‹ Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur KüssChapitre 144 sur 219 · DU SENS DE I/AUDITION · texte numérisé non relu

DU SENS DE I/AUDITION

Ces h\ jjotheî^^es séduisantes ont dû être abandonnées en présence d'un t'ait anatomique d'une grande signification, à savoir que les deux arcs de Coiti l'ont défaut dans l'appareil cochléen des oiseaux, lesquels possèdent cependant un sens auditif très tin et très musical (nous verrons bientôt qu'on ne peut chercher ailleurs que dans le limaçon le lieu des im]iressions musicales). C'est alors qu'en portant l'altention sur la zone striée de la membane basilaire, on a reconnu que celte partie présente, chez les divers animaux pourvus de limaçon, des dispositions relativement toujours les mêmes, et que ces dispositions sont de nature à remplir parfaitement les fonctions attribuées primitivement aux arcs de (^orti. En effet, les fibres transversales ou, pour mieux dire, radiales de cette portion de la membrane basilaire peuvent être assimilées à un système de cordes tendues, (r, cette membrane, ou i)our mieux dire, sa zone striée, n'a i)as une largeur i)artout la même ; on la trouve d'autant plus large qu'où examine une partie plus rapprochée de la coupole (^du sommet) du limaçon, c'est-à-dire que les fibres radiales, les cordes sus-énoncées, présentent une longueur croissante (le la fenêtre ronde au sommet d'i limaçon. Si on sup}»ose la spirale de la membrane basilaire déroulée et étalée sur un plan, l'ensemble de la uiendjrane aura la f(jrme d'un coin, et ies fibres transversales reproiluirout assez bien la disposition des cordes d'une harpe. Eu tenant compte de ces diflerences de longueur des fibres radiales, il est bien légitime de supposer que les fibres les plus courtes, c'est-à-dire les plus voisines delà fenêtre roude (de la base du limaçon), vibrent à l'unisson des sons aigus, et que les fibres les plus longues, celles voisines de la coupole, vibrent à l'unisson des sons graves.

Telle est l'hypothèse généralement admise aujourd'hui par les physiciens et les physiologistes (Helmholtz, Eernstein, Gavarret)!. A quoi servent donc les arcs de Corli? On les considère généralement aujourd'hui comme formant des pièces qui alourdissent les fibres radiales et leur permettent de vibrer à l'unisson de sons plus graves qu'on n'aurait pu le supposera ^j>7'o>-/ d'après leur extrême brièveté. On peut encore, en raison de cette rigidité, considérer ces arcs comme très aptes à participer aux mouvements vibratoires de la membrane basilaire. Dans ce cas, ces arcs pourraient être les organes, les espèces de marteaux qui viennent frapper et exciter les terminaisons nerveuses, du moins chez certains animaux ; mais les hypothèses à ce sujet n'auront da bases sérieuses que lorsque les recherches microscopiques nous auront révélé le véritable mode de terminaison des iilets nerveux cochleaires. Nous ]»ouvons donc, sans entrer dms de plus grands détails, considérer les fibres radiales comme une série de cordes dont chacune est accordée pour un son différent, d'autant plus grave que la corde est plus longue. Or, en face d'un instrument à cordes, nous nous demanderions combien d'octaves comprend cet instrument, quels demi-tons et quelles fractions de demi-ton il permet de donner, et nous i)Ourrions arriver à cette dé-

1 J. Gavarrel. A'ov.sllqtie physiologique (phonation et audition'. Paris. 1S77.

terminatiun en comptant les cordes. En face du clavier qui nous est représenté par l'appareil cochléen, nous devons nous poser une question semblable, mais en procédant d'une manière inverse. Nous savons par l'expérience combien est étendue l'échel des sons musicaux perceptibles ; nous savons quel est l'intervalle musical minimum que puissent percevoir les oreilles les plus exercées. Il sagit de voir si le nombre des fibres radicales est suffisamment grand pour qn'il y ait une fibre accordée avec chacun des sons de l'échelle musicale. Le nombre des sons musicaux distincts pour l'oreille la plus exercée, laquelle, d'après Weber, ne peut pas apprécier un intervalle inférieur à un soixantequatrième de demi-ton, ce nombre est facile à obtenir en calculant combien de soixante-quatrièmes de demi-ton contient la série des sept octaves comprenant chacun douze demi-tons (64 X 1^ X T ;= 5.376). L'échelle des sons musicaux, pour les musiciens même les plus exercés, ne renferme donc pas plus de 5.376 intervalles. Ur, le nombre des fibres radiales de la membrane basilaire est porté, par les estimations les plus modérées, à 6.000 (on compte environ 3.000 arcs de Gorti, et au moins deux fibres radiales pour chaque arc). On voit donc que le nombre des fibres radiales est plus que suffisants pour que le clavier cochléen réponde par une corde s])éciale à chacun des sons que l'exjiérience nous montre comme constituant l'échelle musicale des sujets les mieux doués. En supposant qu'à chaque fibre ou corde radiale corresponde une terminaison nerveuse, il est facile de comprendi*e qu'à la vibration de chacune de ces cordes correspondra une excitation de cette fibrille nerveuse, et, par suite, la perce})tion distincte du son correspondant.

Utricide, saccule, canaux semi-circulaires. — Nous réunissons dans une même étude toutes ces dernières parties de l'oreille interne, parce que les terminaisons nerveuses paraissent s'y faire dans toutes également d'après un mode à peu près semblable.

La face interne de l'utricule est lisse dans toute son étendue, sauf en dedans, où elle présente une saillie ovoïde, de couleur blanchâtre, épaisse d'environ 0'"™,4 (Kolliker), large de 2 à 3 millimètres, désignée sous le nom de tache auditive (m,acula acoustica). Dans la cavité du saccule, on trouve aussi une tache auditive, située également en dedans et correspondant à la terminaison du nerf sacculaire, comme la précédente correspond à celle du nerf utriculaire. Enfin, au niveau de la face postérieure de la surface interne de chacune des ampoules des canaux semi-circulaires on trouve une saillie en forme de repli, dite crête auditive.

Les taches auditives et les crêtes auditives sont recouvertes par des cellules cylindriques qu'on nomme cellules de support, parce qu'entre leurs faces latérales il existe des espaces au niveau desquels s'engagent de petits prolongements en forme de longs cils ou baguettes, qui dépassent le niveau de la surface épithéliale. En effet, au-dessous de la couche des cellules cylindriques on trouve une couche de cellules fusiformes, munies à chaque extrémité d'un prolongement ; l'un de ces prolongements se dirige vers la surface, c'est-à-dire vers la cavité

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