‹ Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur KüssChapitre 117 sur 219 · CORDES VOCALES · texte numérisé non relu

CORDES VOCALES

du premier, la seconde se serait irrégulièrement plissce et aurait altéré le son, comme cela se produit dès que la moindre particule étrangère, mucus ou autre, se trouve arrêtée sur la glotte. Il fallait donc la un appareil élastique qui rendit le muscle et la muqueuse indépendants l'un de l'autre, en s'interposant entre les deux. C'est })récisément là le rôle de la corde vocale, et ce que nous avons dit de sa structure démontre assez qu'elle est admirablement conformée pour remplir ce but*.

Les ditierents degrés de rétrécissement de la glotte influent aussi sur la production des sons et modifient leur hauteur ; plus la glotte est resserrée, plus le son est aigu, et quand le son arrive à son maximum d'acuité, la glotte no peut plus se resserrer sans s'oblitérer complètement dans la voix ordinaire ; mais il paraît y avoir une disposition particulière pour ce qu'on appelle voix de tête. Il résulte de la disposition anatomique des parties, que les cordes vocales (anatomiques) se relâchent à mesure que la glotte se ferme. Si, donc ces cordes étaient la partie vibrante, les sons devraient être plus graves à mesure que se produit ce rapprochement des lèvres de la glotte ; il est vrai que l'étroitesse de l'ouverture augmente l'intensité du courant d'air et pourrait ainsi contribuer à l'acuité du son ; mais les choses sont bien plus faciles à comprendre si c'est le muscle qui vibre : comme c'est lui qui, en contractant, contribue à l'oblitération de la glotte et même qui achève cette fermeture, plus il se contracte, plus il est tendu; plus il est, par conséquent, apte à vibrer.

Ainsi les cordes élastiques^ dites vocales, n'ont dans la phonation qu'un rôle accessoire, celui de servir d'intermédiaire entre la muqueuse et le muscle : elles n'empêchent pas plus celui-ci de vibrer que les parties niolles qui entourent l'orbiculaire des lèvres n'empêchent ce muscle de vibrer quand on joue du cor, par exemple.

Les vibrations du muscle thyro-aryténoïdien sont encore rendues plus faciles par la présence des ventricules du larynx, qui n'ont d'autre but à remplir que de donner plus de liberté à ce muscle (fig. 120).

Parties annexées à Vapparcil de la phonation. — Le son produit par la glotte est renforcé par les vibrations de la partie du canal aérien qui précède et suit le larynx. Aussi ces parties présentent-

i V. Henle, Ho.ndhuch der systemalischen Analomie des Menschen, 1371, t. II, p. 259. « Les fibres musculaires avancent tellement vers les cordes vocales et sont tellement unies au tissu élastique, qu'il est impossible de penser que les fibres élastiques vibrent isolément et que les fibres musculaires se retirent du replis rauqueux... Lhitilité du tissu élastigue consiste en ce qu'il peut se roxcowci,v sans former des plis et sans onduler, comme certains ligamenls de la colonne vertébrale. »

elles des mouvements spéciaux peudant la production des sons. Ainsi, pendant l'émission des sons aigus, le larynx monte, et pour cela, nous contractons les muscles sus-laryngés et renversons la tête : pendant les sons graves, le larynx descend et le menton s'abaisse. Ces mouvements sont bien connus, et lorsqu'on examine un malade au laryngoscope, on lui fait parfois émettre de.s notes aiguës, parce qu'alors Tascension du larynx vient le présenter plus facilement à l'exploration. On a voulu rendre raison de ces phénomènes en les comparant à ceux que nous produisons dans les instruments à vent. Dans le premier cas, on allongerait le poii;e-vent (partie sousglottique) et raccourcirait le porte-voix (partie sus-glottique), et cice versa dans le second cas. Mais cette explication est rendue nulle par ce seul fait que les mêmes phénomènes se constatent quai.d nous produisons le son en insph'ant; alors, quoique la valeur physique des appaieils soit renversée (porte-voix devenu porte-vent et vice versa), le lai'ynx s'élève toujom's pour les sons aigus et s'abaisse pour les sons graves.

Le fait de l'élévation du larynx s'explique beaucoup mieux en considérant que les parois de la trachée agissent comme appareil de résonnance, et que, pai' suite, il leur faut, poui* renforcer tel ou tel son, un état de tension particulier ; car la même pai'oi élastique ne vibre pas indifféremment avec tous les sons: il faut pour cela que sa tension soit modiflée. Plus le son est aigu, plus les parois consonnantes doivent être tendues ; ainsi la contraction des muscles suslaryngiens tend à la fois les parois du porte-voix et du porte- vent.

11 fait rattacher à ces appareils de consomiance tout l'eusembla de l'appareil nasal, fosses nasales, sinus frontaux, ethmoïdaux, maxillaires. Ces cavités ne sont pas disposées pour des sécrétions, mais, vu leurs parois formées de lamelles élastiques assez minces. elles sont très aptes à entrer en vibration. Aussi l'altération de ces appareils modifie-t-elle considérablement le timbre de la voix. Les cai^tilages du nez eux-mêmes font partie de ces appareils de résonnance, et chacun sait qu'en empêchant leurs vibrations ou altère d'une façon particulière le timbre de la voix

La trachée, les bronches, le poumon et la cage thoracique vibrent aussi pour renforcer les sons laryngiens. Aussi la voix se modifie telle dans les affections trachéales, bronchiques et pulmonaires.

L'articulation du langage, qui est très différente du simple cri ou son laryngien, résulte presque tout entière du jeu de ces parties consonnantes et principalement des modifications dans les ouvertures des lèvres et de i 'arrière-gorge.

Vûij: et parole. — Au niveau de la glotte ne peut se produire

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