‹ Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur KüssChapitre 129 sur 219 · SUEUR · texte numérisé non relu

SUEUR

eonsidérable de calorique; el en elîet, nous avons vu, en étudiant la chaleur animale, que notre température ne })Ouvait sans danger dépasser -40o et 41" (V. p. 417). Mais en même temps que la sueur constitue pour nous un ])récieux moyen de lutter contre la chaleur, elle oflre par suite un grand danger : elle peut, en fonctionnant trop, ou mal à propos, amener un refroidissement.

Quand un semblable refroidissement se produit, la sécrétion de sueur s'arrête tout à coup, mais le })lus souvent il est déjà trop tard, et le mal est fait ; en effet, ces refroidissements ont des retentissements singulièrement graves et variés sur toutes les parties de l'organisme. Les anciens, frappés surtout par l'arrêt de la sudation, lui attrJbuiaiéiit le plus grand rôle, et de même qu'ils considéraient la sueur surtout comme un émonctoire, ils considéraient sa suppression, sa rétention, comme une cause d'empoisonnement. Sans doute, la sueur contient des excréta, mais pas en assez grande quantité pour que nous puissions toujours comprendre ce prétendu empoisonnement, et de même que nous regax^dons le rôle rafraîchissant de la sueur comme son principal but physiologique, nous voyons dans ce refroidissement exagéré la cause principale de troubles dont la suppression de la sueur n'est alors qu'un phénomène concomitant.

Cette manière de voir est confirmée par les recherches de Lomi kowsky(/o?rr^i. de VAnat. et de la PhysioL, juillet 1878) sur les ani. maux vernis. Les expériences déjà anciennes de Fourcault (1838), celles deValentin,d'Edenhuizen, et enfin celles plus récentes de Laschkévitch ont montré que lorsqu'on applique un vernis sur la peau d'un animal, celui-ci présente bientôt des troubles caractérisés par un tremblement général, l'accélération de la respiration, un abaissement considérable de température, et enfin la mort de l'animal, à l'ouverture duquel on constate des altérations des organes internes (congestion et hémorragie de la muqueuse gastro-intestinale, etc.). Chose remarquable, si l'animal verni est enveloppé de ouate, ou placé dans un milieu maintenu à une température élevée, tout symptôme morbide s'évanouit. Laschkévitch, en présence de ce dernier fait, fut porté à penser que la mort des animaux vernis provient du refroidissement. Expérimentant dans le sens de cette hypothèse, Lomikowsky a constaté que l'application de vernis sur la peau provoque chez les animaux des pertes ascendantes de calorique, sous forme de rayonnement, c'est-à-dire que la portion vernie de la peau de l'animal dégage une bien plus considéi-able quantité de calorique que celle qui ne l'est pas. Une contre-épreuve a été faite en plaçant les animaux intacts (non vernis) dans un milieu très froid ; ces animaux refroidis par l'emprunt forcé de calorique que leur faisait le milieu ambiant, ont présenté les mêmes symptômes et succombé avec les mêmes lésions que les animaux vernis.

2° Glandes et sécrétion sébacées.

Les glandes sébacées se trouvent sur presque tous les points des téguments; en général elles sont annexées aux poils (V, fig. 121),

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comme nous l'avons dit précédeuiuient ; mais en quelques régions où il n'v a pas de poils, elles peuvent se trouver isolées, comme sur le gland et la face interne du prépuce, sur le mamelon et à l'entrée du vagin : enfin quelques points du tégument, comme la paume de la main, n'otirent ni poils, ni glandes sébacées (mais seulement des glandes sudoripares) . Autour des poils, les glandes sébacées forment des culs-de-sac multiples, qu'on peut considérer comme des bourgeons du follicule pileux (fig. 121 et 123.) et qui entourent le collet du poil quelquefois en si gi-and nombre qu'il-; masquent complètement l'appareil pileux. Ces glandes sont le type le plus simple des glandes en grappe : leur contenu est formé par des globules épidermiques dont les plus extérieurs sont bien conformés et identiques aux éléments delà couche de Malpigbi ; mais, à mesure que ces globules se rapprochent du centre de la cavité glandulaire, on les voit s'infiltrer de graisse, s'hypertrophier, et finalement se dissocier et laisser échapper leur contenu, espèce d'émulsion de matières grasses et albumineuses, qui remplit la cavité de la glande et est expulsée au dehors : la sécrétion des glandes sébacées est donc le type le plus simple. de la fonte globulaire.

Lesébtim ainsi produit présente à l'examen microscopique un grand nombre de gouttes huileuses réfractant fortement la lumière, et des cellules épithéliales ; il est formé de 2/3 d'eau ; le reste se compose surtout de matières grasses, de quelques matières extractives et albumineuses, et de quelques sels terreux. Les matières grasses sont les plus importantes au point de vue physiologique. C'est grâce à elles que le sébum jouit de la propriété d'imbiber les poils d'une certaine quantité de graisse, et d'huiler semblablement toute la surface de l'épiderme, de manière à augmenter son imperméabilité. Quelles que soient les variétés de forme et de disposition des glandes sébacées, leur usage est toujours le même : les glandes de Meibomius. glandes sébacées très allongées, placées dans l'épaisseur des paupières, ont pour usage de graisser le bord libre de ces voiles, et d'empêcher ainsi le produit de la glande lacrymale de se verser sm^ les joues à l'état normal. C'est ainsi que les cheveux conservent leur souplesse, et que notre peau ne peut être réellement mouillée ni imbibée par l'eau, et en effet, à la paume des mains et à la plante des pieds, oii il n'y a pas de glandes sébacées, et où l'épiderme ne reçoit d'autre principe gras que la très faiJjle proportion qu'en contient la sueur, le séjour prolongé dans un bain a pour effet d'imbiber et de gonfler la surface de la poau. Nous avons vu déjà que l'amygdale peut être comparé à un organe sébacé complexe développé sur une muqueuse, et qui, dans la profondeur, se met en rapport avec des follicules lymphoïdes :

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