‹ Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur KüssChapitre 143 sur 219 · DU 8 K N S DE L'AUDITION · texte numérisé non relu

DU 8 K N S DE L'AUDITION

On a inèine montré récemment que ces sujets arrivent à entendre les sons émis au loin, en tenant appuyée contre les dents une feuille de carton qui recueille les ondes sonores et les transmet aux parties solides du crâne; ou a donné le nom d'audiphone aux appareils de ce genre. Dans tous ces cas, le liquide lahyrinthique reçoit les vibrations et les conmumique aux diiîérents organes terminaux du nerf acoustique situés dans les sacs vestibulaircs (utricules et saccule), dans les canaux demi-circulaire (ampoules et leurs crêtes auditives), et dans le limaçon (lame spirale, avec l'organe de Gorti).

Appareils nerveux terminaux .

Les appareils au niveau desquels les terminaisons du nerf acoustique reçoivent les ébranlements du liquide de l'oreille interne, sont distribués dans l'utricule, le saccule, les ampoules des canaux semi-circulaires et dans le limaçon membraneux (canal cochléaire). Nous examinerons d'abord les fonctions probables du limaçon membraneux, car nous trouverons dans cet organe des dispositions qui, répondant exactement à certaines propriétés des sensations acoustiques, nous dispenseront de rechercher ailleurs l'explication du mécanisme de ces sensations (réceptions des vibrations).

Limaçon. — Les jarlies essentielles du limaçon membraneux se

FiG. l-i2. — Rampe auditive (canal cochléaire) et organe de Gorti*.

trouvent représentées par la lame qui sépare le canal cochléaire de la rampe tympanique du limaçon (V. 8, fig. 142). Cette lame porte le nom de lame hasilaire. Nous ne saurions ici entrer dans une description détaillée de cette lame hasilaire, des éléments anatomiques complexes qu'elle supporte, ni en général dans une étude complète du

*, Limbe de la lame spirale. — 2, Lèvre vestibulaire. — 3, Lèvre tympanique. — 4, Périostfl de cette lame. — 5. Sillon spiral interne. — 6, Nerfs. — 7, Vaisseau spiral.— S, Membrane basilaire, sa zone lisse. — 9. Sa zone striée. — 10, Ligament spiral. — 11, Membrane de 'Gorti, avec son insertion, en 12. — 13, Sillon spiral externe. — 14, Saillie et strie vasculaires. — 15, Article interne de 1-organede Gorti — 16, Article externe. — 17, IS, Insertions respectives de ces organes à la membrane basilaire. — 19, Leur articulation.— 20, Membrai.e rétic\ilaire. — 21, 22, Cellules basilaires, internes et externes. — 23, Cellules de Deilcrs. — 24, Cellules de Gorti, insérées en 25 à la membrane basilaire; — 20, Fibres nerveuses se terminant au-dessous et au-dessus (27) de l'article interne de l'organe de Curti.

canal cochléaire. Les recherches microscopiques faites sur ces appareils compliqués sont aujourd'hui si nombreuses, qu'il faudrait consacrer plusieurs pages pour en ])réseuter même un rapide résumé. Renvoyant le lecteur à l'excellente monographie de Coyne i, où se trouvent indiqués les résultats des récentes recherches de Schultze, Rudinger, Deiters, Lœwenberg, Odenius, Hensen, Boettcher, Schwalbe, Hasse, etc., nous indiquerons seulement en quelques mots les dispositions qui paraissent le plus directement en rapport avec ta théorie physiologique de l'audition; la figure ci-dessus (fig. 142) complétera ces indications.

La membrane basilaire (8 et 9, fig. 142) est formée d'une partie interne ou zone lisse (8) et d'une partie externe ou zone striée (9, tig. 142). La zone lisse est constituée par une substance homogène ; la zone striée, au contraire, est formée de fibres droites et placées en travers, que Nuel décrit comme rigides, vitreuses, élastiques, et que Hensen compare à des cordes. Les fibres du rameau cochléen du nerf acoustique, après avoir suivi un trajet plus ou moins long dans la co^w'/>teZZ(?, s'engagent successivement dans la lame spirale osseuse, puis viennent se terminer dans l'épaisseur ou à la surface de la membrane basilaire (26, fig. 142); mais on ne connaît pas encore le mode précis selon lequel se font ces terminaisons, non plus que les connexions de ces fibres avec les formes cellulaires diverses qui reposent sur la mambrane basilaire. Parmi ces formes cellulaires (cellules basilaires, cellules de Corti, cellules de Deiters, de Glaudius, etc.), celles qui ont l)aràculieremeat attiré l'attention forment ce qu'on appelle les arcades ou arcs de Corti. Nous rappellerons seulement que ces arcs occupent toute la longueur da la lame basilaire, depuis la base du limaçon jusqu'à son sommet, qu'ils sont placés sur la partie interne de cette lame basilaire, et qu'ils se composent de deux piliers, Itm interne, l'autre externe (15 et 16, fig. 142).

Ces quelques rapides indications anatomiques nous suffiront pour faire comprendre comment on peut concevoir que des terminaisons nerveuses soient excitées par des vibrations communiquées aux parties molles et liquides de l'oreille interne. On avait pensé tout d'abord à voir dans les arcs de Corti les organes propres à exciter les fibres nerveuses par des mouvements vibratoires. Les vibrations communiquées au liquide compris dms les deux rampes se transmettent, disait-on, ;.ux parois fibreuses de la lame spirale du limaçon, et dans cette lame (qui est creusa et forme le canal cochléaire) elles ébranlent les petits arcs de Corti ; ceux-ci sont en rapport, par leur base, avec les ramifications terminales des nerfs, de telle sorte que les vibrations des org-anes de Corti se transforment, en dé.^nilive, en excitations directes et mécaniques des extrémités des nerfs cochléens. D'après certaines dispositions anatomiques qu'il est inutile de rappeler ici, on admettait encore que les i)iliers externes des arcades deCorii étaient seuls destinés à vibrer.

i P. Coyne, Des jyarlies molles de Voreille interne, thèse de conooursi. Paris, 1S76.

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