‹ Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur KüssChapitre 167 sur 219 · APPAREIL GÉNITAL FEMELLE · texte numérisé non relu

APPAREIL GÉNITAL FEMELLE

B. Trompe de Fallope^ matrice et menstruation. L'ovule est donc expulsé de l'ovaire, et tombe en dehors de cet organe : il peut tomber dans le péritoine et y disparaître, et même, s'il y a eu fécondation, s'y développer (grossesses péritonéales) ^ : mais ce n'est pas là le cas normal. Dans les conditions physiologiques^ Vovîdaticn s'accompagne de phénomènes particuliers qui font tomber l'ovule dans le pavillon de la trompe de FaUope ou oviducfr. La trompe, en effet, est un organe mobile, contractile et érectile. Sa contractilité, et celle des fibres musculaires lisses qui se trouvent. dans les ligaments larges et dans le ligament tubo-ovarique, doit favoriser Y adaptation de l'orifice des trompes à l'ovaire (Gh. Rouget) : mais son érection ne doit pas être non plus sans influence, car on trouve dans la trompe une abondante trame érectile disposée de telle manière qu'en son état de turgescence elle amène probablement le pavillon de la trompe à embrasser la presque totalité de l'ovaire dans sa cavité-. L'ovule y tombe donc; il parcourt l'ovi-

1 V. Th. Keller, i>fs Grossesses ecctra-utérines {avec deux observations de Kœberlé). Thèse de Paris, -{872, n° 157.

2 Pour notre part il nous semble probable que ce sont encore des cils vibratiles qui assurent l'arrivée de l'ovule dans la trompe, et que par suite il n'y aurait plus guère à invoquer la théorie, du reste si peu facile à comprendre, de y adaptation tuhaire. En etfet, chez nombre d'animaux, et entre autres chez la grenouille, le pavillon de la trompe est fixe, rattaché par des ligaments tout en haut, au niveau du péricarde. Ici, par suite, il ne peut être question d'adaptation du pavillon venant coitfer l'ovaire. Or. en examinant des grenouilles femelles à l'époque du rut, on constate que le péritoine de la paroi abdominale antérieure présente des traînées de cellules à cils vibratiles, et en déposant de la poudre de charbon sur cette surface, on voit que cette poudre est entraînée dans la région des orifices tubaires. Nous avons répété plusieurs fois cette expérience sur le mâle à la même époque sans constater rien d'analogue. L'examen microcospique d'un fragment du péritoine, même du mésentère (toujours sur un sujet femelle), permet de voir ces cils, et leurs mouvements agitant les particules qui nagent dans le liquide de la préparation.

Il est donc bien évident que ces cils doivent servir au transport des ovules détachés de l'ovaire, et si l'on éprouvait quelque doute à ce sujet, en raison du volume de ces corps, il est facile, en déposant des ovules sur la muqueuse pharyngienne, de se convaincre que des cils vibratiles quelconques eîfectuent très facilement ces transports (V. ci-dessus, p. 257, ce que nous avons appelé Ve.Tpérience de la limac artificielle).

On peut se demander si, chez les mammifères, il n'y aurait pas quelque chose de semblable, et si l'ovule, sorti en bavant de la vésicule de Graaf, ne serait pas recueilli par des cils vibratiles tapissant l'ovaire, et dirigé ainsi jusque dans le pavillon, d'autant que Waldeyer a signalé l'existence de cils vibratiles sur le ligament tubo-ovarique. Gomme les cils vibratiles péritonéaux de la grenouille femelle n'existent en grande abondance qu'à l'époque du rut. il en serait sans doute de même chez les femelles de mammifères, et entre autres chez la femm»; ré(ioque de la menstruation coïnciderait avec le

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