‹ Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur KüssChapitre 179 sur 219 · PREMIÈRE CIRCULATION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE CIRCULATION

glande vasculaire sanguine , le foie (la partie gUjcogémque du foie, V. p. 300 et 335) ; dès que le foie se forme autour du tronc commun de la veine ombilicale et de la veine mésentérique, chacune de ces veines envoie, dans ce bourgeon glandulaire de plus en plus

FiG. 197 — Schéaia du développement des veines omphalo-niésentériques, ombilicales, et de la veine porte*.

volumineux, des ramifications vasculaires qui constituent : celles venues de la veine mésentérique, les veines liépatiques afférentes ; et celles venues du tronc commun, les veines liépatiques efférenies. Il résulte de cette disposition, mieux indiquée par la fig. 197 (B et G) que par aucune description, que la veine mésentérique avec les veines hépatiques afférentes constitue le système delà veine porte se ramifiant dans le foie pour se continuer par les veines hépatiques efférentes sous le nom de veines sus-hépatiques et déboucher finalement dans la partie du tronc commun restée libre au delà du foie. Cette partie de l'ancien tronc commun constitue alors la partie supérieure de la veine cave inférieure, qui se conv

" A, Stade corre!^ponda,nt à la fin de lapremière circulation et au commencement de l<i seconde \ — 1. tronc commandes veines omphalo-mésentériques ; — 2, veine omphalomésentérique droite ; — 3, la gauche ; — 4, tronc commun des veines ombilicales en voie de formation; — 5. veine ombilicale droite; — 6, la gauche.

B, Formation du foie; — 1, veine mésentérique persistante (future veine porte), — 2. 3, troncs des veines omphalo-mésentériques disparues ; — 5, veine ombilicale droite en voie de disparition ; — 6, veine ombilicale persistante; — 7. canaux de Cuvier ; — 8, veines cardinales antérieures; — 9, veines cardinales postérieures; — 10, foie avec les veines afférentes et efférentes.

G, Formation de la veine porte et dti canal d'Aranzi (état parfait de la circulation placentaire); — 1, reste de la veine omphalo-mésentérique; — 13, veine mésentérique (veine porte); — 6, veine ombilicale ; — 4, canal veineux d'Aranzi ; — 12, veines hépatiques afférentes; — 11, veines hépatiques efférentes. (Kôlliker, Enttvickelungsgeschichte des Menschen... Leipzig, 1878).

gr,^ KMBRYOLOGIE

plète inférieurement par le développement d'un tronc qui résume la circulation de retour des membres postérieurs en voie de formation. Quant à la partie de la veine ombilicale et de la veine mésentérique intermédiaire entre l'aboucbement des veines hépatiques afférentes et efférentes, elle constitue un canal veineux qui longe librement la surface du foie, et n'est autre chose que ce qu'on connaît en anatomie descriptive sous le nom de canal veineiud'Aranzi et de sinus de la veine porte (fig. 197, B et C, 4).

Nous ne pouvons insister sur les résultats définitifs de cette disposition, qui constitue l'une des parties les plus importantes de l'anatomie descriptive du foie chez le fœtus. 11 nous suffit de comprendre que la veine ombilicale, arrivée au niveau du foie, se jette en partie dans la veine porte (partie gauche de la veine porte) et communique d'autre part, grâce au canal d'Aranzi, directement avecla veine cave inférieure, et de là avec le cœur.

A ce niveau s'abouchent en même temps et de chaque côté, par un canal commun (canaux de Guvier), les veines qui ramènent le sang du corps de l'embryon (veines cardinales antérieures et postérieures et veine cave inférieure ; V. fig. 198) ; mais cette disposition de la circulation veineuse générale ne dure que peu de temps : Ijientôt les veines cardinales, postérieures s'atrophient en partie rt ne laissent plus comme trace de leur existence que les veines azij- (jos (grande et petite azygos, V. fig. 19.:), B). lùitre les veines cardinales antérieures se forme un conduit transversal (tronc brachiocéphalique gauche, 7, A et B, fig. 199), en même temps que le canal de Guvier du côté gauche (qui a mérité un instant le nom de veine cave supérienre gauche par sa disposition, V. fig. 199), s'atrophie et disparaît. Le conduit de Guvier du côté droit persiste au contraire et constitue la veine cave supérieure (fig. 199, A, 6). Nous comprenons ainsi la disposition de la veine azygos droite (grande azygos), qui vient chez l'adulte se jeter dans la veine cave supérieure, car elle représente l'extrémité centrale de la veine cardinale droite postérieure, et la disposition du tronc brachio-céphalique droit représentant l'extrémité centrale de la veine cardinale di'oite supérieure. Nous voyons enfin qu'en ce moment de la vie embryonnaire les veines caves inférieure et supérieure s'ouvrent dans le cœur par un tronc commun, mais par les changements de disposition que nous allons étudier dans cet organe et surtout par le développement de l'oreillette, ce tronc commun est attiré par les parois du sac auriculaire, concourt à l'ampliation de cette cavité, de sorte qu'au bout de peu de temps les deux veines caves s'abouchent dans l'oreillette (comme chez l'adulte) à une certaine distance l'une de l'autre.

