PHÉNOMÈNES CHIMIQUES - ASPHYXIE
a même constaté que plus l'espace clos est étroit, plus l'absorption de Toxygéne peut y être poussée lointains! en faisant respirer un animal dans'le plus petit espace clos possible, c'est-à-dire dans l'air emprisonné dans ses poumons, alors qu'on l'a étranglé, il épuise la totalité de l'oxygène de cet air. C'est» que l'hémoglobine, en vertu de son afiinité chimique, s'empare de l'oxygène à mesure que ce gaz se dissout dans le sérum, de sorte que celui-ci, constamment spolié, n'arrive jamais à satisfaire son coeflicient d'absorption pour l'oxygène, quelque faible que soit ce coeflicient, et quelque faible que soit la tension de l'oxygène dans l'air ambiant.
2» Quant à l'exhalation de l'acide carbonique, elle ne se produit pas d'une manière aussi simple qu'on pourrait le croire a priori, par une simjjle diffusion gazeuse, ou par un phénomène de dégagement d'un gaz dissous en présence d'une atmosphère qui contient très peu de ce gaz. En effet, l'air des vésicules pulmonaires contient 8 0/0 de CO^, ce qui est une condition peu favorable au dégagement de l'acide carbonique du sang, et, d'autre part, une partie de ce dernier est non dissoute mais coml^née avec les sels du sérum (carbonates et phosphates. Emile Fernet. V. p. 191) >. Il est donc prol)able qu'jl se passe au niveau du poumon une action qui a \)o\vc effet de chasser vivement l'acide carbonique. Cette action est sans doute de nature chimique, et quelques expériences peuvent faire supposer que c'est une action analogue à celle des acides dégageant l'acide carbonique des carbonates. Ce sont ces faits qui donnèrent lieu à la théorie de Robin et Verdeil d'un acide 'pneumique ; l'existence de cet acide n'a pu être constatée, et, du reste, on a vu que toutes les fois que l'oxygène se mêle au sang veineux, même in vitro dans les expériences, l'acide carb mique se dégage
i Bien plus, d'après les recherches de P. Bert, il n'y aurait pas d'acide carbonique en dissolution, c'est-à-dire à l'état libre, dans le sérum ; tout l'acide carbonique du sang veineux est combiné aux sels du sérum. Le fait que l'acide carbonique sort facilement du sang dans les appareils à vide, dit P. Bert [Compt. rend. Acad. des sciences, 2S octobre 1S78) ne prouve pas que ce gaz se trouve dans le sang à l'état de solution et non à Tétat de combinaison, puisque les bicarbonates et les phosphocarbonates se dissocient aisément paï le vide. Pour juger la question, P. Bert analyse d'abord un échantillon de sang au moyeu de la pompe à extraction des gaz; puis il en agite pendant quelques heures un autre échantillon avec de l'acide carbonique pur, jusqu'à ce.qu'il ne se fasse plus d'absorption; faisant alors une nouvelle extraction de gaz, l'expérimentateur défalque du nombre alors trouvé la quantité d'acide carbonique qui, d'après les tables de Bunsen (applicables au sang, suivant Fernet), pourrait à la température ambiante se dissoudre dans le sang: si le chiffre obtenu par cette soustraction est supéi*ieure à celui qui exprimait le volume d'acide carbonique contenu naturellement dans le sang, c'est bien évidemment que les alcalis de ce sang n'étaient pas complètement saturés. C'est précisément ce qui est arrivé dans toutes les expériences entreprises avec cette méthode; jamais il ne s'est trouvé d'acide carbonique dissous ni dans le sang artériel, ni dans le sang veineux. Si donc le sang n'est jamais saturé d'acide carbonique, la sortie de ce gaz pendant la traversée des poumons est un phénomène de dissociation.
aussitôt. On est donc porté aujourd'hui à admettre que la combinaison de l'oxygène avec le globule (oxyhémoglobuline, dont nous avons étudié les cai'actéres spectroscopiques, p. 17d) joue un rôle analogue à celui d'un acide et amené par cela même le dégagement de l'acide carbonique du sang veineux. L'absorption de Toxygène est donc douljlement importante dans la respiration, et comme source d'oxygène et comme cause du départ de l'acide CiU'bonique antérieurement foi'mé. Nous avons vu que, grâce à l'afrinité des globules pour l'oxygène, un animal pouvait, par sa respiration, arriver à dépouiller presque complètement d'oxygène un espace clos. Pour l'acide carbonique, on le comj)rendra facilement d'après les considérations précédentes, le phénomène inveise» mais analogue, ne peut se produire, c'est-à-dire qu'un animal ne peut, dans un espace clos, continuer à exhaler le gaz carbonique jusqu'à en en saturer cet espace. Quand la pression du gaz carbonique dans l'air ambiant équilibre celle de ce gaz dans les capillaires pulmonaires, il n'y plus d'élimination du gaz carbonique du sang ; on peut même produire l'inverse, c'est-à-dire que. dans des conditions arliticielles, en faisant respirer un animal dans une atmosphère d'oxygène renfermant 30 p.U/0 d'acide carbonique, on voit se produire une absorption d'acide carbonique par le sang, la pression de ce gaz dans le poumon étant alors supérieure à celle qu'il a dans le sang.
D. De rasphijojie. — Les études précédentes nous permettent d'indiquer en quelques mots les divers modes selon lesquels peut se produire Y asphyxie. Il peut y avoir a&Y)^\\ie\mv privation d'air 7'espirable, ou par intoxication, c'est-à-dire par absorption de gaz pernicieux.
a) L'asphyxie par défaut d'air respirahle peut se produire de deux manières, ou bien parce qu'il n'y a plus d'oxygène à absorber, ou bien parce que lacide carbonique ne peut plus se dégager.
1"^ Dans une atmosphère qui ne se renouvelle pas, les animaux ne meurent 2ms quand ils ont épuisé la plus grande pjartie de Vox'ijgcne, pourvu que l'on enlève tout l'acide carbonique formé, afin d'éviter les troubles dus à son accumulation ; on voit alors que les reptiles meurent après avoir utilisé tout l'oxygène, les mammifères quand il ne reste plus que 2 p. 100 d'oxygène, les oiseaux déjà quand il n'en reste plus que 4 à 3 p. 100 (Paul Bert). Ces faits nous rendent compte des troubles éiu-ouvés par les aerouautes ou par les voyageurs dans l'ascension des hautes montagnes: la diminution de pression extérieure équivaut à une raréfaction de l'oxygène : pai^ suite la respiration se fait mal, l'oxygène manque pour entretenir les combustions, produire de la chalem' et des forces ; de là la fatigue, le refroidissement, la tendance au sommeil. Ces troubles sont surtout prononcés pendant les ascensions des mon -