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C.'Ejaculation

L'éjaculation est le dernier terme de l'acte vénérien. Ce phénomène, avant de se produire, a été préparé par un grand nombre d'actes accessoires.

D'abord le canal de l'urètre se trouve ouvert et dilaté par le fait de rérection, comme le prouvent les préparations anatomiques. Ce canal, se dilatant, doit produire une certaine aspiration, et l'on peut se demander ce qui vient remplir le canal, lorsque d'aplati et linéaire il devient cylindrique et béant. On a été tenté d'invoquer l'introduction de l'air, et cette hypothèse aurait parfaitement expliqué les cas de chancre situés dans la profondeur du canal, l'aspiration qui se produit ou s'exagère dans le coït ayant amené l'introduction des liquides virulents de la femme contaminée. Mais l'observation

K.I ACILATION f^j|

•lirocte i)roiive que l'air ou un li(|uide extérieur ne sont pas appelés dans le canal. On sait que le sperme aj^ité avec l'air mousse très lacilcmcnt, et si, au moment de l'éjaculation, il se trouvait dans le canal eu conllit avec ce gaz, il sortii-ait mêlé à de nombreuses ))ulles d'air, ce qui iv^ se i)roduit jamais. Du reste, nous avons un appareil sécréteur destiné à fournir un liquide qui remplit le vide du canal. Ce sont les (jlandesde Coo/;er, petites glandes analogues aux salivaires, i)lacées au milieu des muscles striés et lisses du })érinée (aponévrose nmyenne) derrière la saillie du bulbe urétral (lig. 167, p. 598) et dont le canal excréteur vient s'ouvrir dans le canal de l'urèlre, vers la jonction du bulbe avec la portion spongieuse proprement dite. Le produit de ces glandes, exprimé par les contractions des muscles du périnée au moment de l'érection, vient remplir le canal de l'urètre et servira à diluer le sperme, qui, nous le savons, est primitivement très épais. Quand une forte érection n'est pas suivie d'éjaculation, on voit, au moment où l'érection cesse et où le canal revient à ses dimensions pi-imitives, s'écouler par son ouverture antérieure (méat urinaire) un liquide clair et niuqueux qui n'est autre chose que le produit des glandes de Gcoper et de quelques autres organes sécréteurs.

Ces autres produits de sécrétion, déversés dans le canal pour en remplir le vide, et pour se mêler au sperme et le diluer à son ))assage. sont les produits des glandes de Littre et des glandes prûalaiiques.

Les glandes de Littre sont de très petites glandes en grajjpe. végétations de la nmqueuse de la portion spongieuse de l'urètre, disséminées dans le cliorion de la muqueuse de toute cette portion <lu canal ^, et dont le produit de sécrétion, peu connu et difficile a isoler, paraît analogue à celui des glandes de Gooper : elles seraient à ces dernières ce que les glandes buccales (dite muqueuses; sont aux glandes salivaires proprement dites.

Les glandes prostatiques sont de nombreux culs-de-sac glandulaires disposés en grappes et rayonnant du canal de l'ui'ètre dans toute la moitié postérieure de la prostate. Elles sécrètent un liquide visqueux analogue à celui des glandes de Gooper et des vésicules séminales, h'uti icule py^ostaiique (fig. 165, p. 594) ne paraît pas fournir de liquide spécial, ni jouir d'un rôle important. G'est un rudiment de l'utérus de la femme, un reste embryonnaire (V. plus haut, p. 597), dont la cavité est, comme

IV. Cil. Robinet Cadiat, de It Structure intime de la rauqueuse et des glandes urètrales de Vhomme et de la femme (Journal de fanât, et de la physiol., septembre et octobre 1S74).

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l'utérus de la femme, tapissée par un épithéliura a cils vibratile?; aussi a-t-on pu parfois, étant donnés des produits de végétation prostatique (polypes de la prostate), reconnaître que ces néoformations avaient leur origine dans l'utriculc , en y constatant des éléments d'épithélium cylindrique vibratile.

Le sperme^ mêlé au produit des vésicules séminales, arrive donc, par les contractions de ces vésicules et des canaux déférents, dans la région prostatique de l'urètre. Là sa présence détermine par réflexe une action mécanique qui le projette au dehors avec force et }jar saccades, qui Vèjacule en un mot.