DEUXIÈME CIRCT'LATION

h. Cœur. L'organe « entrai <le la circulation, qui so présentait d'aborcl sous la fornio d'un tuLe j-ectUij/nc. puis rontoui'ué en S

FiG, 198. — Système veineux de l'embryon *.

fiG. IV'Î'. — Forraatiou du système veineux définitif**.

(fig. 192, 195 et 196), se divise, au moyen de rétrécissements, en trois cavités : cavité auriculaire, cavité ventriculaire et cavité artérielle

• 1. canal de Cuvier; —-2, point où toutes les veines viennent se jeter dans l'extrémité inférieure du cœur (future oreillette) ; — 3, veine cardinale antérieure; — 6, veine ombilicale; — 7, la même veine au niveau du foie, lequel n'est pas figuré, non plus que les veines hépatiques afférentes et efférentes ; — 8, veine ompLalo-mésentérique; — 9, veine <ave inférieure; — 12, 13, veines cardinales postérieures. (KOlliker, Zntwickehmgsçe- 3' hichte.)

»* A. Période de formatio-n : — 1. veine cave supérieure gauche; —2, veine cave supérieure droite (l'embryon e^t vu par la légion postérieure) ; — 3, cave inférieure; —4,5, veipes cardinales inférieure? (futures ?7ygos); — 7, anastomoses entre les deux yeijicj

QQQ EMBRYOLOGIE

(OU bulbe aortique). Alors il se recourbe de plus en plus en forme d*S, de telle sorte que le ventricule, qui d'abord était situé en haut, se trouve en bas et en avant, et l'oreillette en haut et en ari-ière- En même temps que s'établit la circulation placentaire, de la pointe du ventricule part une cloison médiane qui divise la cavité ventriculaire primitive en un ventricule droit et un ventricule gauche. Dans le bulbe aortique, qui se tord en spirale, se forme également une cloison qui le partage en deux conduits tordus sur eux-mêmes, dont l'un communique avec le ventricule droit, c'est l'origine de Vartère pulmonaire future, l'autre avec le ventricule gauche, c'est l'origine de Vaorte.

La cavité auriculaire tend aussi à se diviser, par une cloison qi'i part de la région auriculo-ventriculaire, en deux oreillettes, droite et gauche. Mais pendant tout le reste delà vie fœtale, cette séparation demeure incomplète^ et il existe toujours une ouverture (trou de Botal), qui fait communiquer les deux oreillettes. Les rapports de ce trou inter-auriculaire avec les embouchures des deux veines caves dans roreillette droite présentent une disposition toute particulière, et qui constitue l'un des points les plus essentiels delà circulation placentaire. L'embouchure de la veine cave inférieure est pourvue «l'une valvule, la valvule d'Enstaclie. très développée à cette époque et disposée de telle manière que le sang qui arrive par la veine cave inférieure ne fait que parcourir la partie postéroinférieure de l'oreillette droite et se trouve presque directement dirigé par cette valvule vers la cloison inter-auriculaire, de façon à être déversé par le trou de Botal ^aus l'oreillette gaucbe, et de là dans le ventricule gauche, etc, (V. plus loin); le sang, au contraire, qui arrive par la veine cave supérieure, laquelle est dépourvue de toute valvule, passe de l'oreillette droite, qu'il remplit comme chez l'adulte, par l'orifice auriculo-ventriculaire droit, dans le ventricule droit, etc. (V. plus loin). Nous verrons dans un instant comment se fait la circulation cardiaque placentaire par cette série d'orifices et de cavités, dont les communications semblent, au premier abord, constituer un véritable labyrinthe. Mais il nous faut auparavant étudier, pour compléter le cercle circulatoire, la formation du système artériel.

cardinales antérieures, futur tronc brachio-céphalique gauciic: — S, 9. 10. futures jugulaires et sous-clavières.

