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FORMATION DU GLOBE; OPINIONS EE BUFFON

premier agent de la formation de la terre, c'est le feu ; le second agent, c'est l'eau. Une des plus admirables idées que la science ait conçues, la belle, la grande idée de la chronologie du globe était, pour la première fois, nettement formulée.

Ce n'est plus à l'action de l'eau, c'est à l'action du feu que Buffon rapporte la formation des montagnes. Sur une masse de métal fondu et commençant à se refroidir, il avait observé des boursouflures, des aspérités. De même, c'est au moment où la matière ignée du globe prenait consistance, que les montagnes se sont formées.

Cette théorie n'est pas absolument vraie ; car, à ce compte, toutes les montagnes auraient été formées en même temps, et cela n'est pas : les montagnes ont eu des époques successives de formation, la science moderne l'a démontré. Toutefois, Buffon se rapproche ici de la vérité.

Je cède au plaisir de vous lire les premières lignes des Époques de la nature :

« Comme, dans l'histoire civile, on consulte les titres, on recherche les médailles, on déchiffre les inscriptions antiques, pour déterminer les époques des révolutions humaines, et constater les dates des événemens moraux ; de même, dans l'histoire naturelle, il faut fouiller les archives du monde, tirer des entrailles de la terre les vieux monumens, recueillir leurs débris et rassembler en un corps de preuves tous les indices des changemens physiques qui peuvent nous faire remonter aux différens âges de la nature. C'est le seul moyen de fixer quelques points dans l'immensité de l'espace, et de placer un certain nombre de pierres numéraires sur la route éternelle du temps

» Comme il s'agit ici de percer la nuit des temps ; de reconnaître, par l'inspection des choses actuelles, l'ancienne existence des choses anéanties et de remonter par la seule force des faits subsistans à la vérité historique des faits ensevelis ; comme il s'agit, en un mot, de juger non seulement le passé moderne, mais le passé le plus ancien par le seul présent et que, pour nous élever jusqu'à ce point de vue, nous avons besoin de toutes nos forces réunies; nous emploierons trois grands moyens : 1° les faits qui peuvent nous rapprocher de l'origine

de la nature; 2° les monumens qu'on doii regarder comme les témoins de ces premiers âges ; 3» les traditions qui peuvent nous donner quelque idée des âges subséquens ; après quoi nous tâcherons de lier le tout par des analogies et de former une chaîne qui, du sommet de l'échelle du temps, descendra jusqu'à nous. »

Quelques pages plus loin, BulTon établit l'état primitif de fluidité du globe : la terre, renflée à l'équateur et aplatie aux pôles, a précisément la figure que prendrait un globe fluide qui tournerait sur lui-même avec la vitesse que nous connaissons au globe de la terre. Nul doute que celte fluidité n'ait été une liquéfaction causée par le feu : la liquéfaction ignée est attestée par la chaleur intérieure du globe, encore actuellement subsistante, et par la mt\xre vitrescibleàea matières qui composent la partie la plus profonde de l'écorce de la terre.

La formation des matières calcaires est d'un autre temps et d'un autre élément : Bufl'on les fait toutes provenir (et en ceci il se trompe) des coquilles et des débris des animaux de la mer.

Buffon passe ensuite à la division des époques de la nature. Voici le sommaire de chaque époque : 1" époque : lorsque la terre et les planètes ont pris leur forme ; 2"* époque : lorsque la matière s'étant consolidée a formé la roche intérieure du globe, ainsi que les grandes masses vilrescibles qui sont à sa surface; 3°" époque : lorsque les eaux ont couvert nos Continens ; époque : lorsque les eaux se sont retirées et que les volcans ont commencé d'agir; 5°" époque : lorsque les éléphans et les autres animaux du Midi ont habité les terres du Nord ; G"» époque : lorsque s'est faite la séparation des Continens ; 7°* époque : lorsque la puissance de l'homme a secondé celle de la nature.

C'est ainsi que Buffon, suivant ses belles expressions, du sommet de l'échelle du temps descend jusqu'à nous.

A chacune de ces époques il assigne une durée. La durée totale des époques ou l'âge de la terre, à compter de son point d'incandescence jusqu'à nos jours, serait de 75,000 ans ; la vie de la nature sensible durerait depuis 35,000 ans. Buffon avait été conduit à ces résultats par de

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