On attribue généralement la force et la forme saccadée de Téjaculatiou aux contractions du nmscle bulbo-caverneux, qu'on a appelé accelerafor seminis et iiririce ;mRis si l'on tient compte de ce qu'en ce moment ce muscle est séparé du canal de l'urètre par toute l'épaisseur du liulbe en érection, et que par conséquent il ne peut agir sur le contenu du canal : de ce que, «l'autre part, il est situé bien en avant de la prostate, c'est-à-dire du point où est déversé le sperme, et que, par suite, il ne peut qu'ultérieurement agir sur lui. pour l'accélérer peut-être, mais non pour lui imi)rimer le premier mouvement, on a peine à comprendre comment ce muscle pourrait produire l'éjaculation.

Nous nous rendons bien mieux raison de ce mécanisme en tenant compte des dispositions particulières que présente la région prostatique du canal et spécialement le muscle de Wihon, que nous avons vu déjà jouer un rôle si important dans la rétention et l'excrétion de l'urine. Au moment où le sperme vient se déverser dans la prostate, cette portion du canal est isolée de la vessie par l'érection du venrmontanum (fig. 167), petit tubercule de tissu érectile situé sur la paroi postérieure du canal, et qui à l'état de turgescence s'élève et vient en contact avecla paroi antérieure, de façon à oblitérer toute communication entre la vessie et le canal urétral: et tout le monde sait, en effet, que la miction est impossible pendant l'érection. Le sperme, au contraire, par les canaux dits improprement éjaci'.lateurs, qui s'ouvrent en avant et un peu sur les côtés du veruinontanurii, peut arriver dans le canal de l'urètre et en envahir toute la portion prostatique, mais il ne peut aller plus loin, parce qu'en ce moment le muscle de Wilson se contracte et oblitère la partie membraneuse (tig. 167, 2), La liqueur séminale s'accumule c'onc dans l'étroite portion du canal comprise entre le verumon. tanum et le sphincter urétral ou muscle de Wilson (fig. 167, de 1 à 2): il s'y accumule avec une grande force, car les contractions des muscles lisses qui l'y chassent (canal déférent et vésicules séminales) sont très éneririques, quoique très lentes. Il ne peut refluer vers la vessie, à moins de destruction du verumontanum, et ce fait, qui s'observe dans quelques cas pathologiques, explique pourquoi dans ces cas le sperme est \iltérieurement rendu avec les urines ; il ne peut non plus s'échapper

ejaculatjon g^3

tout d'abord en avant, vu l'état de contraction du sphincter uréthral. Mais ce muscle ne peut rester longtemps dans cet état de contraction: il se relâche, et aussitôt, sous l'influence de la haute tension qu'il a acquise, le sperme se j)récipite et se projette avec force; aussitôt le muscle se contracte de nouveau et arrête réruption spermalique. pour ia laisser bien vite se reproduire en se relâchant encore, et ainsi de suite tant que dnre l'éjaculation.

Nous voyons donc ainsi à quoi tiennent et le rythme etla puissance de l'éjaculation : la puissance du jet spermatique est due à la haute tension qu'ont donnée les muscles lisses des canaux excréteurs au liquide accumulé dans un étroit espace ; le rythme est du à des relâchements rythmiques du sphincter urétral, qui forme comme une écluse livrant par saccades passaire au liquide retenu eu arriére d'elle.

Ainsi la région prostatique du canal de l'urètre, si importante déjà au point de vue de la miction, ne l'est pas moins relativement aux fonctions génitales : c'est encore ici le contact du sperme avec cette muqueuse qui détermine cette sorte de tétanos intermittent du sphincter urétral. Aussi les altérations de la muqueuse prostatique ont-elles une gi'ande inliuence sur le fonctionnement de l'appareil genilal, et l'on voit ses affections causer tour à tour, et selon leur nature, le satyriasis, ou l'impuissance, ou les pertes séminale. Depuis longtemps, la chirurgie, reconnaissant le rôle prépondérant de cette région, a trouvé dans les modificateurs de cette surface, et particulièrement dans la cautérisation (sonde de Lallemandj un des plus puissants moyens de réagir contre cette dernière affection.

La quantité de sperme rendu par une éjaculation varie entre 1 et 6 grammes ; mais il y a, sous ce rapport, de grandes variétés individuelles, et même pour le même homme, dans des circonstances diverses, les différences peuvent être comme 1 est à 8.

