. Se nourrir de son excrétion est impossible. Ainsi, déjà, et par la seule voie de l'exclusion, on arrive à trouver que le fœtus se nourrit par sa mère. Mais nous pouvons fournir du fait une preuve plus sensible : si, dans la matrice, on dégreffe, on sépare l'un de l'autre les deux placentas , fœtal et utérin, du moment que la connexité n'existe plus, le fœtus meurt; c'est que les éiémens de respiration et do nutrition ne lui arrivent plus. Tous les jours cet accident se produit : ne cherchons pas d'autre cause aux fausses-couches que le dégreffement des placentas.

Reste une difficulté à résoudre, et je vous l'ai indiquée : si le fœtus se nourrit par sa mère, il y a nécessairement une communication entre les vaisseaux du placenta fœtal et les vaisseaux du placenta utérin. A ce

sujet, vous avez vu mes expériences ei je vous ai dit les objections qu'on y a faites; objections que, pour le moment, j'admets comme valables. Je me propose de continuer mes expériences ; peut-ôtre arriverai-je à quelque chose de tout à fait concluant. Dès à présent, il me suffit qu'il y ait contiguïté entre les vaisseaux de l'un et de l'autre organe pour que j'affirme la communication ; elle peut se faire par voie d'endosmose.

D'après ce que nous avons dit du développement du fœtus des mammifères, il semblerait naturel que tous les animaux de cette classe eussent un placenta. Il n'en est pourtant pas ainsi. La découverte de l'Amérique nous a révélé tout un groupe nouveau de mammifères qui n'offrent aucune trace de placenta : ce sont les marsupiaux ou, comme Linné les appelait, les clidelphes, ordre important et dont le premier genre connu, le genre américain , est celui des sarigues. La découverte de ces animaux fut un événement physiologique. L'étonnement des savans redoubla lorsqu'ils apprirent, peu de temps après, que, dans la Nouvelle-Hollande, on ne trouve presque, en fait de mammifères, que des marsupiaux.

Les marsupiaux ont un mode de génération particulier : la femelle est pourvue à l'extérieur d'une poche ou bourse ; dans cette bourse sont des mamelles , et à chacune des mamelles est attaché , durant tout le premier temps de l'allaitement, et comme greffé, un fœtus.

Deux os caractéristiques en forme de languette, articulés et mobiles sur le pubis, servent à l'attache des muscles qui ouvrent et ferment la poche : on les appelle os marsupiaux.

Tout d'abord, on se demanda : les petits naissent-ils dans celte poche, et se forment-ils aux mamelles de leur mère ? On le crut, sur les apparences. Et cette opinion ne fut pas seulement celle du vulgaire ; elle eut cours parmi les naturalistes. Marcgrave l'admet; je trouve dans son ouvrage , Rerum naturalium Brasiliœ libri octo (IG^iS), le passage suivant : « La bourse est proprement la matrice de la sarigue. Je m'en suis assuré par la dissection. »

Valenlyn, ministre de la religion réformée et voyageur, dit dans son

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