‹ Cours de physiologie comparéeChapitre 50 sur 54 · MAMMIFÈRES FOSSILES · texte numérisé non relu

MAMMIFÈRES FOSSILES

Ceg opinions de Buffon réfutées, je reprends l'examen des mammifères fossiles.

Vous connaissez l'élépliant fossile ou mammouth des Russes. Je vous parlerai maintenant du mastodonte, autre animal gigantesque.

En 1739, un oITicicr français, M. de Longueil, naviguant dansTOhio, des sauvages de sa troupe découvrirent, à peu de distance de ce fleuve, des os, des mâchelières et des défenses d'un grand animal. L'année suivante cet officier trouva, dans la même localité, un fémur, une extrémité de défense et trois mâchelières. Les sauvages regardaient ces ossemens, épars au Canada et dans la Louisiane, comme provenant d'un animal qu'ils appelaient le père aux bœufs. M. de Longueil rapporta le tout à Paris.

Ces débris frappèrent Buffon et lui flrent concevoir l'idée d'une espèce perdue : « Tout porte à croire, dit-il, que cette ancienne espèce, qu'on doit regarder comme la première et la plus grande de tous les animaux terrestres, n'a subsisté que dans les premiers temps et n'est point parvenue jusqu'à nous. »

On désigna l'animal auquel appartenaient ces débris sous le nom vague d'animal de COIdo.

Daubenton rapportait à l'hippopotame une partie des ossemens trouvés près de l'Ohio, et l'autre partie à l'éléphant.

W. Hunter prétendait, à son tour, que le tout appartenait à un éléphant, et, voyant aux mâchelières des tubérosités formidables, il voulait que cet éléphant fût cai nivore.

Cuvier mit tin aux incertitudes. Il fit voir que cet animal devait former un genre particulier comprenant plusieurs espèces. Il l'appela mastodonte, de deux mots grecs qui signifient dents mamelonnées.

Le mastodonte était un quadrupède de la forme et de la taille de l'éléphant, pourvu comme lui d'une trompe et de longues défenses implan ^ lées dans l'os incisif, ayant des pieds de la même structure, et n'en différant, en un mot, d'une manière essentielle, que par ces dents molaires armées de tubercules ou mamelons.

Dinotliéiium est le nom générique d'un très grand mammifère. Cu-

l'O PALÉONTOLOGIE.

vier, qui n'en avait connu que les dents molaires et un radius mutilé, l'avait appelé tapir gigantesque. Le nom qu'il porte actuellement lui vient de M. Kaup, qui en a découvert, en 1829, une mâchoire inférieure dans les sablières d'Eppelsheim (Prusse rhénane).

Le dinothérium surpassait en grandeur et en force les plus grands éléphans, et sa tête était non moins extraordinaire par sa grosseur et par sa force que celle de ces derniers animaux. Deux défenses, dont les pointes étaient dirigées vers la terre, lui sortaient aussi de la bouche ; mais elles appartenaient à la mâchoire inférieure qui , à cet eflet, était recourbée en bas, en décrivant un quart de cercle immédiatement en avant des molaires, disposition qui ne se trouve dans aucun des animaux actuels connus.

Voici le mégathérium. Son organisation nous offre, sur une grande échelle, un composé des organisations des paresseux, des fourmiliers et des tatous actuels.

Il est douteux qu'il existe plus d'une espèce hippopotame vivante; et il est incontestable qu'on en rencontre plusieures espèces fossiles.

Le rhinocéros avait aussi ses analogues dans la nature fossile. En 1822, Cuvier comptait déjà quatre espèces de rhinocéros fossiles. Nous n'avons pas oublié le rhinocéros couvert de sa peau, que Pallas trouva en Sibérie.

Les mammifères que nous avons vus jusqu'ici appartiennent, sauf le mégathérium, à l'ordre des pachydermes, et on les trouve tous dans les terrains meubles et d'alluvion. Remarquons que, bien que toutes ces espèces de pachydermes soient perdues, les genres auxquels elles appartiennent subsistent.

Il n'en est pas de même des pachydermes trouvés, pour la plupart, dans les carrières h plâtre de Montmartre , pachydermes qui sont : le palœothérium, Vanoplothérium, le lophiodon, etc. De ceux-ci tout est perdu, les genres aussi bien que les espèces.

Je ne puis vous parler de ces derniers animaux sans vous parler aussi de la restitution que Cuvier en a faite et de lajoi célèbre des con-élations organiques qui l'a guidé dans cette restitution.

Page 1