B, Troncs veineux persUta^itx [comm-' chez l'adulte). — (Ces vaisseaux, comme dans 1;> figure A, sont représentés comme s'ils étaient vusjpar la partie postérieure du corps. i — 1, veine cave supérieure gauche oblitérée; — 6, veine innominée droite ; — 7, veine inno minée gauche ; — 8. sous-clavière ; — 13, tronc de la deini-azygos ; — 18, intercostale supérieure gauche; — 19, 20, parties supérieure et inférieure de l'azygos gauche.

CIRCULATION DT FŒTI'S

c. Artères. Nous avons vu précédemment partir de l'extrémité antérieure du tube cardiaque deux branches qui se recourbaient bientôt en arrière et constituaient ce qu'on nomme la première paire iWircs aortiques (V. p. 655). Bientôt, derrière ce premier arc aortique, réuni plus tard en une aorte impaire, se développent successivement deux ou trois autres paires d'arcs aortiques, qui se réunissent aussi dans le tronc médian de l'aorte descendante (fig. 200) ; mais l'existence de ces arcs n'est que très transitoire, et ils s'oblitèrent l)ientôtpour la plupart, ne laissant persister que quelqus-unes de leurs branches pour former les gros troncs permanents de la circulation : c'est ainsi que les arcs les plus supérieurs constituent le tronc brachio-céphalique droit, la carotide et la sous-clavière gauche (fig. 200 : 5, 4) : le second arc disparaît à droite, mais forme à gauche la crosse de l'aorte définitive (3) ; le troisième émet de chaque côté une branche qui va se ramifier dans le poumon (Correspondant ; et tandis que la partie qui est au delà de ce bourgeon à droite s'atrophie (2', fig. 200), sa congénère du côté gauche persiste et fait communiquer l'artère pulmonaire avec la partie descendante de la crosse de l'aorte (2, fig. 200), sous le nom de canal artériel. Ce canal artériel forme une disposition particulière et caractéristique de la circulation placentaire, au même titre que le trou de Botal et le canal veineux d'Aranzi (V. p. 65^).

Ajoutons qu'en se divisant, le bulbe de l'aorte s'est disposé de manière que la partie de sa cavité qui communique avec le ventricule gauche se trouve d'autre part en continuité avec les restes des deux premières paires d'arcs aortiques (carotides, sous-clavières et crosse de l'aorte persistante), tandis que la partie de sa cavité qui communique avec le ventricule droit se continue d'autre part avec les restes du dernier ai'C aortique, c'est-à-dire avec l'artère pulmo;iaire (et le canal artériel, fig. 200, 1).

Si no'is poursuivons la disposition du système artériel du centre

FtG. 200. — Arcs aortiques.trorirs artériels permanents *.

* 1, troncs qui naissent de chaque ventricule (bulbe aortique divisé en origine de raorte et origine de l'artère pulmonaire); on voit au-dessus jusqu'à 5 paires d'arcs aortiques ; les deux plus élevés disparaissent complètement ; les trois plus rapprochés du cœur laissent seuls des parties permanentes, c'est-à-dire les sous-clavières et carotides droites et gauches, 5,4; la crosse de l'a irte, 3, l'aorte descendante, 2 ; au point de jonction de la crosse et de la partie descendante de l'aorte droite on voit aboutir le canal artériel droit, qui n'a qu'une existence très transitoire (comme l'aorte droite elle-même, %').

à la périphérie, nous voyons l'aorte descendante s'allonger (V. p. 655) et les artères vertébrale:^ postérieures devenir les artères iliaques; lie ces artères iliaques partent deux branches relativement énormes, les artères ombilicales qui, suivant le pôdicule de l'allantoïde, et s'enroulaut dans le cordon autour de la veine ombilicale unique. portent le sang du fœtus vers le placenta, où il se répand dans les capillaires des villosités, et se met avec le sang de la mère dans les rapports d'échange que nous avons précisés plus haut (p. 648). Nous sommes maintenant revenus à notre point de départ et nous avons parcouru successivement tous les divers segments du cercle de la circulation placentaire. Nous pouvons donc, dans un coup

d'œil d'ensemble, préciser la manière dont le sang se meut dans ces canaux, du fœtus au placenta et du placenta au fœtus, et comment cette circulation placentaire proprement dite se mêle à la circulation des diverses parties de l'embryon (tête, membres, viscères).

Résumé (fig. 201). Le sang venu du placenta (P, fig. 201), arrive par la veine ombilicale jusqu'à la face infélieure du foie; là il se rend dans la veine cave inférieure mins différents : une directement par le a\ \\;r — -"^^^^J /y d'Aranzi : le reste se

par deux che-

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