‹ Cours de physiologie comparéeChapitre 35 sur 54 · PÉRIODE VIVANTE. — PÉRIODE BRUTE · texte numérisé non relu

PÉRIODE VIVANTE. — PÉRIODE BRUTE

par intervalles sont les échos affaiblis des grandes commotions d'autrefols.

L'histoire du globe comprend deux périodes : 1° celle où la vie n'a point encore paru— je l'appelle période brute; — 2» celle où la vie s'est manifestée — je l'appelle période vivante.

Je suivrai , pour l'examen de ces périodes, non point l'ordre des temps, mais l'ordre de nos découvertes.

Le premier fait qui nous ait révélé un passé différent de l'arrangement actuel, c'est la découverte des coquilles marines sur la terre sèche. Pour peu que l'on fouille le sol , on en trouve partout, même à de grandes distances de la mer et à des hauteurs très considérables.

La mer, à une certaine époque, a donc couvert la terre actuellement sèche 5 et elle y a laissé, en se retirant, ces coquilles, dépouilles de ses anciens babitans.

Les couches de terre qui recèlent les coquilles marines sont ellesmêmes d'autres témoins du séjour de la mer ; c'est, en effet , le travail des eaux, ce sont les sédimens des eaux qui les ont formées : aussi les voyons-nous constamment disposées en lignes horizontales.

Autre circonstance essentielle : ces couches horizontales viennent expirer au pied des montagnes, et là nous trouvons d'autres couches plus ou moins verticales. Or , dans le principe, ces couches obliques ou verticales ont été déposées horizontalement ; une cause que je vous ferai connaître plus tard les a redressées. Elles plongent sous les premières où nous avons trouvé ces lits de coquilles et contiennent elles-mêmes aussi des coquilles, mais d'espèces et même de genres fort différens.

Les eaux ont donc séjourné sur la terre à diverses époques.

Ce n'est pas tout : en fouillant plus avant, nous arrivons à des couches qui nous offrent des restes de mammifères; plus profondément, nous trouvons des débris de reptiles , puis des débris de poissons, et puis d'autres coquilles encore. Les couches d'animaux marins alternent avec les couches d'animaux terrestres.

Nous sommes fondés à conclure de tout cela qu'à différentes reprises, la mer a successivement recouvert la terre , et l'a successivement dé-

laissée. Il esl facile , d'après les indices fournis par l'observation , de concevoir ce qui s'est passé à ces époques anté-historiques : les eaux, en se déplaçant violemment, d'un côté, laissaient à sec une population marine, et, de l'autre, submergeaient une population terrestre. Effroyables destructions auxquelles en succédaient d'autres non moins effroyables : la mer, reprenant son ancien lit, y trouvait des animaux terrestres qu'elle anéantissait à leur tour ; tandis que, derrière elle, d'innombrables animaux marins périssaient sur le sol rendu encore une fois à la vie terrestre.

Telle a été la période vivante.

Tous ces faits se déduisent rigoureusement de l'observation. Rien, dans le récit qui précède, ne touche à l'hypothèse.

EnGn, si nous fouillons à une plus grande profondeur encore, arrivés aux terrains primitifs , à ce qui constitue la charpente du globe, nous ne trouvons plus de débris d'animaux. Il y a donc eu une époque où la vie n'a pas existé sur le globe ; et ceci est la période bi'ute. Cette phase de l'histoire du globe nous offre des phénomènes d'un ordre tout différent.

Dans la période vivante^ l'eau est le grand agent qui se manifeste. Ses déplacemens causent d'immenses destructions d'êtres vivans ; l'eau produit des couches successives de sédimens ; c'est elle qui a façonné, pour ainsi dire, le globe dans son enveloppe la plus externe. Durant la période brute, l'agent qui se montre est le feu. Tout porte la preuve, nous le verrons, que, dans le principe, ce globe était incandescent, liquéfié par le feu dans toute sa masse.

Le feu et l'eau, voilà les deux forces qui ont agi dans l'enfance de la terre : tout l'effort, tout l'objet même de la géologie esl de démêler aujourd'hui, dans la contexture du globe, ce qui fut l'effet du feu de ce qui a été l'effet de l'eau.

Primitivement, le globe était incandescent. Cette grande idée, si, depuis un quart de siècle, nous n'avions pas suivi les progrès de la science, aurait de quoi nous étonner, et profondément. Aujourd'hui, nous sommes familiarisés avec elle.

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