‹ Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur KüssChapitre 118 sur 219 · GAMMES ET TIMBRE DE LA VOIX · texte numérisé non relu

GAMMES ET TIMBRE DE LA VOIX

qu'un son inarticulé, le son glottiqu-i, qui ne présente a considérer que des différences d'intensité, de hauteur, et même de timbre; mais ce son glottique, par le renforcement de certains de ses éléments au niveau des cavités buccale et nasale, et par son mélange avec des bruits produits au niveau de ces mêmes cavités, acquiert des caractères particuliers qui en font la voix et la parole proprement dites. (V. Oitjanes des sens. Audition, pour l'explication des mots intensité, hauteur, timbre, bruits, etc.)

L'intensité du son glottique dépend de la force avec laquelle le courant d'air de l'expiration vient frapper les lèvres de la glotte disposées pour émettre un son déterminé : cette intensité dépend donc essentiellement du développe! uent et de l'élasticité du poumon, de ram[)leur de la cage thoracique, de la force des muscles expirateurs.

Les lèvres vocales produisent un son d'autant plus élevé qu'elles sont plus tendues et plus courtes (plus contractées en un mot). Aussi la voix humaine forme-t-elle des gammes en allant des sons graves aux sous aigus : elle forme même deux séries de gammes, dont l'une, plus basse, est généralement désignée sous le nom de registre de poitrine (voix de poitrine), et l'autre plus aiguë, plus élevée, sous celui de registre de tète (coir. de tête). Ces expressions n'ont aucune valeur au point de vue physiologique, car dans les deux cas la voix se forme toujours au niveau de la glotte : ce qui a motivé et ce qui justifie jusqu'à im certain point ces expressions, ce sont les sensations que l'on éprouve pendant l'émission delà voix dite de tête ou de poitrine, et les vibrations concomitantes plus accentuées dans les parois thoraciques dans un cas. dans les cavités sus-lar^-ngiennes dans l'autre cas. D'après Mandl. la modification glottique essentielle qui produit l'émission des sons dans l'un ou l'autre registre, c'est que dans la voix de poitrine l'orifice glottique est ouvert et vibre dans toute son étendue, tandis que dans la voix de tête ou de fausset, l'orifice glottique est ouvert et vibrant seulement dans sa portion iuterligamenteuse, toute la portion intercartilagineuse étant fermée, en même temps que les cordes vocales supérieures s'abaissent, s'appliquent sur les inférieures ^ et en recouvrent une partie considérable, de manière à diminuer l'étendue de la partie vibrante (comme font les rosettes employées dans les tuyaux à anche) * .

Dans ces conditions, la voix humaine peut varier en général dans une étendue de deux octaves, et selon que cette étendue de deux octaves est comprise dans des régions plus ou moins hautes de

^ V. a ussi Ch. B&idiiWe, Nouvelles recherches sur la phonation, Paris, 1^1. K l'ss et Du VA L , P ii^ siol. 25

récbelle des sjiis musicaux, on a classé les vuix humaines, en allant des plus basses aux plus élevées, en voix de Lasse (du fa au /•e'g), de baryton (du 1'. au /"«g), en voix de ténor (de l'u^, au la^)^ de contralto (du mù àritf4). de mozzo-soprano (du S0J2 au ■m^^). de soprano (du */, ^^ •^'''^4^ • ^'^^ deux dernières voix sont des voix de femme. Ces ditterences individuelles sont dues principalement à des différences de longueur des lèvres de la glotte : la longueur de ces lèvres, représentée par 25 chez l'homme, l'est par 20 chez la femme, par 15 chez les castrats, qui possèdent une voix très aiguë,

La voix de l'enfant est très aiguë, et, en effet, les dimensions de la glotte sont chez lui moitié moindres que chez l'adulte. Lors de la puberté se produit la mue delà voix, et, à la suite du développement relativement subit du larynx, la voix s'abaisse d'une octave chez les garçons, de deux tons seulement chez les filles. Dans la vieillesse, par suite de l'ossification des cartilages, de l'atrophie des fibres musculaires (?), le diapason normal baisse encore, en même temps qu'il diminue d'intensité : les ténors deviennent barytons (L. Maudl).

hQtimhreàQ la voix aune première source dans les lèvres de la glotte elle-même. On sait qri'Helmholtz a démontré que le timbre (V. Organes des sens, Audition) est dû à ce que les sons, qui nous paraissent simples, sont en réalité composés d'un son fondam.ent7.l el de plusieurs sons accessoires nommés harmoniques (Sauveur). La combinaison variable de ces harmoniques, selon les divers iustruments, en constitue le timbre particulier. Les lèvres vocales peuvent, comme les anches membraneuses, présenter, outre la vibration fondamentale d'un sou, des vibrations partielles qui donnent naissancs à des harmoniques divers de ce son ; de là les timbres divers du son /jlottique. Mais ce qui accentue surtout le timbre de la voix, c'est le mode selon lequel quelques-uns de ces sons harmoniques sont renforcés au niveau des cavités et lames vibrantes sus-glottiques (pharN'nx, bouche, fosses nasales, etc.), de manière a prédominer et à imprimer leurs caractères particuliers à la voix (V. plus haut, p. 432)^.

Cette étude des sons harmoniques, comme sources du timbre de la vois, a permis à Willis, Wheatstone, Donders. Du Bois Reymond. et surtout à Helmholtz-, de pénétrer le mécanisme par lequel se produisent les voyeUes. les voyelles sont essentiellement des sons produits

1 V. Hemholltz, Théorie phy.iiotogiqu,e de la musique, trad. franc, p^f Guéroult. Paris, 1S6S

2 LaDgel,Za Voix, VOreiUe et la Miisicjue^d'açrès les travaux deHelmholtz. In Hcvue des Deux-Mondes, mai 1867.

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