DE L'ONTOLOGIE OU ÉTUDE DES ETRES
Première Iieçon.
Sommaire. — La pliysiologie comprend : 1" l'étude des parties, 2° l'élude des êtres. — Qii'enlend-on pai- êtres de la nature? — L'étu.le des parties est la biologie, l'étude des êtres est l'ontologie. — L'ontologie comprend : 1 " la néont.ologie, 2" la paléontologie. — Les espèces se perdent; la quantité de vie reste la même.
La physiologie est la science de la vie.
Ce merveilleux phénomène de la vie peut être considéré sous deux grands aspects :
On peut considérer la vie en elle-même, c'est-à-dire dans les forces dont elle est douée et dans les fonctions qui la constituent. C'est la physiologie proprement dife. Relativement aux fonctions, on les a divisées en trois ordres : !• fondions de nutrition ; 2» fonctions de conservation ; 3° fonctions de perpétuation.
A côté de l'étude propre de la vie, il y a l'étude des êtres vivans.
Ce second aspect de la physiologie a été ébauché dans mes précédentes leçons. J'ai parlé de l'espèce, de la formation des races, de la succession des êtres sur le globe; mais je l'ai fait, pour ainsi dire, par occasion. Aujourd'hui je traiterai de ces matières méthodiquement.
Lu physiologie proprement dite est une étude analytique et expérimentale. Que faisons-fious en étudiant la vie prise en elle-même ? Nous cherchons toutes les propriétés qui se jouent dans l'organisation ani-
maie: nous localisons les forces et les fonctions. Cette localisation a été poussée si loin, qu'on a pu isoler les forces nerveuses les unes des autres. Et c'est en avançant dans cette recherche de localisation qu'on a successivement porté la science jusqu'au point où nous la voyons aujourd'hui.
Dans l'étude de l'anaiomie, Bichat avait tracé cette voie. Dans l'étude de la physiologie, c'est moi qui l'ai indiquée.
L'étude des êires nous donne une auire science. Nous ne décomposerons plus les êtres : nous les étudierons en eux-mêmes, chacun ayant sa délerniinaiion propre.
Pour me résumer, je divise la physiologie en : 1» Physiologie des parties ; Et 2» Physiologie des êtres.
Je traiterai, dans ce cours , de la physiologie des êtres. J'étudierai ces quatre questions principales :
1» La spéciûcaiion des êtres ;
2* La formation des êtres ;
3» La répartition des êtres dans l'espace, ou sur la surface du globe ; 4" La répartition des êtres dans le temps , ou dans les différens âges du globe.
Ce mot être est un mot nouveau. On le trouve un peu employé, mais non encore dans un sens plein et entier, par Bonnet, qui écrivait dans la seconde moitié du xviii'"^ siècle. Aujourd'hui il est familier.
J'appelle être de la nature tout corps qui a une constitution , des qualités, des lois propres. Tout corps ainsi individualisé est un être de la nature : par exemple, un minéral, un singe, le globe que nous habitons , les corps qui roulent dans l'espace sont des êtres de la nature.
La grandeur ou la petitesse n'y fait rien: ce ne sont là que des attributs relatifs. On ne connaît ni la grandeur ni la petitesse absolues. La pensée ne peut donner une limite à l'espace, pas plus qu'aux divisions de la matière. L'homme est placé entre deux inlinis.
Il ne s'agira, dans mon cours, que des êtres animés, des animaux.
Au point de vue que je viens d'indiquer, on peut diviser la science
humaine, le savoir humain, en deux grandes parties (je ne parle que de l'ordre physique et physiologique, laissant de côté les sciences mathématiques) :