La destinée ultérieure du sperme sera étudiée avec les organes génitaux de la femme. Nous verrons que ce Liquide, et particidièremeut les spermatozoïdes qu'il contient, sont destinés à aller donner à l'élément femelle correspondant, à Yoriule. l'impulsion fécondante qui en déterminera le développement.

Il n est pas inutile de rappeler ici (V. ci-dessus p. 603) les diverses circonstances qui peuvent influer sur les mouvements, sur la \ie des spermatozoïdes du sperme éjaculé. L'eau froide, l'étincelle électrique (Prévost et Dumas), les liqueurs acides tuent les spermatozoïdes ; les solutions légèrement alcalines, les solutions de substances neutres leur sont favorables et augmentent la vivacité de leurs mouvements. Le mucus vaginal ne les tue que lorsqu'il est très acide: dans les cil-constances ordinaires, les spermatozoïdes restent longtemps vivants j'^' ans le col de l'utérus, huit jouis après le dernier coït*.

1 V. M rion ?:'\ms, yoles cliniques sur la chirurgie utérine. Traduction française, Paris, i8t2.

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Eufiii, d'après Godard, le ^ang des règles augmente ractivité de leurs mouvements.

Du 1 este, les spermatozoïdes peuvent vivre dans le pus, dans le sang, et divers autres fluides, Sims a souvent vu la conception s produiie la où le col de l'utérus était le siège d'une suppuration abondante, de sorte que le pus en lui-même ne leur fait point obstacle. Selon Kôlliker, le phosphate de soude est particulièrement fa voral:l ^ aux mouvements des spermatozoïdes.

Après ce rapide aperçu sur rëreclion qui est i'acte initial et indisi;eusable d'un coït réguher, et sur réjaculaliou qui en est l'acte final et essentiel, nous n'iusisterous pas ici sur le coït lui-même ni sur les sensations voluptueuses qui raccompagnent. Nous dirons seulement que ces sensations, indispensables chez l'homme, car ce sont elles qui amènent le réaexe de lejaculation, jaraissent tout à lait inutiles chez la femme, du moins au })oint de vue de la lècondaiion. C'est ce que démontrent surabondamment les observations de femmes fécondées pendant le .sommeil chloroformique, pendant le sommeil de l'ivresse, et enfin les observations de fécondations artificielles, c'est-à-dire dues à la simple introduction du sperme jusque dans la cavité de l'utérus au moyen d'une petite seringue ou de tout autre des nombreux aj)pareiis qui ont été, dans ces dernières années, proposés à cet eftét.

Mais il sera intéressant, au point de vue de la physiologie générale, de jeter un rapide coup d'oeil sur les divers modes selon lesquels s'accomplit le rapprochement sexuel dans quelques types de la série animale (vertébrés). Chez les mammifères, il y a copulation complète, fécondation interne, c'est-à-dire que l'organe érectile du mâle (pénis) va porter la liqueur fécondante jusque dans l'intérieur des organes femelles (vagin, utérus). Si nous sautons brusquement au degré inférieur de l'échelle des vertébrés, nous voyons que chez les poissons, du moins chez la très grande majorité des poissons osseux, il n'y a pas même de rapports directs entre le mâle et la femelle : celle-ci évacue spontanément ses œufs à la surface de l'eau ou contre les herbes aquatiques, les abandonne, et c'est alors seulement qu'un mâle quelconque, attiré sans doute par l'odeur de ce frai, vient passer à plusieurs reprises contre la miisse d'œufs pondus, en émettant sa liqueur séminale dont il les arrose. Aussi rien u'est-il plus facile aux pisciculteurs que d'imiter par la fécondation dite artificielle le mode naturel de fécondation des poissons osseux. Il sulfit de prendre une femelle prête à frayer, de comprimer son abdomen de façon à faire sortir les œufs par le pore génital, puis, renouvelant une semblable opération sur le mâle, de lui faire excréter sa laitance sur la masse d'œufs fraîchement pondus. Comme intermédiaire entre ces types de fécondation interne et de fécondation externe, on peut citer le mode de copulation des batraciens anoures (grenouilles). Chez ceux-ci, à l'époque des amours, qui ne se produisent qu'une fois par an, le mà!e se place sur le dos de la femelle qu'il tient étroitement embrassée entre ses deux membres antérieurs. A cela se borne le rapprochement sexuel, c'est-à-dire qu'il n'y a rien qui rappelle l'intromission

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