‹ Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur KüssChapitre 127 sur 219 · II. — Phénomènes d'échanges au niveau de la peau · texte numérisé non relu

II. — Phénomènes d'échanges au niveau de la peau

Les échanges peuvent se faire de dehors en dedans (absorption), ou de dedans en dehors (sécrétions).

A. Absorption. — L'absorption par la surface cutanée, épidermique, est une question encore en litige. Il est vrai que toute une méthode (méthode iatrolipti que) d'administration des médicaments suppose l'existence de l'absorption cutanée ; mais il faut remarquer que dans ces cas on altère la peau par des actions mécaniques, par le frottement, comme dans les frictions mercurielles, ou bien par des actions chimiques, comme dans les applications de teintures alcooliques, de pommades rances, etc. C'est par une action mécanique que Gohn arrive à obtenir l'absorption dans une expérience souvent citée : l'eau, chargée de cyanure de potassium, tombant pendant cinq heures sur le dos d'un cheval, n'a-t-elle pas déterminé à la longue, par la percussion, la destruction de la matière sébacée et l'imbibition du cyanure à travers la peau, ce qui explique l'empoisonnement du cheval par l'absorption cutanée i? La question vraiment physiologique se réduit à savoir si la peau saine absorbe l'eau : sur ce point les anciens répondaient par l'affîimative, mais aujourd'hui tout semble contredire cette manière de voir. Si l'on se met à l'abri des nombreuses causes d'erreur, on peut constater qu'il n'y a rien d'absorbé après un long séjour dans un bain, et encore récemment, à Menne. dans des essais d'un traitement nouveau des maladies cutanées par une longue immersiou. on a conservé des malades plongés dans le bain pendant des semaines et des mois, sans qu'il y ait eu d'absorption sensible, car les malades éprouvaient le sentiment de la soif, et étaient obligés d'ingérer autant de liquide que s'ils avaient vécu entièrement à l'air libre. Le peu qui est parfois absorbé s'introduit soit par les points de transition de la peau aux muqueuses, soit par les orifices des glandes sudoripares et sébacées. Il semble que c'est une loi générale des organismes tant végétaux qu'animaux, que l'épiderme s'oppose aux échanges : les écorces végétale?, l'épiderme d'un fruit, sont très analogues à l'écorce, à l'épiderme animal ; or, l'épiderme d'un grain de raisin s'oppose aux échanges et empêche, par exemple, ce fruit de se dessécher tant qu'il est intact : le peu de dessiccation qui se produit se fait par le pédicule.

Du reste, la structure de l'épiderme est très peu favorable à la pénétration des liquides déposes à sa surface, et l'on se demande comment un tel passage pourrait se faire à travers ces couches cor-

i V. G. Goliu, Physiologie comparée fies animaux domestiques i, 1873, t. II, p. 123.

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nées enduites de matières grasses. Aussi ne peut-un arriver à produire artificiellouiont quelque absorption que jjar des d<Uours : un emploie comme véhicule des corps ^ras (pommades), qui alors se mêlent facilement aux corps gras de l'épidermc : ou bien, pour l'aire })énétrcr den liquides aqueux, on savonne soig-neusement la peau de façon à la dégraisser aussi complètement que possible • encore, malgré cette dernière j)récaution, n'obticnt-on que des absorptions presque nulles. Les corps gras ne permettent l'absorption des médicaments que parce qu'ils se mêlent aux vernis huileux de la peau ; mais les g•lycérol(^'^ ne sont pas absorbables ; ils sont comme l'eau, et peut-être encore moins absorbables. Nous arriverons donc à dénier à peu près complètement à la peau le pouvoir d'absorber. Quand on veut faire pénétrer par cette surface une substance dans l'organisme, il faut la déposer dans les couches profondes de l'épiderme, dans la couche de Malpighi, qu'il n'est pas nécessaire de dépasser : il suffit, par exemple, pour la vaccine, que la substance (lymphe vaccinale) soit déposée au contact de ces couches globulaires éminemment vivantes et impressionnables ; c'est ce procédé qui tend à se généraliser aujourd'hui et qu'on appelle méthode endermique, quoiqu'elle pût être mieux caractérisée dans certains cas par le mot enc'pidcrrniqia' .

La peau est perméable aux gaz : on connait l'expérience de Bichat qui démontre que la surface cutanée d'un membre plongé dans des gaz putrides, les absorbe, de sorte que ceux-ci, transportés dans l'organisme, sont ensuite éliminés par la partie inférieure du tube digestif. Les miasmes paraissent en général pénétrer très facilement par cette voie dans l'organisme, La facile absorption des gaz par la peau a porté quelques auteurs à n'admettre d'absorption cutanée que pour les substances volatiles. D'après Rabuteau, si l'on trouve de l'iode dans les urines après s'être frictionné avec une pommade renfermant un iodure, ou après avoir porté une chemise trempée dans l'iodure de potassium, c'est que les acides des graisses, qui rancissent à la longue, et les acides de la sueur, ont mis en liberté l'iode qui, étant volatil, a été absorbé par la peau.

B. SÉCRÉTIONS. — La peau, au contraire, est admirablement dis- ])0sée pour les sécrétions^ puisqu'elle est le siège de constantes végétations et chutes globulaires, et que c'est là ce qui constitue le mécanisme des sécrétions. La desquamation furfuracée peut déjà être considérée conane une sécrétion diffuse ; mais le phénomène sécrétoire se localise d'une manière plus nette sur les glandes sudoripares et les glandes sébacées^ dont la sécrétion mammaire est une forme très exagérée.

Les organes sécréteurs se forment, selon le mode ordinaire, par

végétation, ver? la profouleur, des éléments globulaires de la couche de Malpighi (fig. 124). Tantôt cette végétation se fait sous la forme d'un tube qui s'enfonce profondément, traverse tout le derme et arrivé au niveau du pannicule adipeux, ne pouvant aller plus loin.

s'enroule sur luimême et continue ainsi à végéter jusqu'à ce qu'il ait produit un petit gloniérule : c'est le peloton de la r/lande siidoripare (V. fîg. 126).

D'autres fois, et surtout aux dépens du follicule pileux (fig.

123), il se produit une végétation plus large, mais moins profonde, et qui se termine par des culs - de - sacs courts et arrondis :

ce sont les glandes sébacées (fig. 121) : une végétation semblable, mais bien plus considérable, produit les éléments sécréteurs de la glande mammaire. 1° Glandes sudoripares et sueur. — Les glandes sudoripares sont très nombreuses : d'après certaines appréciations, il n'y en aurait pas moins de deux ci trois millions de répandues à la surface du corps ^ ; elles y sont irrégulièrement disséminées, s'accumulant surtout vers les plis de la surface cutanée; à la région de l'aisselle, par exemple, elles forment comme une couche rougeâtre

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