‹ Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur KüssChapitre 166 sur 219 · OVAIRE ET OVULATION · texte numérisé non relu

OVAIRE ET OVULATION

logues dans les parties de Thomme. Le canal de l'urètre de la femme con*espond à la partie du canal de Thomme qui va depuis le col de la vessie jusqu'au veruinoiita7ium{au sommet et eu avant duquel s'ouvre l'utricule prostatique ou utérus mâle) '.

A. Ovaire et Ovulation.

En somme, l'ovairo est un organe constitué, au point <le vue physiologique, par (les culs-de-sac devenus vésicules closes et tapissés d'un épithêlium (/lobulaire .'Nous trouverons, du reste, trois formes épithéliales bien distinctes dans les trois grands segments de l'appareil

FiG, 174. — Vésicule de Graaf renfermant l'ovule*. FiG. 175. — Ovule**.

génital de la femme : la forme globulaire dans l'ovaire ; l'épithélium cylindrique vibratile dans l'utérus ; et enfin l'hépithélium pavimenteux stratifié dans le vagin.

Dans l'étude de la physiologie de ces organes, nous verrons que ces épithéliums doivent être considérés comme les éléments les plus importants. Presque sans vie pendant l'enfance et l'adolescence, ils se réveillent presque subitement au moment de la puberté; c'est l'épithélium ovarique qui donne le signal et produit V ovulation ;

1 V. notre article Ovaire (Nouv. Dicl. de raédecine et de chirurgie).

* A, B. couches fibreuses de la vésicule; — C. membrane granuleuse: — D, disque proligère portant lovule (E) ; — 1. membrane vitelline ; — 2, vitellus ; — 3, vésicule germinative de Purkinje.

*♦ A. nucléole (tache germinativc) : — B. noyau (vésicule germinative) ; C, vilellus; — P, membrane vitelline.

618 APPAREIL GENITAL FEMELLE

Vépithélium utérin prend aJors en même temps une vie plus active, soit dans la simple menstruation, soit dans la r/estation; enfin Vépithélium du Togin lui-même ne reste pas indifférent, ainsi que ses organes annexes (organes génitaux externes) .

Nous commencerons cette étude par celle de l'ovaire, qui est le point de départ de la plupart des réflexes physiologiques et pathologiques.

Les ovisacs ou vésicules de Graaf, sont constitués par une petite poche de tissu connectif à la face interne de laquelle se trouve une couche épaisse de petits globiûes (nie mbrane granuleuse, ûg . il ^) : en un point, cette couche est un peu plus épaisse et forme ce qu'on ayjpelle le disque proligère (G): l'un des gloLules Œ) du disque proligère prend dès le début (ovules primordiaux apparaissant déjà dans Vépithélium germinatif, p. 574 ) un développement plus considérable, est appelé à une plus haute destinée que ses congénères, et il constitue V ovule, le type le plus parfait de la cellule (fig. 175) ; l'ovule mesure de 1/10 à 2/10 de millimètre, il est presque visible à l'œil nu. On peut trouver exceptionnellement deux ovules dans une vésicule de Graaf (Bischoff^, Davaine ^j. Cet oMile se compose d'une enveloppe cellulaire ou rnem.hr ane vitelline (ou choriori, D) : d'un contenu de protoplasma ou vitelUis (ûg. 175, G); il ne faut pas assimiler ce vitellus au jaune de Vœufde Voisea\i. I.e jaune de l'œuf de l'oiseau estl'œuf des mammifères (cicatricule), plus une grande provision de matériaux nutritifs (jaune proprement dit) : dans le vitellus se trouve un noyau ou vésicule germinative (B), qui contient lui-même un nucléole ou tache germinative (A).

Toutes les vésicules de Graaf d'un ovaire ne sont pas arrivées en même temps a ce degré de développement et ne contiennent pas toutes des ovules à cet état de maturité.

