LA FÉCONDITÉ BORNÉE DONNE LE GENRE
rexiérieur de l'être ; et pourtant le chien et le renard, accouplés, n'ont même pas la fécondité bornée ; ils sont de genre différent.
Entre l'hyène et le chien, il n'y a non plus jamais de production.
Ainsi un caractère certain pour distinguer Yespèce, c'est la fécondité continue.
Un caractère certain pour distinguer le genre, c'est la fécendité bornée.
Le genre est la limite de la parenté.
J'exclus de la nomenclature zooiogique le terme famille. Il fait naître dans l'esprit l'idée d'une fausse analogie.
Par famille, on entend, dans le sens ordinaire et vulgaire du mot, une parenté de sang.
En histoire naturelle, ou, plus exactement, en ontologie positive, la véritable famille c'est l'espèce, parce que tous les individus, toutes les races d'une espèce donnée viennent du même sang.
Dégageons maintenant l'idée de collection de l'idée de suite.
L'idée de suite se rapporte à l'espèce. Tous les animaux de la même espèce sont des descendances, des suites les uns des autres. Elle n'est pas applicable au genre ; il n'y a pas là de suite, puisque la fécondité est bornée.
L'idée de collection se rapporte à l'embranchement, h la classe, à l'ordre. Les mammifères, les ruminans, les rongeurs, etc., ne viennent pas les uns des autres. Ce sont des collections.
Nous comprenons maintenant l'idée de Buffon : Les espèces sont les seuls êtres de la nature.
Les espèces sont les formes primitives de la nature. Les individus n'en sont que des représentations, des copies.
Troisième lieçon.
Sommaire. - L'espèce est permanente. - Elle est fixe. — Question de fixité ou de mutabilité de l'espèce: historique. — Maillet. — Robinet. — Lamarck. — Tliéorie des arrêts de développement. — La fixité de l'espèce prouvée par les faits.
Nous l'avons vu dans ma dernière leçon : la fécondité continue donne le caractère de l'espèce; la fécondité bornée donne le caractère du genre.
Lorsque , dans la classification, on s'arrête aux caractères de similitude, on reste dans le vague, dans l'arbitraire. Il faut quelque chose de certain : cette certitude nous la trouvons dans la fécondité.
Passé ces deux groupes (espèce et genre), toute parenté finit. Il n'y a plus consanguinité.
Tous les autres groupes ne sont plus que des collections.
L'idée de parenié est une idée que j'introduis dans l'histoire naturelle ; mais j'en exclus le mot famille.
On dit que le chien, l'hyène, le renard sont de la même famille ; cela n'est pas. Ils ne sont pas parens ; il n'ont même pas la fécondité bornée.
Au mot famille je substitue le mot tribu, qui est employé, d'ailleurs, par la plupart des naturalistes.
La tribu est une certaine collection de genres. De celte première coUeciion on s'élève à d'autres, à l'ordre, à la classe, à l'embranchement.
Je passe à la question de la fixité des espèces. Nulle espèce ne finit d'elle-même.
Depuis la première apparition de la vie, ce globe a été soumis à un grand nombre de révolutions. Ce qui a péri d'animaux, à chaque révolution, est innombrable. J'ai dit que, même depuis les temps historiques, des espèces ont disparu : par exemple, le dronte, détruit par les matelots portugais.