A la naissance.il est probable, commel'a constaté Rouget, et comme l'indique la sécrétion du lait, si fréquente et si inexplicable à cette époque de la vie fV. p. 486), qu'il se fait une congestion ovarique et une 'poussée incomplète d'œufs à l'ovaire (Gourty) ; une pareille impulsion, mais Ijieu plus remarquable, se fait à la puberté.

Ce n'est qu'à partir de l'époque de la puberté que l'on voit chaque mois, ou pour mieux dire à chaque époque menstruelle, ua ou deux ovisacs se développer complètement. Ces vésicules de Graaf, d'onU-

1 Bischoff, Traité du, dt^veloppernent de Vliorame et des mammifères, suivi de l'iiistoire du développement de l'œuf du lapin, traduit de l'allemand par A.-J.-L. Jourdan. Paris, 1843.

2 Davaine, Mémoires sur les anomalies de Vœuf. Paris, 1831, in-S avec planches.

OVAIRI-; ICI OVULATION 610

naire celles qui sont le plus près de la surface de l'ovaire, se gonflent, s'accroissent: leur contenu augmente, s'épaissit; la partie de la paroi qui avoisine la surface de l'ovaire est pressée contre cette surface. 11 en résulte en ce point un arrêt de nutrition et une usure de^ parois ; cet état, aidé par la turgescence de la partie centrale de l'ovaire (bulbe de Vovaire), amène facilement une rupture, de sorte que le contenu de l'ovisar s'échappe, entrainaut l'ovule au milieu des débris du disque proligère C'est d'ordinaire à ce moment que l'ovule est fécondé i)ar l'arrivée des spermatozoïdes, s'il y en a eu d'introduits dans les organes génitaux femelles; mais que l'ovule soit fécondé ou non, les annexes de l'utérus se comportent au point de vue mécanique à peu près de même vis-à-vis de lui, et nous pouvons étudier les phénomènes qui succèdent à la déhiscence de la vésicule de Graaf, en faisant le moins d'allusion possible à la fécondation, qui doit former une étude à part.

Après l'expulsion de la plus grande partie de son contenu, la vésicflle de Graaf revient sur elle-même et S9 cicatrise, en laissant une faible trace, colorée on jaune par le pigment sanguin résultant de la petite hémorragie qui accompagne la rupture de l'ovisac. Chose remarqual^le. si l'ovule qui a été expulsé est fécondé, et qu'arrivé dans l'utérus il y amène les phénomènes de la gestation, il se produit dans l'ovaire, par un acte sympathique ou réflexe difficile à expliquer, une évolution hypertrophique de l'ovisac déchiré, hypertrophie à laquelle succède très ultérieurement (fin de la grossesse) une atrophie donnant naissance à une cicatrice analogue à la précédente, mais beaucoup plus considéra])le et plus persistante. On appelle ces cicatrices des corps jaunes: les premières sont dites corjDS jaunes de menstruation, ou faur, corps jaunes ; les secondes, corps jaunes de fècondoAion (de la grossesse), ou vrais corps jaunes.

Ce qui prend, du reste, la plus grande part à la formation des corps jaunes, c'est moins le caillot sanguin qu'un épaississement hypertrophique de la membrane propre de la vésicule de Graaf. Les cellules de cette vésicule {cellules de Vovariule de Ch. Robin) se multiplient et s'accroissent énormément de façon à obliger la membrane à se plisser et à remplir tout l'ovisac, dont le contenu présente dos espèces de circonvolutions. Ces cellules sont envahies en même temps par une proluctiou granuleuse, graisseuse, colorée en jaune et qui est la principale cause de la coloration caractéristique des corps jaunes. Cette production n'a, du reste, rien de bien spécial, et Courty a vu dans des cystosarcomes de l'ovaire cette production envahir la membrane propre de plusieurs kystes vésiculaites et donner naissance à des masses considérables de matières iaunes.

Page 1